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Un an après la démission d'Evo Morales, les Boliviens élisent leur président

Des électeurs attendant à l'entrée d'un bureau de vote de La Paz, le 18 octobre
Des électeurs attendant à l'entrée d'un bureau de vote de La Paz, le 18 octobre © David Mercado, Reuters
9 mn

Près d'un an après la démission de l'ex-dirigeant socialiste Evo Morales, les Boliviens sont rappelés aux urnes pour élire leur président dans un pays fortement polarisé, où de nombreux appels ont été lancés pour éviter une nouvelle crise politique.

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Après l'annulation du scrutin de 2019 puis deux reports du vote en raison de la crise sanitaire, les bureaux de vote ont ouvert en Bolivie qui élit son président dimanche 18 octobre.

Pour la première fois depuis 20 ans, Evo Morales (2006-2019), emblématique dirigeant de la gauche sud-américaine, n'est pas candidat à la présidence. Le 10 novembre 2019, il avait démissionné en pleine crise politique, accusé de fraude par l'opposition, alors qu'il briguait un quatrième mandat.

Son dauphin, son ancien ministre de l'Économie, Luis Arce, 57 ans, candidat pour le Mouvement vers le socialisme (MAS), et son principal rival, l'ex-président Carlos Mesa, 67 ans, sont les favoris parmi six candidats. 

Selon les derniers sondages, Luis Arce, considéré comme le père du "miracle [économique] bolivien", arrive en tête des intentions de vote au premier tour, mais ne devrait pas échapper à un second tour, prévu le 29 novembre.

Quelque 7,3 millions de Boliviens sont appelés à élire leur président, mais aussi leur vice-président, et à renouveler l'ensemble du Parlement, actuellement dominé par le MAS. En raison de la pandémie de coronavirus, la campagne s'est principalement déroulée en ligne et sur les réseaux sociaux. 

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La fin du gouvernement intérimaire

Le tribunal électoral a fait savoir samedi que, pour éviter de générer des incertitudes et des tensions, aucun résultat préliminaire ne sera divulgué : "nous n'aurons pas le résultat officiel et final dimanche soir. Nous allons nous donner quelques heures de plus, et il est important que les citoyens fassent preuve de patience, car le résultat sera fiable, quoique un peu plus lent", a justifié son président, Salvador Romero.

>> À lire aussi : En Bolivie, un gouvernement de combat anti-Morales

Ce scrutin mettra fin au gouvernement intérimaire, en place depuis la démission de Evo Morales, et dirigé par la conservatrice Jeanine Áñez, qui a finalement retiré sa candidature face aux fortes critiques sur sa gestion de la pandémie qui a fait plus de 8 400 morts dans ce pays de 11 millions d'habitants. 

La crainte de nouvelles violences

Après une campagne tendue, de nombreux Boliviens craignent une répétition des violences qui avaient fait 36 morts. Ils se sont rués ces derniers jours dans les commerces pour s'approvisionner en nourriture, bouteilles de gaz et essence. 

>> À lire aussi :  En Bolivie, le mouvement anti-Morales des "Pititas" pèsera-t-il dans les urnes ?

L'Organisation des États américains (OEA), l'Union européenne, l'Union des organisations électorales d'Amérique (Uniore) et la Fondation Carter ont dépêché sur place des observateurs. Les appels au calme se sont aussi multipliés. L'ONU, l'UE et l'Église catholique ont appelé à un vote "pacifique" et au respect des résultats. 

Pour garantir la transparence du scrutin, le Tribunal suprême électoral a été totalement renouvelé. Son président, Salvador Romero, a promis de la "rigueur technique, de l'impartialité politique et de la transparence" dans le décompte des votes.

La Constitution déclare vainqueur au premier tour le candidat qui obtient la majorité absolue ou 40 % des voix avec un avantage de 10 points sur le second. Sinon un second tour a lieu. En 2019, le dépouillement avait été suspendu pendant plus de 20 heures. À sa reprise Evo Morales avait été déclaré vainqueur dès le premier tour. Quelques jours plus tard, l'OEA avait dénoncé dans son rapport des manipulations du scrutin. 

Partisans et détracteurs du MAS s'étaient mobilisés dans les rues de plusieurs villes du pays, avec des affrontements violents. Lâché par la police et l'armée, Evo Morales avait finalement démissionné, avant de fuir au Mexique puis en Argentine. 

>> À lire aussi notre Webdocumentaire, sur France24.com : Les années Evo - Le dernier héros de la gauche latino-américaine face à son bilan

Avec AFP

 

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