Brésil : débordé par la pandémie de Covid-19, l'État d'Amazonas instaure un couvre-feu

L'hôpital d'Agosto, à Manaus, fait face à un afflux de patients alors que la pandémie de Covid-19 continue de progresser, le 14 janvier 2021.
L'hôpital d'Agosto, à Manaus, fait face à un afflux de patients alors que la pandémie de Covid-19 continue de progresser, le 14 janvier 2021. © Bruno Kelly, Reuters
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Confronté à un afflux permanent de malades du Covid-19 ainsi qu’à des problèmes d'approvisionnement en oxygène, l'État brésilien d'Amazonas (nord) a annoncé jeudi l'instauration d'un couvre-feu de dix jours.

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Alors que le Brésil a atteint la semaine dernière le seuil des 200 000 victimes du Covid-19, l'État brésilien d'Amazonas (nord), particulièrement touché, a annoncé jeudi 14 janvier l'instauration d'un couvre-feu de dix jours.

À Manaus, capitale de cet État presque entièrement recouvert par la forêt amazonienne, "il n'y a plus d'oxygène dans les hôpitaux et certains patients sont au bord de l'asphyxie", a dit à l'AFP Jessem Orellana, de l'antenne amazonienne de l'institut de recherche en santé publique Fiocruz.

L'État brésilien d'Amazonas instaure un couvre-feu
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"Nous sommes au moment le plus critique de la pandémie", a admis pour sa part le gouverneur d'Amazonas, Wilson Lima. "Notre région produit de grandes quantités d'oxygène (grâce à la forêt), mais aujourd'hui, c'est notre population qui a besoin d'oxygène et de solidarité", a-t-il ajouté, précisant que de nombreux patients seraient transférés vers d'autres États.

Des avions militaires avaient pourtant apporté à Manaus près de 400 bombonnes d'oxygène ces cinq derniers jours, mais ce nombre s'est avéré insuffisant. Pour tenter de limiter le nombre de contaminations – et donc d'hospitalisations –, le couvre-feu empêchera la population de sortir de 19 h à 6 h du matin.

Manaus, une ville de plus de 2 millions d'habitants, a enregistré mercredi son quatrième record quotidien consécutif d'enterrements, avec 198 enterrements, dont 87 de personnes décédées des suites du Covid-19, selon les données de la municipalité.

"Il y a un effondrement des soins de santé à Manaus", a reconnu le ministre brésilien de la Santé, Eduardo Pazuello, rappelant que la région avait été l'une des plus touchées en avril, lors de la première vague de l'épidémie.

Une étude publiée en septembre sur le site medRxiv a ainsi montré que 66 % de la population de cette ville avait déjà été atteinte par le Covid-19 en juin dernier, laissant espérer le développement d'une "immunité collective non vaccinale" pour ses habitants. Le seuil de 76 % a même été atteint, selon une autre étude publiée en décembre par la revue scientifique Science. Mais le nombre de contaminations a tout de même explosé en ce début d'année.

"Il ne nous reste plus qu'à avoir la foi"

Le Brésil a été touché de plein fouet par la deuxième vague de la pandémie, qui a fait plus de 207 000 morts dans ce pays de 212 millions d'habitants.

Le taux de mortalité s'élève à 143 pour 100 000 dans l'État d'Amazonas, bien plus que la moyenne nationale (98 pour 100 000). Seuls les États de Rio de Janeiro et de la capitale fédérale Brasilia le dépassent (respectivement 159 et 146).

"La situation dans l'Amazonas et en particulier à Manaus s'est significativement dégradée ces deux dernières semaines", a déclaré vendredi le directeur chargé des questions d'urgence sanitaire à l'Organisation mondiale de la santé, Michael Ryan, au cours d'un point-presse. "Il est clair que si ça continue comme ça, nous allons voir une vague encore plus forte que la vague catastrophique d'avril-mai dans l'Amazonas, et en particulier à Manaus", a martelé le docteur.

"Ici, il n'y a plus le moindre lit d'hôpital vide, plus de bombonnes d'oxygène, plus rien. Il ne nous reste plus qu'à avoir la foi", a dit Luiza Castro, habitante de Manaus. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des familles de patients amenant elles-mêmes à l'hôpital des bombonnes d'oxygène qu'elles se sont procurées par leurs propres moyens. 

Début prévu de la vaccination le 20 janvier

Eduardo Pazuello, qui s'est rendu à Manaus en début de semaine, avait promis mercredi que l'État d'Amazonas aurait "la priorité" pour la campagne de vaccination, qui n'a pas encore débuté.

Jeudi, le ministre a annoncé lors d'une réunion avec une centaine de maires que la vaccination commencerait le 20 janvier, si les demandes d'autorisation d'urgence de vaccins sont approuvées à temps par l'agence régulatrice Anvisa.

Ces demandes, qui doivent être traitées dimanche, concernent le vaccin CoronaVac, du laboratoire chinois Sinovac, et celui développé par l'université d'Oxford et le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca.

Avec AFP

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