L’Équateur suspend le recomptage des voix du premier tour de la présidentielle

Le candidat à la présidentielle Yaku Pérez, lors d'une manifestation devant le Conseil national électoral de l'Équateur, à Quito, le 12 février 2021.
Le candidat à la présidentielle Yaku Pérez, lors d'une manifestation devant le Conseil national électoral de l'Équateur, à Quito, le 12 février 2021. © Cristina Vega Rhor, AFP
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Le Conseil national électoral en Équateur a mis en suspens, mardi soir, le recomptage des votes du premier tour de l'élection présidentielle réclamé par le candidat indigène Yaku Perez. Ce dernier, écarté du deuxième tour, se dit victime de fraude électorale.

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Une suspension qui sème la confusion. Alors qu’il devait commencer le recomptage des votes du premier tour de l’élection présidentielle, le Conseil national électoral équatorien a suspendu sa démarche, mardi 16 février. Le recomptage avait été réclamé par le candidat indigène Yaku Perez, écarté du deuxième tour et se disant victime de fraude électorale. Le candidat de la droite Guillermo Lasso s’est également associé à la demande.

Réunis en session plénière, les cinq membres du CNE n'ont pu se mettre d'accord pour confirmer la tenue de ce recomptage. Cela à cause de deux voix pour, deux contre et une abstention

Résultat : le CNE "n'a malheureusement donné aucune réponse à la demande ni approuvé ou rejeté le rapport technique présenté", a déclaré sa présidente Diana Atamaint. L'un des membres ayant voté contre, le conseil a déclaré qu'il fallait d'abord "proclamer les résultats" du premier tour avant tout recours.

Le recomptage devait commencer mardi 16 février, avait indiqué sa présidente Diana Atamaint lors d'une conférence de presse à Quito, où elle avait annoncé que le CNE allait recompter quelque six millions de votes, soit 45 % des suffrages exprimés lors du premier tour du 7 février.

"Plus ou moins 6 millions de votes seront révisés vote par vote, selon les accords conclus par le Conseil national électoral", avait-elle déclaré, précisant que le recomptage pourrait commencer mardi au plus tard et durer "au moins quinze jours".

Ce recomptage, décidé aux termes d'accords conclus le 12 février, devant des observateurs internationaux, entre le CNE et les deux candidats contestant les résultats du premier tour, devait encore être validé en plénière. Il devait concerner, selon le CNE, 100 % des votes dans la province du Guayas, qui comporte le plus d'électeurs, ainsi que 50 % des votes dans 16 autres provinces.

"La résistance continue"

Le recomptage a été réclamé par Yaku Perez, 51 ans, un avocat écologiste candidat du Pachakutik, expression politique du mouvement indigène équatorien. Le candidat Guillermo Lasso, un ex-banquier de droite âgé de 65 ans, s'est associé à sa demande.

"La résistance continue", a déclaré Yaku Perez après l'annonce du CNE.

Selon les résultats presque complets qu'avait publiés le CNE après le premier tour, auxquels ne manquent plus que 0,16 % des bulletins, ce candidat arrive troisième avec 19,38 % des voix, devancé de peu pour la deuxième place qualificative par Guillermo Lasso avec 19,74 %.

Le premier tour de la présidentielle, tenue en même temps que des législatives, a été largement dominé, par Andres Arauz. Cet économiste de gauche, âgé de 36 ans, a obtenu 32,71 % des voix selon le CNE, et est soutenu par l'ancien président équatorien Rafael Correa, qui vit en exil en Belgique.

Le second tour, prévu pour le 11 avril, désignera le successeur du président sortant Lenin Moreno, qui ne se représentait pas et dont le mandat de quatre ans prend fin le 24 mai.

Des groupements d'indigènes soutenant Yaku Perez ont annoncé pour mercredi des mobilisations et une marche sur Quito pour protester contre la fraude électorale.

La mission d'observation de l'Organisation des États américains (OEA) avait exprimé, lundi, sa "préoccupation" et lancé "un appel énergique" au CNE pour clarifier le processus électoral.

L'Équateur, pays de 17,4 millions d'habitants, compte 13,1 millions d'électeurs inscrits.

► À lire aussi : L'Équateur élit un nouveau président dans une situation de crise économique et sanitaire dramatique

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