Aux États-Unis, Joe Biden veut effacer la "honte" de la séparation de familles de migrants

Joe Biden veut réformer l'immigration américaine.
Joe Biden veut réformer l'immigration américaine. © Mandel Ngan, AFP

Le nouveau président américain, bien décidé à tourner la page Trump, a signé mardi trois décrets sur l'immigration. L'un d'entre eux prévoit un groupe de travail destiné à identifier et à localiser les quelque 600 enfants migrants qui restent séparés de leurs parents.

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Joe Biden s'est engagé mardi 2 février à travailler pour effacer "une honte morale et nationale" héritée de son prédécesseur, Donald Trump : la séparation de milliers de familles de migrants à la frontière sud des États-Unis en 2018, dont certaines n'ont toujours pas été réunies.

Le président démocrate a signé trois décrets sur l'immigration, dont un prévoit la mise en place d'un groupe de travail destiné à identifier et à localiser les quelque 600 enfants qui restent séparés de leurs parents.

"Je ne fais pas une nouvelle loi, j'élimine des mauvaises politiques", a-t-il déclaré, en paraphant ces documents dans le bureau Ovale. "La dernière administration a littéralement arraché des enfants des bras de leurs familles (...) sans plan d'aucune sorte pour les réunir" ultérieurement, a-t-il dénoncé.

"L'Amérique est plus sûre, forte et prospère avec un système migratoire sain, rationnel et humain", a encore dit Joe Biden, qui a également ordonné de passer en revue tous les freins à l'immigration légale et à l'intégration posés par l'administration républicaine au cours des quatre dernières années.

Un Hispanique à la Sécurité intérieure

La mise en œuvre de ces directives reviendra à Alejandro Mayorkas, qui a été confirmé mardi par le Sénat au poste de ministre de la Sécurité intérieure des États-Unis. Ce fils de réfugiés cubains, né à La Havane il y a 61 ans et arrivé bébé sur le sol américain, est le premier hispanique à prendre la tête de ce ministère tentaculaire qui supervise, notamment, la politique migratoire des États-Unis.

Sa première mission sera de corriger les maux causés par la politique dite de "tolérance zéro" à la frontière, adoptée par le gouvernement de Donald Trump au printemps 2018. Face au tollé, y compris dans son propre camp, le milliardaire républicain y avait rapidement renoncé, mais des centaines d'enfants n'ont jamais retrouvé leurs parents.

Le groupe de travail, piloté par Alejandro Mayorkas, aura pour mission de les identifier et de proposer des solutions pour réunir les familles, qui pourront passer par des autorisations de rentrer aux États-Unis pour les parents expulsés ou la délivrance de cartes de séjour pour ceux qui vivent sans papiers.

Joe Biden a également signé un décret sur les pays d'origine des migrants. Outre le retour d'aides économiques, celui-ci vise à rouvrir les voie légales d'immigration, notamment en améliorant l'accès aux visas pour les citoyens de pays d'Amérique centrale, et à remettre à plat le système d'asile.

Les républicains fulminent

Quant au troisième décret, il vise à favoriser l'intégration des migrants installés légalement aux États-Unis. Il prévoit de "rendre la naturalisation plus accessible aux neuf millions de personnes éligibles à la citoyenneté américaine", selon de hauts responsables.

Cet objectif passe notamment par une révision de la règle dite "de la charge pour la société" créée en août 2019 pour refuser la carte verte ou la citoyenneté américaine aux migrants touchant des aides sociales, comme par exemple des soins subventionnés ou une allocation logement.

Donnant le ton des joutes à venir, le sénateur républicain Lindsey Graham a regretté les efforts déployés par Joe Biden pour "supprimer une partie des avancées obtenues par Donald Trump contre l'immigration illégale". Selon lui, ses mesures "sont des recettes pour un désastre et vont créer un afflux vers la frontière".

"Ce n'est pas le moment de venir aux États-Unis", a pourtant lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, aux candidats potentiels à l'immigration. "La route reste dangereuse", a-t-elle justifié. "Et nous avons encore besoin de temps pour mettre en place un processus migratoire qui traite les gens humainement."

Avec AFP

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