Covid-19 : record de décès au Brésil pour la deuxième journée consécutive

Les tombes de victimes du Covid-19 à Manaus, au Brésil.
Les tombes de victimes du Covid-19 à Manaus, au Brésil. © Michael Dantas, AFP

Mardi et mercredi, le Brésil a battu son record de décès quotidiens du Covid-19. Les semaines à venir s'annoncent difficiles alors que le pays, dirigé par le populiste Jair Bolsonaro, n'a aucune stratégie nationale pour combattre la pandémie.

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Le Brésil a annoncé, mercredi 3 mars, un nouveau record de décès du Covid-19 en 24 heures, avec 1 910 morts, qui confirme la nette détérioration de la situation sanitaire dans le pays frappé par une violente deuxième vague de pandémie.

Selon les données du ministère de la Santé, considérées comme sous-évaluées par de nombreux scientifiques, 71 704 nouveaux cas de contaminations ont par ailleurs été enregistrés en une journée, le deuxième pire chiffre depuis le début de la pandémie qui a fait officiellement 259 271 morts en un an au Brésil.

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Mardi, le géant latino-américain avait déjà battu un record quotidien avec 1 641 morts. Le pays de 212 millions d'habitants a enregistré en moyenne mobile au cours de sept derniers jours 1 331 décès du coronavirus.

Système sanitaire au bord de l'implosion

Alors qu'aucune politique de lutte nationale n'est mise en œuvre par le gouvernement de Jair Bolsonaro, le Brésil déplore plus de 1 000 morts par jour depuis le mois de janvier et, selon les experts, les deux semaines à venir s'annoncent particulièrement virulentes.

Le système sanitaire est au bord de l'implosion, alors que l'occupation des lits en soins intensifs est supérieure à 80 % dans 19 des 27 États du pays, selon l'institut Fiocruz.

L'État de Sao Paulo (sud-est), le plus riche et peuplé du pays avec ses 46 millions d'habitants, a décrété mercredi son retour, pour deux semaines, en "phase rouge". Celle-ci ne tolère que les "activités essentielles", liées à la santé, l'alimentation ou les transports publics. Les écoles et églises resteront toutefois ouvertes.

L'annonce de ces restrictions sanitaires a provoqué la colère du président Jair Bolsonaro, qui est opposé aux mesures de confinement et a longtemps minimisé la dangerosité de l'épidémie. "Vous ne pouvez pas paniquer, en recourant à nouveau à une politique de confinement. Les gens vont mourir de faim et de dépression", a déclaré le dirigeant d'extrême droite à un groupe de partisans.

Davantage d'États et de villes du pays devraient cependant imiter Sao Paulo, alors que la pression sur les hôpitaux ne cesse de s'accentuer.

Vaccins Pfizer

La campagne nationale de vaccination lancée mi-janvier est poussive alors que les doses manquent. Seuls 7,1 millions de personnes ont reçu une première injection, 2,1 millions les deux, dans le deuxième pays le plus endeuillé au monde derrière les États-Unis.

Le gouvernement a annoncé qu'il comptait se procurer auprès de Pfizer 100 millions de doses de son vaccin, tandis qu'un accord avec Janssen, filiale de Johnson & Johnson, devrait être conclu pour 38 millions de doses.

S'exprimant dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le ministre de la Santé a souligné la gravité de la situation et l'impact désastreux des variants plus contagieux du coronavirus. Eduardo Pazuello a fait savoir que le gouvernement s'attendait à ce que les doses du vaccin de Pfizer soient livrées en mai.

Avec AFP et Reuters

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