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Reporters

Corée du Nord : enquête exclusive sur ces pêcheurs qui pillent les eaux voisines

Chaque année, lors de la saison de la pêche au calamar, des milliers de bateaux de fortune nord-coréens envahissent les eaux de l’Extrême-Orient russe et du Japon.
Chaque année, lors de la saison de la pêche au calamar, des milliers de bateaux de fortune nord-coréens envahissent les eaux de l’Extrême-Orient russe et du Japon. © Elena Volochine / France 24

Dans ce document exclusif de 35 minutes, nous vous proposons de lever le voile sur un phénomène de braconnage massif et méconnu qui touche une zone de l'Océan Pacifique vaste comme trois fois la France. Chaque année, une armada fantôme de navires nord-coréens envahit les eaux de l’Extrême-Orient russe et du Japon. De Vladivostok aux confins de la Corée du Nord, en passant par la Chine, notre reporter Elena Volochine a remonté les filières de la pêche illégale du pays le plus fermé du monde, la Corée du Nord.

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Chaque année, lors de la saison de la pêche au calamar, entre juin et octobre, des milliers de bateaux de fortune envahissent les eaux des zones économiques exclusives du Japon et de la Russie. Ces grossières barques en bois, faites de planches cloutées recouvertes de goudron, avec des hélices en plastique et des pierres en guise d'ancres, appartiennent à la flottille de la secrète Corée du Nord. Son leader, Kim Jong-Un, aurait ordonné à son peuple de pêcher toujours plus pour nourrir le pays, étouffé par les sanctions internationales.

Sur les rives russes et japonaises, les habitants locaux trouvent de plus en plus de "ghost ships", ces épaves échouées. Parfois, il leur arrive même de ramasser des cadavres de pêcheurs rejetés par la mer... Ici, personne ne comprend pourquoi les braconniers nord-coréens affrontent la haute mer sur des embarcations d’un autre âge, au péril de leur vie.

Les pêcheurs de l'Extrême-Orient russe, eux, ne décolèrent pas : alors que leur activité est rigoureusement réglementée par des quotas, les flottilles nord-coréennes viennent piller leurs ressources halieutiques sans vergogne, au nez et à la barbe des autorités... Comment sont organisées ces filières de braconnage ? Qui les dirige et qui les couvre ? 

Échange de bons procédés

Notre enquête nous mène en Chine, notamment à Dandong, ville frontalière de la Corée du Nord, où, en violation des sanctions internationales, des agents nord-coréens vendent illégalement des licences de pêche aux bateaux chinois, pour le compte du gouvernement de Pyongyang.

Grande consommatrice de poissons et de fruits de mer, la Chine a en effet a épuisé ses ressources par une surpêche incontrôlée. Chaque année, environ deux mille chalutiers chinois partent ainsi pêcher le long des côtes nord-coréennes en toute impunité.

Et si la Corée du Nord, en retour, envoie ses pêcheurs braconner dans les eaux étrangères, c'est pour préserver ses propres ressources halieutiques et les vendre à prix d’or à son principal partenaire commercial, la Chine. Elle s'assure ainsi un revenu en devises, vital pour son économie, et dont elle est privée depuis les sanctions de 2017.

Ce reportage est le fruit d'une enquête de plusieurs mois, qui mène aux confins de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord. En remontant les réseaux de braconnage, notre reporter a mis au jour les rouages d’une économie souterraine impliquant des États pourtant signataires, à l'ONU, de sanctions économiques à l’encontre de Pyongyang… 

Ce document exceptionnel lève un peu plus le voile sur le fonctionnement du régime le plus fermé au monde, qui n'hésite pas à sacrifier sa population au profit de sa propre survie.

 

Un grand reportage coproduit avec Arte.

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