Pérou : 18 villageois tués dans une région de production de coca

Un hélicoptère de l'armée péruvienne survole une zone dans la région du Vraem, dans laquelle opère encore, selon le gouvernement, le Sentier lumineux.
Un hélicoptère de l'armée péruvienne survole une zone dans la région du Vraem, dans laquelle opère encore, selon le gouvernement, le Sentier lumineux. © Cris Buroncle, AFP (archives)

Dix-huit personnes ont été abattues dans le village de San Miguel del Ene, situé dans une vallée péruvienne reculée de culture de coca, ont annoncé es autorités, lundi. Une tuerie, attribuée par l'armée à des combattants isolés de la guérilla maoïste du Sentier lumineux.

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Dix-huit personnes, dont deux enfants, ont été abattues au Pérou dans une vallée reculée de culture de coca, les forces armées attribuant ces meurtres à des combattants isolés de la guérilla maoïste du Sentier lumineux.

"Nous en sommes à 18" villageois tués dans le village de San Miguel del Ene, dans la vallée des fleuves Apurimac, Ene et Mantaro (centre-sud), principal secteur de production de la coca au Pérou, a annoncé, lundi 24 mai, le chef de la police antiterroriste Oscar Arriola à la télévision. Les victimes sont dix hommes et six femmes, outre les deux enfants.

Dans cette région opère encore, selon le gouvernement, le Sentier lumineux, guérilla maoïste qui a combattu l'armée péruvienne entre 1980 et 2000, causant des milliers de victimes.

Cette tuerie pourrait faire monter les tensions dans la campagne polarisée du second tour de la présidentielle du 6 juin. La candidate populiste de droite Keiko Fujimori accuse son adversaire de gauche radicale Pedro Castillo d'être lié à l'aile politique du Sentier lumineux, ce qu'il nie farouchement. Pedro Castillo s'est empressé de dénoncer sur Twitter "cet acte terroriste", sa rivale fustigeant des "actes sanglants".

"Ces faits nous rappellent l'époque de barbarie et de terreur qu'a vécue le pays pendant plus de vingt ans, qui a fait plus de 70 000 morts et un grand nombre de disparus", s'est inquiété, de son côté, l'archevêque Miguel Cabrejos, président du Conseil épiscopal d'Amérique latine.

"Des tracts ont été trouvés sur le site, exhortant la population à ne pas participer au processus électoral de 2021", a indiqué l'armée dans un communiqué, attribuant l'attaque à une colonne du Sentier lumineux dirigée par Victor Quispe Palomino, dit "Camarade José".

Combattants éparpillés

Si la quasi-totalité des dirigeants de la guérilla maoïste sont désormais sous les verrous, il reste quelques combattants éparpillés dans des zones forestières et montagneuses isolées. Les autorités estiment leur nombre à 350 et les accusent de coopérer avec les trafiquants de drogue.

"Je condamne fermement le meurtre de ces personnes", a tweeté le président intérimaire péruvien, Francisco Sagasti, qui a ordonné "le déploiement de patrouilles" militaires et policières dans la zone "pour que cette action terroriste ne reste pas impunie".

Le parquet a chargé une unité spécialisée dans le terrorisme d'enquêter sur ces meurtres. La ministre de la Défense, Nuria Esparch, a promis qu'ils "ne resteraient pas impunis".

En 2003, la commission Vérité et Réconciliation (CVR) a chiffré à quelque 70 000 les morts ou disparus durant les 20 ans de conflit (1980-2000) entre l'armée et les guérillas du Sentier lumineux et du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA, guévariste).

Selon la CVR, le Sentier lumineux est responsable de 54 % des victimes de ce conflit interne. Parmi ses actions les plus sanglantes, l'assassinat en 1984 de 117 paysans de Soras, dans la région d'Ayacucho (sud), pour avoir refusé de soutenir le mouvement.

Le Pérou est un des premiers producteurs de coca et de cocaïne au monde avec la Colombie et la Bolivie.

Avec AFP

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