RD Congo : un journaliste congolais assassiné dans le Nord-Kivu

Un soldat de la Monusco patrouille dans la région du Nord-Kivu, le 11 avril 2019.
Un soldat de la Monusco patrouille dans la région du Nord-Kivu, le 11 avril 2019. © Alexis Huguet, AFP

Un animateur de radio locale a été tué par balles dans l'est de la République démocratique du Congo. Ce nouveau meurtre de journaliste porte à seize le nombre des professionnels des médias congolais tués dans le pays au cours des deux dernières décennies.

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Un journaliste congolais et animateur de radio locale a été assassiné par des inconnus dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris lundi 10 mai de sources concordantes.

Barthélémy Kubanabandu Changamuka, 23 ans, a été tué dans la nuit de dimanche à lundi par deux hommes armés non identifiés dans la localité de Kitshanga, dans la province du Nord-Kivu, a annoncé l'ONG congolaise Journaliste en danger (JED).

Le journaliste a été tué de huit balles tirées à bout portant alors qu'il était dans l'enclos de son domicile. "Les assaillants ont seulement pris son téléphone portable avant de prendre fuite", a précisé JED.

L'information a été confirmée à l'AFP par un collègue de la victime et par la section locale de l'Union nationale de la presse du Congo (UNPC), principale organisation professionnelle des médias dans le pays.

Barthélémy Kubanabandu était journaliste à la Radio communautaire de Kitshanga (Coraki FM), dans le territoire du Masisi, où il animait une émission intitulée "Sécurité alimentaire", toujours selon JED.

"Il venait de présenter à 19 h son émission consacrée à l'obésité alimentaire." De retour à son domicile avec un ami, "ils ont vu surgir deux personnes armées" dans la parcelle. Son ami "a réussi à se sauver en courant dans la maison, tandis que Barthélémy Kubanabandu a été" touché de huit balles, et "a immédiatement succombé à ses blessures".

Cité par JED, le témoin et ami de la victime a affirmé "avoir l'impression" que Barthélémy Kubanabandu "était filé par ces hommes armés" et qu'il était "donc ciblé".

116 exactions en 2020

En février 2021, une journaliste congolaise avait été blessée par balle à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, lors d'une manifestation réprimée par la police.

Le dernier journaliste tué en RDC l'avait été en novembre 2019 : Papy Mumbere Mahamba (35 ans), un animateur de radio communautaire, impliqué dans la lutte contre le virus Ebola, avait été assassiné en Ituri, dans le Nord-Est.

Ce nouveau meurtre de journaliste porte à seize le nombre des professionnels des médias congolais tués dans le pays au cours des deux dernières décennies.

L'Est congolais, où sévissent depuis des années une multitude de milices et groupes armés, est une région particulièrement meurtrière pour les journalistes.

En 2020, 116 exactions ont été recensées contre des journalistes par JED, organisation partenaire de Reporters sans frontières (RSF) dans le pays.

Le 6 mai dernier, les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ont été placées sous le régime de l'état de siège par le président Félix Tshisekedi, pour tenter d'y juguler la violence.

Avec AFP

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