Canal de Suez : une marée haute suscite l'espoir de libérer l'"Ever Given"

Le navire "Ever Given" est toujours bloqué en travers du canal de Suez, dimanche 28 mars.
Le navire "Ever Given" est toujours bloqué en travers du canal de Suez, dimanche 28 mars. © AP

De nouvelles opérations sont en préparation, dimanche, pour renflouer le porte-conteneurs toujours coincé en travers du canal de Suez.

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L'"Ever Given" sera-t-il débloqué dans les prochaines heures ? De nouvelles opérations se préparent, dimanche 28 mars, pour tenter de libérer le navire géant de 400 mètres de long qui obstrue toujours le canal de Suez. Une marée haute attendue en soirée pourrait faciliter la tâche des sauveteurs.

Une douzaine de remorqueurs et de dragues sont mobilisés pour aspirer le sable sous le navire, dont l'étrave est encastrée dans la rive. Selon le porte-parole de l'Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA), George Safwat, quelque 27 000 mètres cubes de sable ont déjà été dégagés, à 18 mètres de profondeur. Le porte-conteneurs était entouré dimanche matin de quelques remorqueurs.

Deux nouvelles dragues, actuellement dans la mer Rouge, sont en route : l'Italienne Carlo Magno et la Néerlandaise Alp Guard, selon des sites de visualisation du trafic maritime. Et deux autres remorqueurs égyptiens doivent être mis en service, selon la SCA.

Dans une interview téléphonique avec une chaîne de télévision égyptienne samedi soir, l'amiral Ossama Rabie, président de la SCA, a affirmé que le navire avait "bougé de 30 degrés sur la droite et la gauche" pour la première fois. "C'est un bon indicateur", selon lui, de l'évolution des efforts de déblocage du géant des mers.

Selon un tweet dimanche de Richard Meade, rédacteur en chef de la revue spécialisée Lloyd's List, "des sources proches de l'opération de sauvetage m'ont dit ce matin que l'optimisme dans l'équipe d'experts était en hausse et qu'ils espéraient que le navire puisse être débloqué dans les 24 à 48 heures".

Plus de 300 bateaux coincés

Le navire de plus de 220 000 tonnes est coincé depuis mardi dans la partie sud du canal de Suez, à quelques kilomètres de la ville éponyme, empêchant toute circulation dans ce passage qui concentre plus de 10 % du commerce maritime international. En conséquence, plus de 300 bateaux sont coincés aux deux extrémités du canal reliant la mer Rouge à la mer Méditerranée, selon Ossama Rabie.

Chaque journée de blocage entraîne d'importants retards et coûts aux acteurs du secteur, et les premiers effets concrets se font sentir : la Syrie a indiqué samedi qu'elle avait commencé à rationner la distribution de carburants, face au retard de livraison d'une cargaison de pétrole.

Les autorités du canal ont de leur côté souligné que l'Égypte perdait entre 12 et 14 millions de dollars par jour de fermeture, tandis que la revue spécialisée Lloyd's List estime que le porte-conteneurs bloque chaque jour l'équivalent d'environ 8,1 milliards d'euros de marchandises.

>> À lire aussi : "Canal de Suez bloqué : quelles conséquences pour le commerce mondial ?"

Une "erreur humaine" ? 

Des sites de visualisation du trafic maritime comme VesselFinder ou Marine Traffic montrent toujours dimanche les dizaines de navires qui patientent dans le golfe de Suez, dans la zone d'attente au milieu du canal ou à son entrée en Méditerranée, près de Port-Saïd. En attendant, le géant du transport maritime Maersk et l'Allemand Hapag-Lloyd ont indiqué jeudi qu'ils envisageaient de dérouter leurs navires et de passer par le cap de Bonne-Espérance, soit un détour de 9 000 kilomètres et au moins sept jours supplémentaires de navigation.

Ossama Rabie, qui s'exprimait pour la première fois en conférence de presse samedi, a évoqué une possible "erreur humaine" comme étant à l'origine de l'incident. Selon lui, les conditions météorologiques évoquées initialement ne sont pas la seule raison de l'échouement.

Avec AFP

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