Marjorie Taylor Greene, l'élue complotiste pro-Trump, bientôt exclue par les députés américains ?

L'élue de l'État de Géorgie, Marjorie Taylor Greene, est sous le feu de nombreuses critiques et d'appels à la démission pour son soutien à des thèses complotistes
L'élue de l'État de Géorgie, Marjorie Taylor Greene, est sous le feu de nombreuses critiques et d'appels à la démission pour son soutien à des thèses complotistes © Erin Scott, AFP
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Faute d'un accord bipartisan sur le sort de l'élue pro-Trump de l'État de Géorgie, Marjorie Taylor Greene, sous le feu de nombreuses critiques et d'appels à la démission pour son soutien à des thèses complotistes, les députés américains doivent se prononcer, jeudi, sur son expulsion des commissions dans lesquelles elle a été nommée.

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Les députés américains doivent se prononcer, jeudi 4 février, sur l'expulsion de Marjorie Taylor Greene, une élue républicaine pro-Trump très controversée, de plusieurs commissions de la Chambre des représentants, selon un responsable démocrate.

Le numéro 2 des démocrates à la chambre basse, Steny Hoyer, a indiqué mercredi s'être entretenu avec le chef des républicains Kevin McCarthy au sujet de l'élue de l'État de Géorgie.

Marjorie Taylor Greene est sous le feu de nombreuses critiques et d'appels à la démission pour son soutien à des thèses complotistes, ses déclarations passées contre une victime de la tuerie du lycée de Parkland, et des commentaires semblant appeler à l'exécution de démocrates.

Steny Hoyer et Kevin McCarthy n'étant pas parvenus à un accord sur le sort de la députée, qui doit siéger à la commission de l'Éducation de la Chambre et à celle du Budget, un vote doit avoir lieu jeudi.

"Il est clair qu'il n'y a pas d'alternative à un vote à la Chambre sur la résolution visant à expulser Marjorie Taylor Greene des commissions auxquelles elle a été nommée", a affirmé Steny Hoyer dans un communiqué.

La commission des Règles de la Chambre des Représentants s'est réunie mercredi afin de préparer une motion pour un vote en séance plénière. Les élus, majoritairement démocrates, voteront sur cette motion jeudi, a affirmé Steny Hoyer.

Kevin McCarthy a de son côté soutenu que ce vote ne servait qu'à "détourner l'attention", ajoutant que les démocrates menaient "un coup de force partisan concernant les affectations aux commissions [des membres] de l'autre parti".

Avant d'être élue, Marjorie Taylor Greene avait "aimé" sur Facebook un commentaire affirmant qu'une "balle dans la tête" de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre, serait la façon la plus rapide pour qu'elle n'occupe plus ses fonctions, d'après la chaîne CNN.

Elle avait aussi écrit que plusieurs fusillades dans des écoles avaient été mises en scène dans le but de durcir l'encadrement des armes à feu.

"Un cancer pour le parti"

Pendant sa campagne, la républicaine s'était revendiquée de la mouvance pro-Trump QAnon, un mouvement d'extrême droite défendant l'idée que Donald Trump mène une guerre secrète contre une secte mondiale composée de pédophiles satanistes.

Le fait qu'elle prône des "mensonges absurdes" et adhère à des "théories du complot" est "un cancer pour le parti républicain", a réagi lundi le sénateur Mitch McConnell, chef des républicains au Sénat.

Après avoir discuté avec Marjorie Taylor Greene, Kevin McCarthy a déclaré qu'il condamnait "sans équivoque" les remarques de l'élue.

"Des déclarations dans le passé de, et soutenues par, Marjorie Taylor Greene sur des fusillades dans des écoles, la violence politique, et des théories du complot antisémites, ne représentent pas les valeurs ou les convictions [des républicains à la Chambre des représentants]", a-t-il affirmé.

Mais si le haut responsable républicain a reconnu que l'élue avait "causé de profondes blessures à beaucoup", il a refusé de l'expulser des deux commissions dont elle fait partie.

Les élus républicains sont peu enclins à punir l'une des leurs pour des choses dites ou faites avant son entrée au Congrès.

Mais les démocrates insistent sur la nécessité d'agir.

"Réduire le tort et le déshonneur qu'elle pourrait causer à l'avenir" grâce à ses responsabilités au sein des commissions représente "une restriction nécessaire et appropriée de son influence", a soutenu l'élue Debbie Wasserman Schultz.

"Elle demeure un danger clair et immédiat à notre démocratie", a-t-elle ajouté.

Marjorie Taylor Greene n'a présenté quant à elle aucun regret, et a réitéré ses accusations sans fondement selon lesquelles l'élection présidentielle avait été volée.

"Nous ne leur devons aucune excuse. Nous ne céderons pas", a dit Marjorie Taylor Greene mercredi sur Twitter.

"Le vrai cancer pour le parti", ce sont les faibles élus républicains qui ne savent faire qu'une seule chose : "perdre avec grâce", a réagi l'intéressée sur Twitter.

"C'est la raison pour laquelle nous sommes en train de perdre notre pays", a ajouté Marjorie Taylor Greene.

L'élue de 46 ans a aussi envoyé par courriel un appel aux dons à ses partisans pour l'aider à financer et organiser sa défense.

Avec AFP

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