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Présidentielle américaine : le ministre de la Justice n'a "pas vu de fraude" massive

William Barr, ministre de la Justice des États-Unis.
William Barr, ministre de la Justice des États-Unis. © Mandel Ngan, AFP
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Vidéo par : Matthieu MABIN
7 mn

William Barr, un fidèle lieutenant de Donald Trump, a estimé mardi n'avoir pas constaté de fraude électorale pouvant changer le résultat de la présidentielle de novembre. Le président américain n'a toujours pas reconnu sa défaite face au démocrate Joe Biden.

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Le ministre américain de la Justice Bill Barr a déclaré mardi 1er décembre ne pas avoir constaté "de fraude" suffisante pour invalider la victoire de Joe Biden à la présidentielle du 3 novembre, contrairement aux affirmations de Donald Trump.

Cet ultra-conservateur de 70 ans est le premier membre de la garde rapprochée du président à prendre ses distances publiquement avec les allégations d'élection "truquée" martelées par Donald Trump.

"À ce stade, nous n'avons pas vu de fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l'élection", a-t-il déclaré dans un entretien à l'agence américaine Associated Press. "Il y a eu des allégations de fraudes systématiques, selon lesquelles des machines auraient été programmées pour fausser les résultats des élections", a-t-il rappelé. Mais les ministères de la Sécurité intérieure et de la Justice "ont enquêté et, pour l'instant, n'ont rien trouvé pour les étayer".

Bientôt limogé ?

À la mi-journée, mardi, Bill Barr a été aperçu à la Maison Blanche. Cette visite était "prévue" avant la publication de ses propos, a assuré sa porte-parole Kerri Kupec, sans mettre un terme aux spéculations sur un possible départ de "l'Attorney General" des États-Unis.

"Je suppose qu'il sera le prochain à être limogé puisque, lui aussi, dit désormais qu'il n'y a pas eu de fraude", a déclaré le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Quatre semaines après le scrutin, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite. Avec ses alliés, il a introduit des dizaines de recours en justice qui, pour la plupart, ont été rejetés par les tribunaux ou abandonnés.

"Tout notre respect"

Dimanche, il avait reproché au ministère de la Justice et à la police fédérale de ne pas l'aider dans son combat. "Ils sont portés disparus", avait-il dit sur la chaîne Fox News.

"Il y a une tendance croissante à utiliser le système judiciaire comme outil pour régler tous les problèmes et quand les gens sont mécontents de quelque chose, ils attendent que le ministère de la Justice débarque et 'enquête'", a de son côté regretté Bill Barr.

Ce pilier du gouvernement, très apprécié des élus républicains, s'était gardé jusque-là de contredire le président et avait même, avant l'élection, abondé en son sens, en mettant en cause la fiabilité du vote par correspondance.

Début novembre, il avait autorisé les procureurs fédéraux à enquêter sur des soupçons de fraude sans attendre la certification des résultats par les États, contrairement aux usages. Mais il les avait appelés à intervenir uniquement en cas d'allégations "substantielles" et "crédibles". 

Cour dur

Ses déclarations représentent donc un coup particulièrement dur pour Donald Trump. Dans un communiqué, les avocats du président ont cherché à les minimiser. "Avec tout notre respect pour l'Attorney General, il n'y a eu aucun semblant d'enquête au ministère de la Justice", ont écrit Rudy Giuliani et Jenna Ellis dans un communiqué. "Son opinion ne semble pas basée sur une connaissance ou une enquête sur des irrégularités substantielles et des preuves de fraude systématiques", ont-ils ajouté, en promettant de "poursuivre leur quête de la vérité".

Lors du scrutin du 3 novembre, l'ancien vice-président Joe Biden a remporté plus de 80 millions des suffrages contre un peu moins de 74 millions pour Donald Trump. Le démocrate a réussi à reprendre une poignée d'États-clés qui avaient voté pour le républicain en 2016 et dispose de 306 grands électeurs contre 232 pour son rival. Même si le président sortant ne reconnaît pas sa défaite, le collège électoral devrait donc confirmer sa victoire le 14 décembre pour une prise de fonction le 20 janvier.

Bill Barr a par ailleurs révélé mardi avoir nommé un procureur spécial indépendant pour continuer à enquêter sur la gestion des investigations menées de 2016 à 2018 sur une éventuelle collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump. Il désigné le procureur fédéral John Durham à ce poste pour qu'il enquête justement sur les enquêteurs, parmi lesquels pourraient figurer l'ancien directeur du FBI James Comey et l'ancien procureur spécial Robert Mueller.

John Durham menait déjà l'enquête sur ces questions sous Bill Barr, mais sa nomination en tant que procureur spécial lui permettra de continuer ses investigations une fois nommé un nouveau ministre de la Justice, après le départ de Donald Trump et l'arrivée de Joe Biden au pouvoir le 20 janvier. Il serait difficile, politiquement, pour le ou la remplaçant(e) de Bill Barr de mettre fin aux activités de John Durham.

Avec AFP

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