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Présidentielle en Bolivie : Luis Arce victorieux, Evo Morales bientôt de retour dans le pays

Luis Arce (centre), dauphin de l'ancien président Evo Morales, a remporté l'élection présidentielle dès le premier tour selon les premiers sondages de sortie des urnes, le 19 octobre 2020, à La Paz.
Luis Arce (centre), dauphin de l'ancien président Evo Morales, a remporté l'élection présidentielle dès le premier tour selon les premiers sondages de sortie des urnes, le 19 octobre 2020, à La Paz. AFP - RONALDO SCHEMIDT
8 mn

Luis Arce, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), a remporté l'élection présidentielle bolivienne au premier tour avec plus de 52 % des voix, selon plusieurs sondages de sortie des urnes. Son mentor, l'ex-président Evo Morales, a annoncé d'Argentine son retour "tôt ou tard" dans son pays.

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Luis Arce succède à Evo Morales en Bolivie. Selon plusieurs sondages de sortie des bureaux de vote diffusés lundi 19 octobre, le dauphin de l'emblématique dirigeant de la gauche sud-américaine a remporté l'élection présidentielle bolivienne au premier tour avec plus de 52 % des voix.

Alors que les résultats officiels n'étaient toujours pas connus lundi, le comptage des bulletins de vote avançant très lentement, le principal rival de Luis Arce, l'ex-président centriste Carlos Mesa (2003-2005), a reconnu la "large" victoire de son adversaire.

"Le résultat est (...) très clair", a déclaré Carlos Mesa, à propos de sondages de sortie des bureaux de vote qui donnent à Luis Arce une avance d'environ 20 points. "Il nous appartient, comme il convient à ceux d'entre nous qui croient en la démocratie (...), de reconnaître qu'il y a eu un gagnant dans cette élection", a-t-il ajouté.

La présidente par intérim, la conservatrice Jeanine Añez, une farouche opposante au candidat du MAS, avait déjà reconnu dimanche soir sa victoire.

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"Des élections pacifiques"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a quant à lui salué des "élections pacifiques", appelant tous les responsables politiques boliviens à travailler pour la "réconciliation nationale". 

À l'annonce de son triomphe, Luis Arce avait estimé que la Bolivie avait "renoué avec la démocratie" et "retrouvé l'espoir".

Pour la première fois en vingt ans, Evo Morales, un emblématique dirigeant de la gauche sud-américaine, n'était pas candidat à la présidentielle. L'ancien chef de l'État (2006-2019), le premier président indigène de son pays, avait démissionné en novembre 2019, accusé de fraude électorale par l'opposition, avant de s'enfuir au Mexique puis en Argentine.

Au précédent scrutin d'octobre 2019, au cours duquel il briguait un quatrième mandat, le dépouillement avait été suspendu pendant plus de 20 heures. À sa reprise, Evo Morales avait été déclaré vainqueur dès le premier tour.

L'opposition avait alors crié à la fraude, des affrontements avaient éclaté entre partisans et détracteurs du chef de l'État. Lâché par la police et l'armée, ce dernier avait finalement démissionné.

Evo Morales bientôt de retour

Au lendemain de la victoire de Luis Arce, Evo Morales a annoncé qu'il rentrerait rapidement dans son pays. "Tôt ou tard, nous allons rentrer en Bolivie (...). Mon grand souhait est de retourner en Bolivie, dans ma région", a déclaré Evo Morales au cours d'une conférence de presse à Buenos Aires où il réside.

Il a également fait savoir que le futur gouvernement bolivien entretiendrait des relations diplomatiques avec tous les pays, y compris les États-Unis, qui n'ont aucun ambassadeur à La Paz depuis 2008.

"Si les États-Unis veulent renouer des relations diplomatiques, bienvenue. Mais qu'ils nous respectent, qu'ils respectent la dignité et la souveraineté du peuple", a déclaré Evo Morales.

"Nous attendons les résultats officiels, mais le président Trump et les États-Unis se réjouissent de travailler avec les personnes élues par les Boliviens", a pour sa part déclaré un porte-parole du département d'État américain.

La victoire du dauphin d'Evo Morales a été saluée par de nombreux dirigeants de gauche d'Amérique latine, de Cuba au Nicaragua, en passant par le Venezuela, l'Argentine et le Mexique.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a "félicité le peuple frère de Bolivie à l'occasion du large et indiscutable triomphe du Mouvement vers le socialisme (MAS)" et de l'"éclatante victoire" de Luis Arce.

Cela "n'est pas seulement une bonne nouvelle pour ceux d'entre nous qui défendent la démocratie en Amérique latine, c'est aussi un acte de justice face à l'agression subie par le peuple bolivien", a écrit pour sa part sur Twitter le président argentin Alberto Fernandez.

 

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