L'Entretien

Sonia Dridi : "Joe Biden est un personnage beaucoup plus complexe qu'on ne le croit"

L'entretien
L'entretien © France 24

Sonia Dridi, journaliste basée à Washington, publie l'ouvrage "Joe Biden, le pari de l'Amérique anti-Trump". Elle revient sur le parcours et la personnalité du candidat démocrate à la présidentielle américaine, dont la vie a été jalonnée par des drames personnels, qui en ont fait un "consolateur en chef", mais aussi un gaffeur invétéré au caractère bien trempé. Pour remporter la présidentielle , il devra rassembler derrière lui "l'Amérique anti-Trump", des centristes aux supporters de Bernie Sanders.

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Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, qui s'est donné le surnom de "Middle class Joe", cherche à faire de son origine sociale un argument de campagne pour attirer les votes des classes moyennes, plutôt acquises à Donald Trump. "Il veut se présenter comme le candidat des cols bleus [la classe ouvrière, ndlr], un électorat qui compte vraiment pour la présidentielle", explique Sonia Dridi, qui a enquêté plusieurs mois aux États-Unis.

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Populaire chez les électeurs Afro-Américains, notamment parce qu'il reste associé à l'image du premier président noir, Barack Obama, dont il était le vice-président, Joe Biden a néanmoins assez peu participé aux manifestations du mouvement Black Lives Mater. Cependant, selon la journaliste, l'empathie dont il a fait preuve dans ses discours à la suite de la mort de George Floyd a été très appréciée au sein de cet électorat.

Mais, c'est surtout les électeurs démocrates les plus à gauche que Joe Biden, "personnage complexe", doit désormais mobiliser. Beaucoup plus populaire qu’Hillary Clinton en 2016, il a su intégrer dans son programme des propositions de Bernie Sanders ou d'Elisabeth Warren, ce qui devrait jouer en sa faveur.

"Joe Biden peut battre Donald Trump", conclut la journaliste, mais seulement si les démocrates vont massivement voter, contrairement à 2016 où beaucoup de jeunes et de minorités ne se sont pas déplacés : "Tout va être question de mobilisation". Selon elle, le candidat démocrate a une chance de l’emporter le 3 novembre si toute "l’Amérique anti-Trump, qui est très diverse, se déplace aux urnes".

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