L'Argentine autorise officiellement l'IVG, le Chili ouvre à son tour le débat

Des militantes féministes brandissent des mouchoirs verts - en faveur de la dépénalisation de l'avortement - lors d'une manifestation au Chili, devant le palais présidentiel, à Santiago, le 13 janvier 2020.
Des militantes féministes brandissent des mouchoirs verts - en faveur de la dépénalisation de l'avortement - lors d'une manifestation au Chili, devant le palais présidentiel, à Santiago, le 13 janvier 2020. © Claudio Reyes, AFP
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L'avortement est officiellement inscrite depuis vendredi dans les textes de loi en Argentine tandis que le Chili voisin entame un débat national autour de la question de l'intervention volontaire de grossesse. 

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Le Chili va-t-il suivre la voie tracée par l’Argentine concernant la légalisation de l'avortement ? Officiellement légale en Argentine avec la promulgation, jeudi 14 janvier, par le président Alberto Fernandez de la loi approuvée fin décembre par le Parlement, l'IVG est actuellement en débat au Chili voisin.  

L'Argentine, qui compte 45 millions d'habitants, est en effet devenu le plus grand pays d'Amérique latine à autoriser sans conditions l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse. Son application entre en vigueur huit jours après la publication de la loi au Journal officiel. Jusque-là, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) n'était autorisée qu'à Cuba, en Uruguay, au Guyana, dans la ville de Mexico et l'État mexicain d'Oaxaca. 

"L'aboutissement d'une lutte"

"Nous avons aujourd'hui une société meilleure et plus égalitaire", a déclaré le dirigeant de centre-gauche lors de la signature du décret de promulgation de la loi qu'il a lui-même promue, lors d'une cérémonie au Musée du Bicentenaire à Buenos Aires. 

"C'est un grand pas vers l'égalité des droits, donnant aux femmes la possibilité de décider. C'est l'aboutissement d'une lutte pour toutes celles qui se sont battues pendant tant d'années pour que l'avortement ne soit plus un crime qui force à entrer dans la clandestinité et à s'exposer aux risques que cela comporte", a ajouté M. Fernandez. 

Le texte, sur un sujet qui divise profondément l'opinion publique argentine, a été voté le 30 décembre par les sénateurs avec 38 voix pour, 29 contre et une abstention, deux ans après l'échec d'une première tentative. 

"Objection de conscience" 

Dans ce pays majoritairement catholique, terre natale du pape François, qui a approuvé récemment le mariage homosexuel (2010) et une loi sur l'identité de genre (2012), l'avortement n'était permis qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, en vertu d'une loi datant de 1921.  

Chaque année, selon le gouvernement, entre 370 000 et 520 000 avortements clandestins sont pratiqués en Argentine et 38 000 femmes hospitalisées pour complications lors d'avortements clandestins. 

La nouvelle loi offre toutefois la possibilité aux médecins de faire valoir leur "objection de conscience".  

L’avortement en question au Chili 

Au même moment au Chili, les parlementaires ont commencé mercredi à débattre d'une proposition de loi déposée en 2018 par l'opposition de gauche pour dépénaliser l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse et ainsi éviter aux femmes choisissant de se faire avorter d'être menacées d'une peine de prison.  

Jusqu'à 2017, le Chili était un des rares pays n'autorisant l'avortement sous aucune condition dans le cadre d'une loi votée sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).  

En 2017, sous la pression de mouvements féministes, un texte avait finalement été voté permettant l'avortement en cas de danger pour la vie de la mère, de l'enfant ou de viol.  

Mais selon les associations, ces IVG ne représentent que 3 % des milliers d'avortements clandestins qui ont lieu chaque année dans ce pays de 18 millions d'habitants. 

 Avec AFP 

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