Municipales au Brésil : déroute des "poulains" de Bolsonaro au premier tour

Un électeur analphabète utilise son empreinte digitale pour voter, à Igarape Miri, dans le Pará, au Brésil, le 15 novembre 2020, lors du premier tour des élections municipales.
Un électeur analphabète utilise son empreinte digitale pour voter, à Igarape Miri, dans le Pará, au Brésil, le 15 novembre 2020, lors du premier tour des élections municipales. © Tarso Sarraf, AFP

Au Brésil, les partis traditionnels du centre et de la droite ont conquis la majorité des électeurs, lors du premier tour des municipales, dimanche. Ce retour en force remet en cause l'impact politique du président Jair Bolsonaro, qui n'est pas parvenu à faire élire ses soutiens. 

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C'est la douche froide pour le président Jair Bolsonaro. Les partis traditionnels du centre et de la droite conservatrice sortent renforcés du premier tour des municipales du dimanche 15 novembre au Brésil. Il s'agit d'un premier test électoral à mi-mandat manqué pour Jair Bolsonaro, qui n'a pas réussi à faire élire ses "poulains".

Dans la plus grande métropole du Brésil, Sao Paulo, c'est le maire sortant, Bruno Covas (PSDB - centre droit) qui s'est qualifié aisément pour le second tour du 29 novembre. À Rio, c'est l'ancien maire Eduardo Paes (2009-2016) du parti DEM (droite), avec 37 %, selon des résultats quasi définitifs.

À Sao Paulo, le candidat soutenu par Jair Bolsonaro, le présentateur de télévision Celso Russomanno, a manqué la marche et c'est Guilherme Boulos, du Parti Socialisme et Liberté (PSOL - gauche), qui s'est qualifié pour le deuxième tour, apportant une heureuse surprise à la gauche.

Autre candidat soutenu par le président, l'impopulaire maire Marcelo Crivella (Republicanos, droite), ex-pasteur néo-pentecôtiste, s'est qualifié à Rio de Janeiro pour le 2e tour, mais avec seulement 22 % des voix. 

La majorité des autres candidats soutenus par le chef de l'État ont été recalés.

Déception pour Jair Bolsonaro 

Quelque 148 millions d'électeurs étaient appelés à élire 5 569 maires et leurs conseillers municipaux lors d'un scrutin assombri par la pandémie de coronavirus, qui a fait plus de 165 000 morts au Brésil et plongé le pays dans la récession.

Ces élections "ont été mauvaises pour Bolsonaro, ses candidats perdent dans les principales villes", a déclaré à l'AFP Mauricio Santoro, politologue de l'Université de l'État de Rio de Janeiro. 

"C'est un bon thermomètre pour la température politique du pays. Cela montre que le président n'est plus le faiseur de roi qu'il était il y a deux ans, lorsqu'il pouvait faire élire des inconnus".

Pour Oswaldo Amaral, politologue à l'université Unicamp, "la force du bolsonarisme dans les grandes villes commence à être remise en question", à deux ans de la présidentielle et Jair Bolsonaro, qui n'est affilié à aucun parti, va devoir, pour gouverner, céder plus au "centrao", cette coalition de partis conservateurs.

Bien qu'ayant été durant 27 ans député d'extrême droite, Bolsonaro avait gagné la présidentielle en se présentant comme "antisystème". 

Mais pour ces municipales, "l'électeur a penché pour des responsables politiques plus expérimentés et modérés que lors de l'élection (présidentielle) de 2018 marquée par la colère et la révolte", explique Mauricio Santoro. "C'est la pandémie et la peur du chômage" qui ont pesé le plus.

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Les Brésiliens ont ainsi accordé leur préférence aux vieux partis conservateurs comme le PSD, dont le candidat Kalil a été élu dès le premier tour à Belo Horizonte, ou le DEM, qui a fait élire aussi Rafael Greca à Curitiba et Bruno Reis à Salvador.

Si une gauche toujours divisée peut se prévaloir du bon résultat de Guilherme Boulos, Manuela D'Avila, du Parti Communiste du Brésil (PC do B) s'est qualifiée pour le deuxième tour dans la ville de Porto Alegre, mais avec une décevante deuxième place.

Une mobilisation notable des minorités 

En dépit d'une panne informatique ayant sérieusement retardé l'annonce des résultats, "tout s'est déroulé de manière étrangement normale", a déclaré Luis Robert Barroso, président du Tribunal supérieur électoral, alors que "nous sommes en pleine pandémie".

En raison du Covid-19, la campagne a été menée sur les réseaux sociaux, et très peu sur le terrain. Cela n'a pas empêché le cortège de violences habituelles, avec plusieurs dizaines d'assassinats.

Ce scrutin, repoussé de six semaines en raison de la pandémie, a été marqué par une forte hausse des candidatures de Noirs, de femmes et de transsexuels.

L'élection a donné lieu à de nombreuses fausses informations, visant à discréditer le vote, selon la coalition d'organes de vérification de l'information avec les autorités électorales, dont l'AFP fait partie.

Avec AFP

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