Haïti : libération de trois religieux enlevés, les deux Français toujours prisonniers

Un enfant de chœur mène la procession à la cathédrale de Port-au-Prince, en Haïti, le 12 juillet 2020.
Un enfant de chœur mène la procession à la cathédrale de Port-au-Prince, en Haïti, le 12 juillet 2020. © Dieu Nalio Chery, AP

Trois des sept religieux catholiques enlevés il y a une dizaine de jours, près de Port-au-Prince, ont été libérés, a indiqué, jeudi, le porte-parole de la Conférence des évêques d'Haïti. Les deux Français enlevés le 11 avril ne font pas partie des personnes relâchées.

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Trois des sept religieux enlevés le 11 avril dernier ont été libérés, a déclaré, jeudi 22 avril, le père Loudger Mazile, le porte-parole de la Conférence des évêques d'Haïti, ce pays pauvre des Caraïbes en proie à une forte insécurité. "Les Français ne sont pas libérés. Il n'y a pas de laïcs parmi les personnes libérées", a-t-il précisé. 

En tout dix personnes, dont sept religieux, cinq Haïtiens et deux Français, ont été kidnappées le 11 avril à la Croix-des-Bouquets, près de la capitale Port-au-Prince, alors qu'elles se rendaient à l'installation d'un nouveau curé. 

Le groupe comprenait notamment quatre prêtres et une religieuse haïtiens ainsi que deux Français originaires de l'ouest de la France : une religieuse du département de la Mayenne et un prêtre de l'Ille-et-Vilaine qui vit en Haïti depuis plus de trente ans.

Trois personnes, membres de la famille d'un prêtre haïtien qui ne fait pas partie des personnes kidnappées, ont également été enlevées.

La police soupçonne un gang armé actif dans le secteur, baptisé "400 Mawozo", d'être à l'origine de cet enlèvement, selon une source dans ses rangs. Les ravisseurs réclamaient un million de dollars de rançon.

À Paris, une enquête a été ouverte pour "enlèvement et séquestration en bande organisée". Elle a été confiée à l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO).

Crise politique

L'événement, qui a choqué l'opinion au-delà des frontières de l'île, a provoqué une profonde crise politique dans le pays, en proie à une recrudescence des enlèvements contre rançon ces derniers mois à Port-au-Prince comme en province, témoignant de l'emprise grandissante des gangs armés sur le territoire haïtien.

L'Église catholique a ainsi lancé quelques jours après l'enlèvement un appel à la grève pour dénoncer l'inaction des pouvoirs publics et "la dictature du kidnapping" dans le pays, selon le président de la Conférence des évêques haïtiens, Monseigneur Launey Saturné. 

"Depuis quelque temps, nous constatons la descente aux enfers de la société haïtienne", avait affirmé au lendemain du drame Mgr Max Leroy Mésidor, archevêque de la première ville haïtienne. 

"Les autorités publiques qui ne font rien pour résoudre cette crise ne sont pas à l'abri de tout soupçon. Nous dénonçons les complaisances et les complicités d'où qu'elles viennent", avait-il ajouté dans un communiqué. 

Face à ces critiques, le président d'Haïti, Jovenel Moïse avait lui annoncé le 14 avril la démission du gouvernement et la nomination d'un nouveau Premier ministre, afin de s'attaquer au problème aigu de l'insécurité.

Avec AFP

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