Fuite de Carlos Ghosn : deux Américains extradés au Japon

L'ancien patron de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le 8 janvier 2020.
L'ancien patron de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le 8 janvier 2020. © Joseph Eid, AFP Archives

Deux Américains accusés d'avoir aidé l'homme d'affaires et ancien patron du groupe Renault-Nissan, Carlos Ghosn, à fuir le Japon fin 2019 où il devait être jugé, ont été remis lundi aux autorités japonaises. Ils doivent être incarcérés au centre de détention de Kosuge, à Tokyo.

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Deux Américains accusés d'avoir aidé l'ancien patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, à s'enfuir de Tokyo vers le Liban dans des conditions rocambolesques en décembre 2019 ont été remis aux autorités japonaises, a indiqué, lundi 1er mars, leur avocat. L'avion qui les a conduits au Japon a atterri mardi près de Tokyo, ont rapporté des médias locaux.

Michael Taylor, un ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et son fils Peter Taylor ont été remis à des responsables japonais, a affirmé Paul Kelly, en parlant d'"un triste jour pour la famille et pour tous ceux qui croient que les vétérans méritent d'être mieux traités par leur propre pays".

 L'avion de ligne de la compagnie Japan Airlines dans lequel ils sont partis lundi de Boston (nord-est des États-Unis) s'est posé mardi à l'aéroport international de Narita, près de Tokyo, peu après 16h00 (07H00 GMT).

Après un test PCR à leur arrivée, les Taylor devaient être conduits au centre de détention de Kosuge, à Tokyo, la même prison où avait été détenu Carlos Ghosn pendant 130 jours entre novembre 2018 et avril 2019, selon les médias locaux.

"Risque de fuite"

Le Japon accuse Michael et Peter Taylor, ainsi que le Libanais George-Antoine Zayek, d'avoir aidé Carlos Ghosn à échapper à la justice en fuyant le pays fin décembre 2019. Peter Taylor et son père Michael, tous deux visés par un mandat d'arrêt du Japon, avaient été arrêtés en mai aux États-Unis. Ils sont ensuite restés détenus car considérés comme présentant un "grand risque de fuite". La Cour suprême américaine avait levé le 13 février le dernier obstacle à leur extradition.

>> À lire : Trois ressortissants turcs condamnés à de la prison pour avoir aidé Carlos Ghosn dans sa fuite

Au matin du 31 décembre 2019, le Japon découvrait avec stupeur la fuite au Liban de son plus célèbre inculpé. Deux jours plus tôt, alors qu'il était en liberté sous caution au Japon où il est accusé de malversations financières chez Nissan, le Franco-libano-brésilien quittait tranquillement Tokyo pour rejoindre Osaka en train avec deux complices.

Arrivé à Beyrouth le 30 décembre après une correspondance à Istanbul, il est soupçonné d'avoir échappé aux contrôles à l'aéroport d'Osaka en étant caché dans un caisson de matériel audio embarqué à bord d'un jet privé, le contrôle des bagages n'étant à l'époque pas obligatoire pour ce type d’appareil. Un document des procureurs américains évoque "une des fuites les plus effrontées et les mieux orchestrées de l'histoire récente".

Une affaire aux nombreuses ramifications

Ghosn, qui fait l'objet d'une demande d'arrestation d'Interpol, reste hors d'atteinte des juges japonais, car le Liban n'extrade pas ses ressortissants. La justice libanaise lui a toutefois interdit de quitter le pays.

"Je n'ai pas fui la justice, j'ai échappé à l'injustice" avait-il martelé début janvier 2020 lors d'une conférence-spectacle à Beyrouth devant les caméras du monde entier.

Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet au Japon, l'homme d'affaires autrefois adulé par les Japonais pour le redressement du constructeur nippon Nissan, avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d'incarcération.

"L'affaire Ghosn" a de nombreuses ramifications au Japon et à l’étranger. Outre le procès principal sur l'archipel nippon, Carlos Ghosn est aussi concerné par plusieurs enquêtes judiciaires en France, portant notamment sur des soupçons d'abus de biens sociaux chez Renault et la filiale néerlandaise de Renault-Nissan, RNBV.

Aussi, un procès pénal s'est ouvert mi-septembre à Tokyo pour juger l'ancien responsable juridique de Nissan, l'Américain Greg Kelly, arrêté au Japon le même jour que Carlos Ghosn en novembre 2018 et qui clame comme lui son innocence.

À Istanbul, trois ressortissants turcs – un haut responsable de la compagnie d'aviation privée MNG Jet et deux pilotes – ont été condamnés le 24 février à quatre ans et deux mois de prison pour leur rôle dans l'exfiltration de l'homme d'affaires. Deux autres pilotes et deux hôtesses de l'air, jugés en même temps, ont été relaxés.

Avec AFP

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