La défense de Donald Trump dénonce un procès "injuste", verdict possible dès samedi

L'avocat de Donald Trump Michael van der Veen, le 12 février 2021 à Washington, lors du procès de l'ancien président américain pour "incitation à l'insurrection".
L'avocat de Donald Trump Michael van der Veen, le 12 février 2021 à Washington, lors du procès de l'ancien président américain pour "incitation à l'insurrection". © Reuters
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Vidéo par : Matthieu MABIN
17 mn

La défense de Donald Trump a pris à son tour la parole vendredi au Sénat, demandant un acquittement rapide de l'ancien président des États-Unis, accusé d'"incitation à l'insurrection" avant l'assaut du Capitole. Les sénateurs devraient voter dès samedi.

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Des accusations "absurdes" qui cachent un acte de "vengeance politique". Les avocats de Donald Trump ont demandé vendredi 12 février l'acquittement de l'ancien président des États-Unis, accusé d’"incitation à l'insurrection", jugeant son procès "injuste". La défense a bouclé en trois heures un argumentaire musclé et très politique.

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"Comme toutes les chasses aux sorcières initiées par la gauche au cours des quatre dernières années, l'acte d'accusation n'a rien à voir avec les faits, les preuves et les intérêts des Américains", a lancé Michael van der Veen en entamant l'exposé de la défense.

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Usant des mêmes armes que les procureurs démocrates, il a immédiatement diffusé des vidéos, notamment pour montrer que Donald Trump s'est régulièrement présenté comme le protecteur de "la loi et de l'ordre", mais aussi que ses opposants ont eux-même parfois tenu des discours enflammés.

Le 45e président des États-Unis se voit notamment reprocher d'avoir lancé "Battez-vous comme des diables" à ses partisans, juste avant qu'ils ne se lancent à l'assaut du siège du Congrès, où les élus étaient en train de certifier la victoire de son rival démocrate Joe Biden à la présidentielle.

"C'est de la rhétorique politique ordinaire, pas différente du langage utilisé par tous les partis depuis des centaines d'années", a plaidé Michael van der Veen, mettant en garde contre un procès qui, selon lui, "divise la Nation".

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Bruce Castor, dernier des trois avocats de la défense à s'exprimer, a affirmé pour sa part que l'objectif du procès était de "bannir 75 millions d'électeurs et de criminaliser les opinions politiques". En faisant condamner le milliardaire républicain, les procureurs démocrates veulent "éliminer un adversaire politique", a-t-il lancé aux sénateurs.

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Donald Trump absent mais confiant

Donald Trump n'assiste pas à ce procès, dont l'issue semble jouée d'avance. Il est en effet très peu probable que 17 sénateurs républicains acceptent de voter avec les 50 sénateurs démocrates pour former la majorité qualifiée nécessaire à sa condamnation.

"Le président (Donald Trump, NDLR) est très optimiste", avait affirmé jeudi sur Fox News l'un de ses avocats, David Schoen, en promettant un court exposé, de moins de quatre heures, devant les cent sénateurs, juges, jurés et témoins de ce procès historique.

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Une poignée d'élus du Grand Old Party ont tout de même semblé perturbés par la présentation implacable des procureurs démocrates au cours des deux derniers jours. D'autres ont applaudi la défense. "Ils ont laminé légalement les procureurs" et "ont surtout démontré que le Premier amendement s'appliquait aux discours politiques", a commenté le sénateur Ron Johnson.

Joe Biden, qui a passé plus de 35 ans sur les bancs de la chambre haute du Congrès, s'est dit "impatient" de voir ce que ses "amis" républicains feraient lors du vote qui pourrait intervenir ce week-end, espérant qu'ils prendraient "leurs responsabilités".

Le président, resté en retrait depuis le début du procès, a précisé qu'il n'évoquerait pas le dossier avec des sénateurs. La veille, il avait espéré que l'exposé des procureurs ait fait bouger les lignes et convaincu certains élus républicains.

Ces derniers jours, les procureurs démocrates ont inscrit la funeste journée du 6 janvier dans le contexte du "grand mensonge" proféré selon eux par Donald Trump qui a dénoncé une élection "volée" sans en apporter la moindre preuve, attisant la colère de ses partisans. L'attaque sanglante n'est pas survenue "dans le vide", c'était "l'apogée des actions du président", a lancé le procureur en chef Jamie Raskin, en diffusant plusieurs extraits de ses discours enflammés et de ses tweets au vitriol.

À la barre, Me David Schoen a rétorqué que les démocrates avaient "sélectionné" les propos du président et déformé ses propos. Il a rejoué d'autres extraits de son discours du 6 janvier, dans lequel l'ex-président appelle ses partisans à marcher "de manière pacifique et patriote" sur le Capitole. 

Les avocats du président ont aussi assuré que le coup de force sanglant sur le Capitole, qui a semé la mort et le chaos au sein même du temple de la démocratie américaine, "avait été planifié à l'avance" et ne pouvait donc pas être imputé au président.

Unité

Lors d'une séance de questions-réponses tendue, les procureurs ont rétorqué que Donald Trump n'avait utilisé le terme "pacifique" qu'à une reprise dans son discours, dont la tonalité globale était selon eux "incendiaire".  "Plutôt que de nous crier dessus, et de vous plaindre que nous n'avons pas réuni assez de faits, faites venir votre client, qu'il témoigne sous serment !, leur a lancé Jamie Raskin.

La journée s'est toutefois terminée sur une note d'unité : l'ensemble des sénateurs ont applaudi, debout, un policier du Capitole qui a reçu une médaille pour ses actes de bravoure le jour de l'attaque. Sans Eugene Goodman, certains n'auraient peut-être pas "pu s'en sortir sains et saufs", a noté le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell.

Le procès reprendra samedi à 10 h. Les parties pourront demander l'audition de témoins et il reviendra aux sénateurs de trancher. Si aucun nouvel élément n'est réclamé, ils pourront passer au vote. 

Avec AFP 

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