Dans la presse

Crise du coronavirus : "Seule une réponse très audacieuse nous mènera quelque part"

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A la Une de la presse, la colère planétaire après la crise du nouveau coronavirus et la mort de George Floyd, aux Etats-Unis. Deux événements perçus comme les manifestations des inégalités et du racisme, par la journaliste anticapitaliste et antilibérale Naomi Klein, qui livre son analyse sur cette double crise, dans un entretien accordé au quotidien français Le Monde. Un décryptage en forme de "J'accuse".

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De Londres à Sydney, en passant par Rome, Madrid ou Paris, les manifestations ne cessent d’essaimer, et le quotidien français Libération évoque des protestations «contre le racisme et les violences policières». Mais quelles sont, au juste, les raisons de cette colère mondiale? Pourquoi se manifestent-elles maintenant? Pourquoi à cette échelle?

Interrogée sur la crise en cours aux Etats-Unis, le point de départ de ces manifestations mondiales, Naomi Klein assène que «le racisme et les inégalités» sont non seulement apparus en pleine lumière lors de la crise du Covid-19, mais qu’ils ont aussi ensuite «façonné» la réponse à cette crise. Selon la militante écologiste et anticapitaliste canadienne, tant qu’il apparaissait, au début de la crise, que tout le monde était en danger, alors « les gouvernements étaient prêts à suspendre l’activité économique au nom de la santé humaine. Mais dès qu’il est apparu que les plus menacés par le virus étaient « les pauvres, les Noirs, les personnes âgées ou handicapées » – ceux qui, d’après elle, étaient déjà considérés «comme des citoyens au rabais», alors les appels à «relancer l’économie sont devenus plus vifs». Un paysage et une réponses profondément inégalitaires, dans lesquels «les policiers de Minneapolis filmés en train d’étouffer tranquillement George Floyd», aux Etats-Unis, auraient été «la goutte de trop».

Interrogée, également, sur les mois et les années à venir, l’anticapitaliste Naomi Klein reconnaît que certes, il y a «besoin de renflouer des entreprises», mais prévient qu’il faut surtout se demander « quel futur bâtir». Tous les combats, « que ce soit le combat contre les violences policières, contre le dérèglement climatique ou pour une économie juste, sont liés», assure-t-elle, avant de conclure : «Accélérer, c’est ce que le capitalisme veut que nous fassions. Mais la vitesse est l’ennemi. La bonne question à se poser, c’est comment nous pouvons vivre bien, de manière à protéger notre santé et celle de la planète».

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