REPORTAGE

À Wilmington, fief de Joe Biden, l'insupportable attente

Une partisane de Joe Biden regarde le candidat pendant son discours à Wilmington, dans le Delaware, le 4 novembre 2020.
Une partisane de Joe Biden regarde le candidat pendant son discours à Wilmington, dans le Delaware, le 4 novembre 2020. © Mike Segar, Reuters

La nuit est tombée et la vague bleue un temps envisagée n'est jamais arrivée. Les habitants de Wilmington, le fief de Joe Biden, tentent de garder espoir malgré tout : le dépouillement n'est pas terminé dans les États-clés du Midwest et de Pennsylvanie, qui pourraient leur offrir la victoire démocrate tant espérée.

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Un gigantesque drapeau américain flotte à proximité du Chase Center de Wilmington, le lieu choisi par Joe Biden pour prononcer son discours lors de la soirée électorale. Cette ville du Delaware n'a pas été choisie au hasard : c'est le fief du candidat démocrate, élu sénateur de ce petit État de la côte Est entre 1973 et 2009.

"C'est notre fils préféré", lance Matt, un père de famille très fier d'avoir un représentant de Wilmington comme prétendant à la Maison Blanche. "C'est très cool d'avoir quelqu'un qu'on connait personnellement" comme candidat. Ses deux enfants, Elena et Leo, ont chacun une photo dédicacée de Joe Biden, rencontré il y a quelques années.

Cette famille ne fait pas partie des chanceux qui ont vu Joe Biden sur scène. La campagne du démocrate a en effet limité le public dans un périmètre bien délimité, et les spectateurs sont restés dans leur voiture, en mode "drive-in". "Gardez confiance, nous allons gagner", a crié un Joe Biden optimiste sous les klaxons de ses partisans, peu avant 1 h du matin (7 h en France).

"Il faut que chaque voix soit comptée"

L'ex-vice-président espérait probablement tenir un discours de victoire. Mais les premiers résultats n'ont pas délivré la "vague bleue" tant espérée par son camp. Les États du Sud, comme la Floride, sont restés dans le giron républicain. Il faudra donc attendre le verdict des États du Midwest et de la Pennsylvanie avant de connaître le nom du 46e président des États-Unis.

"Nous sommes inquiets mais optimistes", assure Matt. "Nous allons rester debout très tard pour voir les résultats défiler." Et si ces résultats devraient prendre plusieurs jours ? "Ce n'est pas grave, il faut que chaque voix soit comptée."

Maria et Laura tentent aussi de garder espoir, mais elles admettent qu'elles ne s'attendaient pas à des résultats aussi serrés. Elles aussi sont sur le parking opposé au Chase Center. Gelées par la température qui diminue au fur et à mesure que la nuit avance, elles ont décidé de rester dans leur voiture, le nez collé à leur téléphone portable tout en écoutant la radio.

"C'était pareil avec Hillary Clinton"

"J'ai vraiment très peur, c'est trop serré à mon goût", souffle Laura. "On croise les doigts, on attend que les résultats des gros États tombent, notamment la Pennsylvanie", explique Maria, qui "ne se sent pas très bien" en pensant à la vague bleue qu'elle espérait voir ce soir. "C'est pour ça qu'il ne faut pas écouter les sondages. C'était pareil avec Hillary Clinton. Ça fait mal." Les deux femmes ont installé une pancarte au nom de Biden devant leur pick-up et ont prévu de quoi passer la nuit sur place s'il le faut.

La meilleure solution est peut-être celle adoptée par Morgan, Taylor, C.J. et Brian, un groupe d'amis de Wilmington qui n'a pas vraiment écouté les résultats tombés jusqu'ici. Ils préfèrent se concentrer sur la très forte participation électorale enregistrée jusqu'ici. "Tout le monde a fait la queue pendant plus de deux heures devant les bureaux de vote, je suis si fière des citoyens américains", sourit Morgan. Le fait que Donald Trump ait remporté les 29 électeurs de l'État-clé de Floride ne la déstabilise pas pour autant. "Je garde confiance. J'ai foi en Joe Biden et je sais que les citoyens américains choisiront le meilleur candidat pour le pays. Sinon, je débarque en France !"

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