Covid-19 : le Mexique, troisième pays le plus endeuillé, dépasse les 200 000 morts

Un cimetière à Mexicali, ville endeuillée par le Covid-19.
Un cimetière à Mexicali, ville endeuillée par le Covid-19. © Reuters

Avec le seuil des 200 000 morts franchi jeudi, le Mexique est le troisième pays le plus endeuillé par la pandémie de Covid-19 après les États-Unis et le Brésil. Alors que la campagne de vaccination se déroule au ralenti, le scénario d'une troisième vague, variant brésilien oblige, ne peut plus être écarté.

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Le Mexique a franchi jeudi 25 mars le seuil des 200 000 mors du Covid-19, un peu plus d'un an après l'arrivée du Covid-19 dans ce pays. "Ce sont 200 211 personnes qui, malheureusement, sont décédées à cause des complications dues à la maladie", a déclaré José Luis Alomia, directeur de l'épidémiologie au secrétariat mexicain à la Santé.

Le taux de mortalité pour 100 000 habitants du Mexique est le 17e plus élevé. Le rythme des décès fluctue entre 200 et 1 000 par jour. Le nombre d'infections dépasse, lui, les 2,2 millions pour 126 millions d'habitants.

On est très loin des prévisions initiales du gouvernement conduit par le président Andres Manuel Lopez Obrador, qui tablait au début de l'épidémie sur 8 000 morts. Pragmatisme oblige, cette estimation avait par la suite été rapidement revue à la hausse avec 35 000 puis 60 000 décès, un scénario alors qualifié de "catastrophique".

Le spectre de la troisième vague

Le pays sort pourtant de quelque neuf semaines avec des chiffres laissant espérer une embellie après le cauchemar de janvier. Des records de décès et de contaminations avaient alors été battus, les hôpitaux s'étaient trouvés saturés, notamment dans la capitale et son agglomération.

Mais le scénario d'une troisième vague ne peut pour autant être écarté, le variant brésilien, une mutation beaucoup plus virulente du SARS-CoV-2, circulant dans de nombreux pays d'Amérique latine.

Les autorités mexicaines indiquent n'avoir pour l'heure recensé qu'une dizaine de cas du variant britannique et pas plus de trois cas du variant brésilien, notamment chez une femme rentrée du Brésil fin janvier et aussitôt placée à l'isolement.

Peu enclin à faire de nouvelles prévisions, Hugo Lopez-Gatell, en charge de la stratégie gouvernementale contre le Covid-19, se contente de lancer une mise en garde au moment où des millions de Mexicains se préparent aux vacances de Pâques. "Il n'y a aucune certitude, ni au Mexique, ni dans le monde, que la courbe épidémique va descendre progressivement", a-t-il déclaré.

Des vaccins au compte-gouttes

Accusé de laxisme par ses opposants, le président de gauche Lopez Obrador réplique que le Mexique a été parmi les premiers pays d'Amérique latine à lancer une campagne de vaccination, le 24 décembre 2020. Son administration affirme avoir investi quelque 3,6 milliards de dollars dans la lutte contre le Covid-19.

"Nous sommes déjà au creux de la deuxième vague. Il nous faut donc profiter de l'occasion pour vacciner afin d'être protégés en cas de troisième vague", a déclaré cette semaine le président, dont la cote de popularité se maintient.

Mais cette vaccination progresse au compte-gouttes. Elle concerne en priorité le personnel soignant et l'objectif est de couvrir l'ensemble des personnes âgées d'ici mai. En trois mois, près de 10 millions de doses sont arrivées, dont 6,1 millions été administrées.

Quant à l'économie, qui a connu une chute historique de 8,5 % en 2020 en raison de la pandémie, elle semble rebondir. Ce mois-ci, la banque centrale a revu à la hausse son estimation de la croissance pour 2021, avec une fourchette comprise entre 3,3 % et 4,8 %. 

Malgré l'intensité de la deuxième vague, les autorités ont évité une fermeture quasi-totale comme celle qui avait été décrétée il y a un an. De nombreux secteurs de l'économie restent actifs en dépit des restrictions.

Avec AFP

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