Crise politique en Haïti : l'opposition nomme un président de transition

Des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants réclamant le départ du président contesté Jovenel Moïse, à Port-au-Prince, le 7 février 2021.
Des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants réclamant le départ du président contesté Jovenel Moïse, à Port-au-Prince, le 7 février 2021. © Valérie Baeriswyl, AFP
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Face au président contesté, Jovenel Moïse, des partis de l'opposition haïtienne ont nommé, dans la nuit de dimanche à lundi, un dirigeant de transition. Cet événement intervient alors que le pouvoir judiciaire estime que le mandat du chef de l'État a pris fin le 7 février. Ce que ce dernier conteste.

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La situation politique en Haïti devient de plus en plus critique. Des partis de l'opposition ont nommé, dans la nuit du 7 au 8 février, un dirigeant de transition face au président contesté Jovenel Moïse, qu'ils accusent de vouloir prolonger illégalement son mandat.

Dans un message vidéo transmis dans la nuit à l'AFP, un magistrat de 72 ans, Joseph Mécène Jean-Louis, membre de la Cour de cassation depuis 2011, lit un court discours dans lequel il déclare "accepter le choix de l'opposition et de la société civile pour pouvoir servir (s)on pays comme président provisoire de la transition".

Cet acte de l'opposition intervient quelques heures après ce que l'opposition politique, le pouvoir judiciaire et nombre d'organisations de la société civile ont considéré être le dernier jour au pouvoir de Jovenel Moïse.

Ce dernier soutient que son mandat à la tête du pays caribéen court jusqu'au 7 février 2022. Ce désaccord de date est né du fait que Jovenel Moïse avait été élu lors d'un scrutin annulé pour fraudes, puis réélu un an plus tard.

"Nous attendons que Jovenel Moïse quitte le palais national pour que nous puissions procéder à l'installation de Me Mécene Jean-Louis", a déclaré à l'AFP l'opposant André Michel.

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"Tentative d'assassinat"

Dimanche, les autorités haïtiennes ont annoncé avoir déjoué un projet de coup d'État visant Jovenel Moïse, qui a lui assuré avoir échappé à une tentative d'assassinat.

Vingt-trois personnes ont été arrêtées par la police dans une résidence privée de la capitale, en possession de six armes à feu et plusieurs machettes.

Parmi les présumés comploteurs figurent un juge de la Cour de cassation et une inspectrice générale de la police nationale.

Le Premier ministre a ajouté que, parmi des documents saisis, figurait le discours que ce juge aurait prévu de prononcer pour devenir président provisoire, dans un régime de transition.

L'opposition balaie le scénario présenté par le pouvoir et dénonce une répression politique.

L'ancien sénateur Youri Latortue a indiqué que cet intérim serait prévu pour une durée de 24 mois.

"La feuille de route est établie pour deux ans avec l'organisation d'une conférence nationale, l'élaboration d'une nouvelle constitution et la tenue des élections" a détaillé Youri Latortue, qui, après avoir été conseiller du président Michel Martelly, mentor de Jovenel Moïse, s'est déclaré opposant au pouvoir.

Haïti ne dispose plus d'un parlement fonctionnel depuis janvier 2020.

Isolé, le président Moïse gouverne depuis par décrets, alimentant une défiance croissante au sein de la population, minée par la pauvreté et subissant la violence quotidienne des gangs.

Avec AFP

 

 

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