Au Pérou, le chef du Parlement Manuel Merino devient le nouveau président

Manuel Merino à Lima le 10 novembre 2020.
Manuel Merino à Lima le 10 novembre 2020. © via Reuters

Manuel Merino a été investi président du Pérou mardi, après la destitution de Martin Vizcarra pour "incapacité morale" la veille. Ce dernier a remis en cause "la légalité et la légitimité" de l'accession au pouvoir du président du Parlement, tandis que des manifestants ont exprimé leur colère à Lima.

Publicité

Le chef du Parlement du Pérou, Manuel Merino, a endossé mardi 10 novembre la fonction de président du pays, au lendemain de la destitution par ce même Parlement de l'ex-président Martin Vizcarra qui a mis en cause la "légitimité" de son successeur.

"Je jure par Dieu, par le pays et par tous les Péruviens que j'exercerai fidèlement [la fonction de président]", a déclaré Manuel Merino, ingénieur agronome de centre-droit de 59 ans, presque inconnu des Péruviens, qui devient le troisième président du pays andin depuis 2016.

Martin Vizcarra est remplacé par le président du Parlement, le poste de vice-président étant vacant depuis la démission non remplacée de Mercedes Araoz il y a un an lors d'une crise politique distincte.

Manifestations

Dans les rues du centre historique de Lima, proches du parlement, quelque 600 policiers ont dispersé avec du gaz lacrymogène des groupes de manifestants hostiles à la procédure de destitution, approuvée lundi par 105 parlementaires sur 130. Une trentaine de manifestants ont été arrêtés et plusieurs personnes blessées, selon la police et des médias locaux. D'autres manifestations se sont déroulées dans des grandes villes du pays.

Selon des récents sondages, 54 % des Péruviens soutiennent Martin Vizcarra et 78 % estiment que l'enquête sur ses allégations de corruption aurait dû attendre la fin de son mandat.

Manuel Merino a assuré que son "premier engagement […] est de respecter le processus électoral en cours". "Personne ne peut changer la date des élections prévues pour le 11 avril 2021", a-t-il assuré. Il a ensuite appelé à "l'unité" nationale et a promis qu'il quitterait ses fonctions le 28 juillet 2021, le jour où le mandat de Manuel Vizcarra devait prendre fin.

"Légalité et légitimité"

Martin Vizcarra, qui avait annoncé lundi qu'il ne ferait pas d'obstruction judiciaire à sa destitution pour "incapacité morale", a remis en cause mardi "la légalité et la légitimité" de l'accession au pouvoir du président du Parlement. "Je suis inquiet, comme beaucoup de Péruviens, car une autorité a besoin de deux principes et conditions de base pour pouvoir exercer son autorité : la légalité et la légitimité", a-t-il déclaré. "La légalité est remise en question parce que la Cour constitutionnelle n'a pas encore statué et que la légitimité est donnée par le peuple", a-t-il ajouté.

La Cour constitutionnelle doit se prononcer en décembre sur la portée de "l'incapacité morale" qui a visé Martin Vizcarra lors d'une première motion de destitution, présentée en septembre par le président du Parlement, mais rejetée par les parlementaires.

Martin Vizcarra s'est également engagé à collaborer avec le bureau du procureur dans les enquêtes sur les allégations de pots-de-vin présumés, qu'il aurait reçus en tant que gouverneur en 2014, accusations qu'il nie et qui ont servi d'argument au Parlement pour le destituer.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine