Présidentielle au Honduras : la droite au pouvoir reconnaît la victoire de Xiomara Castro

Xiomara Castro à Tegucigalpa, le 5 septembre 2021.
Xiomara Castro à Tegucigalpa, le 5 septembre 2021. © Fredy Rodriguez, Reuters

Alors que les résultats officiels complets de la présidentielle au Honduras se faisaient toujours attendre mardi soir, le parti de droite au pouvoir a reconnu la victoire de Xiomara Castro, candidate de la gauche amenée à devenir la toute première femme présidente du pays d'Amérique centrale.

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La droite au pouvoir au Honduras a reconnu, mardi 30 novembre, sa défaite à l'élection présidentielle où la candidate de la gauche, Xiomara Castro, devance d'une vingtaine de points son adversaire selon des résultats partiels.

"Je me suis réuni avec Xiomara et toute sa famille. Je suis allé chez elle pour la féliciter personnellement. (...) Je la félicite pour son triomphe et en tant que présidente élue, je souhaite que Dieu l'illumine et la guide pour que son gouvernement fasse ce qu'il y a de mieux", a déclaré le candidat du Parti national (PN, droite) au pouvoir, Nasry Asfura, dans un message vidéo.

Le PN continuera de "travailler avec force et depuis l'opposition pour prendre soin de la démocratie", a dit pour sa part le secrétaire du Comité central du parti, Kilvett Bertrand, sur la radio locale Radio América. "Vous pouvez constater le climat de paix et de tranquillité qu'il y a dans le pays", a-t-il souligné.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a quant à lui salué une élection "libre et juste" et félicité la gagnante. "Nous espérons travailler ensemble pour renforcer les institutions démocratiques, promouvoir la croissance économique et combattre la corruption", a-t-il tweeté.

Selon des résultats partiels portant sur 52,57 % des bulletins, Xiomara Castro, 62 ans, du Parti Liberté et Refondation (Libre) obtient 53,41 % des voix, loin devant Nasry Asfura (34,08 %). Si ce résultat se confirme, Xiomara Castro deviendra la toute première femme présidente du pays d'Amérique centrale.

"Réconciliation"

Depuis la clôture des bureaux de vote dimanche, le décompte des voix progresse lentement. Selon le Conseil national électoral (CNE), de nombreux procès verbaux arrivés sous forme physique doivent être désormais traités informatiquement, alors qu'une première moitié est arrivée directement sous format numérique.

Dès dimanche soir, Xiomara Castro, épouse de l'ancien président Manuel Zelaya, renversé en 2009 par un coup d'État, avait revendiqué la victoire. L'ancienne Première dame a promis de "former un gouvernement de réconciliation". 

"Polarisation intense"

Dans ce pays d'Amérique centrale de 10 millions d'habitants, en proie à la violence et à la pauvreté, la participation s'est établie à un niveau "historique" dépassant les 60 %, selon le CNE.

Mardi, dans une déclaration préliminaire, la mission d'observation de l'Union européenne a souligné que la "journée électorale avait été globalement calme et que la transmission des résultats s'est déroulée sans heurts jusqu'à présent". "En même temps, la période précédant les élections générales a été marquée par des niveaux sans précédent de violence politique et une polarisation intense", est-il écrit dans un communiqué. 

"Au moins six maires, candidats et militants ont été assassinés dans les semaines précédant les élections", a déclaré mardi depuis la capitale Tegucigalpa la cheffe de la mission européenne, Zeljana Zovko, lors d'une conférence de presse. 

La victoire annoncée de Xiomara Castro mettra fin à douze ans de règne du Parti national. Elle succèdera au président Juan Orlando Hernandez, qui termine son second mandat sur fond de soupçons de trafic de drogue.

Avec AFP

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