Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, en passe de devenir le nouvel homme fort du Tchad

Le fils du président tchadien Idriss Déby Itno, Mahamat Idriss Déby Itno, général quatre étoiles à 37 ans et commandant de la garde présidentielle, près d'un bureau de vote à N'Djamena, le 11 avril 2021.
Le fils du président tchadien Idriss Déby Itno, Mahamat Idriss Déby Itno, général quatre étoiles à 37 ans et commandant de la garde présidentielle, près d'un bureau de vote à N'Djamena, le 11 avril 2021. © Marco Longari, AFP

Peu connu du grand public, le jeune général Mahamat Idriss Déby, qui apparaissait régulièrement aux côtés de son père Idriss Déby Itno dont il coordonnait la sécurité rapprochée au moindre déplacement, a pris mardi la présidence du Conseil militaire de transition. Il semble devenir le nouvel homme fort du Tchad. 

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La mort du président Idriss Déby Itno, survenue le 20 avril après avoir été tué dans des combats contre des rebelles, ouvre une période d'incertitude. Mais il semble que le général Mahamat Idriss Déby, 37 ans, un des fils du défunt président tchadien, ait d'ores et déjà pris les choses en main.

Ce dernier a nommé mardi les 15 généraux composant le Conseil militaire de transition (CMT) qu'il dirige pour une période de 18 mois avant des élections qu'il a promises, selon un décret qu'il a signé. "Le décret n°1 du président du Conseil Militaire de Transition, Mahamat Idriss Déby, porte désignation des 15 membres du CMT", lit-on dans ce décret dont l'AFP a obtenu une copie, et signé par le fils du défunt Idriss Déby Itno. S'ensuivent, en plus du sien, les noms de 14 généraux connus pour être dans le cercle des plus fidèles du chef de l'État mort de ses blessures la veille. 

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Certains membres du Conseil militaire de transition sont des parents du président défunt et cinq sont membres de sa tribu des Zaghawas, qui a accaparé tous les rouages de l'État et de l'armée depuis que M. Déby a pris le pouvoir par les armes en 1990.  

Les "gardiens du temple"

Aucune nomination n'est une surprise : ce sont donc bien les "gardiens du temple" Déby qui sont aux commandes derrière son jeune fils, lui-même commandant en chef de la redoutable Garde présidentielle, l'unité d'élite et garde prétorienne du régime depuis 30 ans.   

Au lendemain de la mort de celui qui dirigeait le Tchad d'une main de fer depuis 30 ans, ce général quatre étoiles à seulement 37 ans apparaît de facto comme le nouvel homme fort du pays, créant la surprise car les experts expliquaient jusqu'alors que le vieux chef de l'État n'avait pas choisi de dauphin et se souciait peu de sa succession.

Tchad : période d'incertitude après la mort du président Idriss Déby
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Le jeune général Mahamat Idriss Déby apparaissait régulièrement aux côtés de son père Idriss Déby Itno dont il coordonnait la sécurité rapprochée au moindre déplacement, lunettes noires cachant des yeux aussi peu connus du grand public que son passé ou sa personnalité. 

"Pas d'espoir d'une ouverture de l'espace démocratique tchadien"

Le général Taher Erda Tairo, l'un des hommes de confiance les plus proches de l'ex-président, est l'actuel directeur général des puissants renseignements militaires. Abakar Abdelkerim Daoud est le chef d'état-major général des armées. Ahmat Youssouf Mahamat Itno est l'ancien chef de la police, Djimadoum Tiraina était ministre de la Défense rattaché à la présidence jusqu'alors.  

Pour Vincent Hugeux, journaliste spécialiste de l'Afrique, il n’y a "rien de surprenant" dans cette succession : "Mahamat Idriss est un personnage clé de l'appareil sécuritaire tchadien. […] Dans un premier temps il n'y aura rien de spectaculaire, […] pas d'espoir à court ou moyen terme d'une ouverture de l'espace démocratique tchadien", précise-t-il sur France 24.

Un "ami courageux" de la France

La France, qui a annoncé avoir perdu "un ami courageux" dans un communiqué de  l'Élysée, a aussi souligné l'importance d'une "transition pacifique" et son "ferme attachement à la stabilité et à l'intégrité territoriale" du Tchad.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a appelé pour sa part à une transition militaire d'une "durée limitée" qui conduise à un "gouvernement civil et inclusif". La ministre française des Armées Florence Parly a de son côté affirmé que la France "perd un allié essentiel dans la lutte contre le terrorisme au Sahel".

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Face à cette situation, "on voit mal comment la France laisserait sombrer le pays dans le chaos et n'épaulerait pas le successeur d'Idriss Déby comme elle le fit avec le père", poursuit Vincent Hugeux sur France 24. 

Les obsèques nationales d'Idriss Déby Itno, mort lundi selon la présidence, auront lieu vendredi à N'Djamena.

Avec AFP

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