présidentielle américaine

Violences au Capitole : Pelosi fixe un ultimatum de 24 heures pour la mise en accusation de Trump

Nancy Pelosi prête à lancer une procédure pour révoquer Donald Trump, que les démocrates considèrent inapte à remplir ses fonctions.
Nancy Pelosi prête à lancer une procédure pour révoquer Donald Trump, que les démocrates considèrent inapte à remplir ses fonctions. © Erin Scott, Reuters

À neuf jours de l’investiture de Joe Biden, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et les démocrates mettent la pression sur le vice-président Mike Pence, sommé d'activer en urgence le 25e amendement de la Constitution qui consiste à constater l'inaptitude du président, en l'occurrence Donald Trump, à exercer sa fonction.

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Une fin de mandat pour le moins chaotique. Alors que Donald Trump s’apprête à céder la présidence, tant bien que mal, à son successeur Joe Biden, les démocrates montent au front pour forcer le président à quitter ses fonctions avant la fin de son mandat, après les violences du Capitole, qui ont fait cinq morts et scandalisé l'Amérique.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, s'est dite, dans une lettre dimanche, prête à lancer plusieurs actions rapides pour obtenir le départ de Donald Trump, dont une deuxième procédure de destitution, à la suite des violents heurts au Capitole.

Ultimatum

Dans un premier temps, la Chambre sera amenée mardi, à se prononcer sur une résolution demandant au vice-président, Mike Pence, de démettre Donald Trump de ses fonctions.

Nancy Pelosi veut "protéger l’Amérique" de Donald Trump

Si Mike Pence ne répond pas à la demande dans les 24 heures, a-t-elle ajouté, les démocrates entameront les préparatifs d'une deuxième procédure de destitution contre Donald Trump – ce qui serait inédit pour un président américain. 

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Pour protéger notre Constitution et notre démocratie, nous allons agir dans l'urgence, parce que ce président représente une menace immédiate pour les deux", écrit Nancy Pelosi.

Depuis les scènes de chaos dans la capitale fédérale, au moins 25 procédures ont été ouvertes pour des faits de "terrorisme domestique" pour l'assaut sur le Capitole, selon un haut représentant de l'armée dont les propos ont été rapportés, dimanche, par un élu démocrate. 

Vers une procédure de destitution contre Donald Trump

Cinq personnes, dont un officier de la police du Capitole qui tentait de repousser des émeutiers, ont trouvé la mort dans les incidents. Le FBI a indiqué avoir reçu plus de 40 000 "tuyaux", parmi lesquels des vidéos et des photos, après avoir lancé un appel à témoins. 

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Donald Trump, qui a dénoncé sans preuve une vaste fraude au profit de Joe Biden lors de l'élection présidentielle du 3 novembre, a galvanisé les partisans qui s'étaient rassemblés mercredi à Washington, dans le but de contester la certification par le Congrès de la victoire de son rival.  

Certains démocrates ont exprimé leurs inquiétudes grandissantes à l'égard du comportement de Donald Trump. Nancy Pelosi a dit avoir passé en revue avec le chef d'état-major de l'armée les mesures envisageables pour empêcher Donald Trump de recourir à l'arme nucléaire.

Mike Pence, selon un conseiller, est opposé au recours au 25e amendement de la Constitution – qui consiste à constater l'inaptitude du président à exercer sa fonction – pour démettre Donald Trump de ses fonctions.

L'hypothèse de l'"impeachment" soutenue par certains républicains

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès des assistants parlementaires du chef de la minorité républicaine à la Chambre. Kevin McCarthy, qui s'était dit, vendredi, défavorable à une procédure de destitution contre Donald Trump, estimant que cela ne ferait qu'exacerber les divisions dans le pays.

L'hypothèse de l'"impeachment" a toutefois des soutiens dans les rangs du Parti républicain. Le sénateur Pat Toomey, un conservateur qui soutenait jusque récemment le président Trump, a déclaré, dimanche, à la chaîne NBC, qu'une démission "dès que possible" de celui-ci était la meilleure solution pour le pays. La sénatrice Lisa Murkowski fût la première républicaine à déclarer publiquement que Donald Trump devait immédiatement démissionner.

Nouvelles arrestations

Trois des manifestants pro-Trump dont les photos ont fait le tour du monde depuis leur violente intrusion au Capitole ont été arrêtés et inculpés, a annoncé, samedi, le ministère de la Justice.

Jacob Anthony Chansley, alias Jake Angeli, le complotiste torse nu, coiffé de cornes de bison et peinturluré qui avait aimanté photographes et caméras aux quatre coins du Capitole, a été arrêté et inculpé d'intrusion illégale et de conduite violente au Capitole, a indiqué le ministère dans un communiqué.

"Cet individu était armé d'une lance de deux mètres de long avec un drapeau américain attaché juste sous la lame", souligne le communiqué.

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 Vendredi, le ministère avait déjà annoncé 13 inculpations pour intrusion et désordre, et l'arrestation dans l'Arkansas de Richard Barnett, l'homme photographié avec son pied sur le bureau de Nancy Pelosi.

Parmi les personnes poursuivies se trouvent un homme qui avait onze cocktails Molotov dans un véhicule garé près du Congrès, un autre qui a donné des coups de poing à un policier du Capitole en forçant le passage et un troisième entré avec une arme à feu chargée dans l'enceinte du Congrès.

Avec Reuters et AFP

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