Armes à feu : une proposition de loi bipartisane présentée au Sénat américain

Une manifestation en faveur du contrôle des armes à feu, à Houston, au Texas, le 27 mai 2022.
Une manifestation en faveur du contrôle des armes à feu, à Houston, au Texas, le 27 mai 2022. © Patrick T. Fallon, AFP

Des sénateurs démocrates et républicains ont présenté, mardi, une proposition de loi contre les violences par arme à feu. Un texte qui reste très en deçà des mesures réclamées par le président Joe Biden mais constitue malgré tout une première depuis des décennies.

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Des sénateurs américains des deux bords ont dévoilé mardi 21 juin une proposition de loi visant à restreindre la violence par arme à feu après une série de fusillades meurtrières.

Il s'agit de "la législation contre la violence par arme à feu la plus importante en presque 30 ans", a tweeté le sénateur démocrate Chris Murphy. Ce texte de 80 pages "va sauver des milliers de vies", a-t-il ajouté.

L'initiative parlementaire avait été lancée après le massacre d'Uvalde, qui a fait 21 morts dont 19 enfants dans une école primaire du Texas fin mai, et celui de Buffalo dans l'État de New York, au cours duquel dix personnes noires ont été tuées dans un supermarché mi-mai.

Opposition de la NRA

Chuck Schumer, le chef des démocrates au Sénat, a lui aussi qualifié le texte d'"avancée". "Bien qu'il ne s'agisse pas de tout ce que nous voulions, cette législation est nécessaire de toute urgence", a-t-il dit dans un communiqué.

Le républicain John Cornyn, qui a travaillé avec Chris Murphy sur le projet, a affirmé que le texte visait à faire en sorte que les attaques comme celle d'Uvalde soient "moins susceptibles de se produire, tout en protégeant le deuxième amendement" de la Constitution, qui permet de détenir des armes à feu. "Je suis fier que cette proposition de loi sur la santé mentale et la sécurité scolaire n'impose AUCUNE NOUVELLE RESTRICTION aux propriétaires d'armes à feu respectueux des lois", a-t-il ajouté sur Twitter.

Mais la NRA, le lobby des armes, a aussitôt exprimé son opposition au texte, jugeant au contraire qu'il pourrait être utilisé pour "restreindre les achats d'armes légales". Le projet "laisse trop de latitude aux représentants de l'État et contient également des dispositions indéfinies et trop générales, invitant à une ingérence dans nos libertés constitutionnelles", a-t-elle dit dans un communiqué.

"Un pas de géant"

Les mesures proposées restent très éloignées de ce que voulait le président Biden, qui souhaitait notamment l'interdiction des fusils d'assaut. Le texte met en avant le soutien à des lois, État par État, qui permettraient de retirer des mains de personnes jugées dangereuses les armes qu'elles possèdent. Il entend aussi instaurer le renforcement de la vérification des antécédents judiciaires et psychologiques pour les acheteurs d'armes âgés de 18 à 21 ans ainsi qu'un meilleur contrôle de la vente illégale d'armes, et le financement de programmes dédiés à la santé mentale.

Joe Biden avait publiquement affiché son soutien aux militants contre la violence par arme à feu en listant les mesures qu'il souhaite voir adoptées mais qui sont absentes de l'accord entre les sénateurs : interdiction des fusils d'assaut et des chargeurs à grande capacité, vérifications des antécédents pour l'ensemble des acheteurs d'armes – et pas uniquement les moins de 21 ans –, obligation pour les particuliers de garder leurs armes sous clé.

Même si l'accord est limité, l'organisation Moms Demand Action, qui milite pour un encadrement plus strict des ventes d'armes, a estimé qu'il s'agissait d'un "pas de géant pour notre mouvement", promettant de se battre "jusqu'à ce qu'il soit adopté".

Avec AFP

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