La France va annuler sa créance de près de 5 milliards de dollars vis-à-vis du Soudan

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok, le 17 mai 2021, à Paris.
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok, le 17 mai 2021, à Paris. © AFP

Emmanuel Macron s'est dit favorable, lundi, à l'annulation de la dette du Soudan envers la France, qui s'élève à quelque 5 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros), afin d'aider le pays africain à poursuivre sa transition démocratique et à sortir de la crise économique.

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À l'occasion d'une conférence internationale des bailleurs à Paris, la France s'est engagée, lundi 17 mai, à aider le nouveau Soudan démocratique à alléger sa dette pour lui permettre de réintégrer les circuits financiers internationaux et attirer des investisseurs.

La France va annuler la totalité de sa créance vis-à-vis du Soudan afin de libérer ce pays engagé dans une transition démocratique du "fardeau de la dette", a annoncé le président Emmanuel Macron.

En ce qui concerne la France, "nous sommes en faveur d'une annulation pure et simple de notre créance envers le Soudan" qui s'élève à "près de 5 milliards de dollars", a-t-il dit.

Le gouvernement français avait préalablement confirmé l'octroi d'un prêt-relais de 1,5 milliard de dollars (1,23 milliard d'euros) à Khartoum afin d'aider le pays à faire face à ses arriérés de dette vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI).

Emmanuel Macron en avait fait la promesse au Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, lors de sa visite en France en septembre 2019, six mois après la révolution qui avait chassé du pouvoir Omar el-Béchir et mis fin à trente ans d'un règne sans partage.

"Bonne décision, au bon moment. C'est au Soudan maintenant et à la communauté internationale de montrer que le nouveau Soudan est une opportunité pour les investisseurs et non plus un cas désespéré. L'ONU est prête à apporter son soutien", a tweeté Volker Perthes, l'envoyé spécial pour le Soudan.

"La France a été un des premiers pays à se mobiliser et à soutenir l'expérience de la transition soudanaise" qu'elle considère "comme un exemple de transition démocratique en Afrique", a expliqué une source proche de l'Élysée. "L'enjeu de ce sommet, ce sera de réunir la communauté internationale autour du Soudan et d'amorcer le traitement de la dette multilatérale du Soudan", a-t-on ajouté de même source.

Dette extérieure de 60 milliards de dollars

Ce pays riche en ressources pétrolières et minières croule sous une dette extérieure de 60 milliards de dollars (plus de 49 milliards d'euros). La pandémie de Covid-19 a frappé une économie en récession depuis trois ans, à l'inflation galopante et qui souffre de pénuries graves de biens de première nécessité.

Économiste chevronné, le Premier ministre Abdallah Hamdok a déjà apuré la dette avec la Banque mondiale grâce à une aide de 1,15 milliard de dollars des États-Unis, qui ont retiré en décembre le Soudan de la liste des États finançant le terrorisme, mettant ainsi fin aux sanctions économiques qui le maintenaient au ban de la communauté internationale.

Et Khartoum a annoncé début mai avoir obtenu un prêt de 425 millions de dollars financé par la Suède, le Royaume-Uni et l'Irlande pour solder ses arriérés auprès de la Banque africaine de développement (Bad).

Reste le sujet de la dette bilatérale. Une séance de travail est prévue dans l'après-midi pour "avancer vers la remise de dette du Soudan" auprès du Club de Paris, son plus important créancier à hauteur de 38 %. La restructuration de la dette, en rétablissant la confiance, pourrait ouvrir la voie à des investissements étrangers.

"Nous sommes très impressionnés par ce que vous avez fait", a déclaré le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a promis la visite d'une délégation de patrons français dans les 12 à 18 mois à venir, en ouvrant lundi matin le Forum des affaires France-Soudan organisé par l'organisation patronale française.

Parmi les secteurs stratégiques susceptibles d'attirer les investisseurs, il a cité les infrastructures, l'agriculture, l'énergie, les minéraux ou encore les communications.

"Nous nous occupons de la dette. Vous pouvez investir dans ce pays. Il n'y a pas de raison de ne pas investir au Soudan maintenant", a conclu Bruno Le Maire.

Avec AFP et Reuters

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