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Aux États-Unis, l'auteur d'une tribune anti-Trump sort de l'anonymat

Donald Trump à Bullhead City, en Arizona, le 28 octobre 2020.
Donald Trump à Bullhead City, en Arizona, le 28 octobre 2020. © Jonathan Ernst, Reuters
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L'auteur de la célèbre tribune anonyme publiée en 2018 contre le président américain était en fait Miles Taylor, un ex-chef de cabinet du ministre de la Sécurité intérieure. Le camp Trump a réagi à cette annonce en reprochant au New York Times d'avoir garanti l'anonymat à un "responsable de rang inférieur".

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Un ancien chef de cabinet d'un ministre de Donald Trump a révélé mercredi 28 octobre avoir été l'auteur en 2018 d'une tribune anonyme explosive dénonçant le comportement erratique du président.

"Nous ne devons pas le silence au président. Nous lui devons, et au peuple américain, la vérité", écrit Miles Taylor, ancien chef de cabinet du ministre de la Sécurité intérieure (DHS) John Kelly, dans une tribune publiée sur le site Medium et intitulée "Pourquoi je ne suis plus anonyme".

La révélation de son identité a valu de vives critiques au New York Times, qui avait publié ce texte en affirmant que son auteur était un "haut responsable" du gouvernement.

"Peur de représailles"

Dans son texte publié sur Medium, Miles Taylor assure être un "républicain" et avoir "voulu que ce président ait du succès". "Mais trop souvent en temps de crise, j'ai vu Donald Trump prouver qu'il n'a pas de caractère et que ses faiblesses personnelles ont provoqué des échecs de leadership qui peuvent se mesurer en pertes de vies américaines", explique l'ancien fonctionnaire, qui a travaillé au ministère de la Sécurité intérieure entre janvier 2017 et l'été 2019. Il assure que de nombreux membres du gouvernement étaient du même avis, mais que "la majorité ont hésité à s'exprimer par peur de représailles".

En meeting de campagne dans l'Arizona, Donald Trump a ironisé sur "un type qui n'a jamais travaillé à la Maison Blanche" et a écrit "un livre bidon", estimant qu'il devrait faire l'objet de poursuites judiciaires. Sarah Matthews, porte-parole de la Maison Blanche, a elle dénoncé un "perdant fini" et critiqué le New York Times pour avoir garanti l'anonymat à un "responsable de rang inférieur".

Dans son texte, "Anonyme" racontait comment lui et d'autres s'efforçaient de lutter de l'intérieur contre les "pires penchants" d'un président au leadership "mesquin", "impétueux" et "inefficace". Il affirmait notamment que le président nuisait "à la bonne santé" de la République.

Appel à "mettre le pays au-dessus du parti"

La diffusion de cette tribune anonyme avait suscité la controverse. Donald Trump avait crié à la "trahison" et traité l'auteur anonyme de "lâche".

Un an plus tard, "Anonyme" avait publié le livre "A Warning" ("Un avertissement"), un "témoignage choquant, de première main, sur le président Trump et son travail", selon son éditeur.

Miles Taylor a défendu mercredi son choix de l'anonymat. "Je voulais que l'attention se porte sur les arguments eux-mêmes", plutôt que d'offrir à Donald Trump une occasion de "détourner l'attention par des insultes mesquines et des noms d'oiseaux".

À moins d'une semaine de l'élection présidentielle, il a aussi appelé les électeurs républicains à "mettre le pays au-dessus du parti" et à voter pour le démocrate Joe Biden. "Je pense que la décence de Joe Biden nous rassemblera là où la malhonnêteté de Donald Trump nous a déchirés", assure-t-il.

Avec AFP

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