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Afghanistan : des explosions meurtrières secouent le centre de Kaboul

Un missile a dévasté le quartier de Khair Khanna, dans Kaboul, la capitale afghane, le 21 novembre 2020.
Un missile a dévasté le quartier de Khair Khanna, dans Kaboul, la capitale afghane, le 21 novembre 2020. © Wakil Kohsar, AFP
6 mn

Au moins huit personnes sont mortes après des tirs de roquettes qui ont explosé dans le centre de Kaboul. L'organisation État islamique a revendiqué ces attaques dans un communiqué, affirmant avoir ciblé la Zone verte qui abrite la présidence afghane et plusieurs ambassades occidentales.

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Des roquettes qui se sont abattues dans le centre de Kaboul en Afghanistan, ont au moins huit morts samedi 20 novembre. Les projectiles ont atterri près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales, ont indiqué des sources gouvernementales.

"Vers 8 h 40 ce matin, les terroristes ont tiré 23 roquettes sur la ville de Kaboul. Selon les informations initiales, huit personnes ont été tuées et 31 autres blessées", a déclaré le porte-parole du ministre de l'Intérieur Tariq Arian. Le porte-parole de la police de la capitale afghane, Ferdaws Faramarz, a confirmé ces détails et ce bilan.

Des photos sur les réseaux sociaux semblent montrer des dommages sur le mur extérieur d'un vaste complexe médical. Les explosions se sont produites dans des zones densément peuplées, notamment à proximité de la Zone verte centrale et dans un quartier du nord.  

L'organisation État islamique (EI) a revendiqué ces tirs de roquettes dans un communiqué publié sur ses chaînes Telegram.

Avec "28 roquettes Katioucha", les "soldats du califat ont pris pour cible la Zone verte (...) où se trouvent le bâtiment de la présidence afghane, les ambassades des pays croisés, et les sièges des forces afghanes", affirme le communiqué de l'organisation jihadiste.

"Nous ne tirons pas à l'aveugle sur des lieux publics" 

Des responsables du gouvernement afghan avaient auparavant accusé les talibans. Zabihullah Mujahid, porte-parole des insurgés, a cependant déclaré que l'attaque n'avait "rien à voir" avec le groupe. "Nous ne tirons pas à l'aveugle sur des lieux publics", a-t-il ajouté. 

Ross Wilson, le chargé d'affaires américain à Kaboul, a quant à lui condamné l'attaque sur Twitter. "Les États-Unis vont continuer à travailler avec nos partenaires afghans pour éviter ce type d'attaques", a-t-il écrit.  

L'ambassade iranienne a annoncé sur Twitter que son bâtiment principal avait été endommagé par les fragments de roquette, mais qu'aucun de ses employés n'a été blessé.  

Le ministère afghan de l'Intérieur a par ailleurs déclaré que deux petites explosions de "bombe collante" avaient été signalées plus tôt samedi matin, dont une qui a frappé une voiture de police, tuant un policier et en blessant trois autres. 

Visite de Mike Pompeo 

L'attaque survient avant les rencontres prévues samedi à Doha, capitale du Qatar, entre le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan, qu'il doit voir séparément. Une vague de violence secoue l'Afghanistan depuis des mois. 

Les Talibans se sont engagés à ne pas attaquer les zones urbaines aux termes d'un accord de retrait de l'armée américaine, mais les autorités de Kaboul ont accusé les insurgés ou leurs épigones d'autres attaques récentes dans la capitale. 

Plus tôt dans la semaine, le Pentagone a annoncé le retrait prochain de quelque 2 000 soldats d'Afghanistan, accélérant ainsi le calendrier établi lors d'un accord signé en février à Doha entre Washington et les talibans qui entérinait le retrait complet des troupes à la mi-2021. 

Le président Donald Trump a promis à plusieurs reprises de mettre fin aux "guerres sans fin", y compris en Afghanistan, la plus longue intervention de l'histoire américaine, lancée après les attentats du 11 septembre 2001. 

Le président élu Joe Biden, sur un rare terrain d'entente avec Donald Trump, souhaite également mettre fin à la guerre en Afghanistan. 

Négociations 

Les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan ont lancé des pourparlers de paix à la mi-septembre, au Qatar, mais les progrès ont été lents. 

Des responsables ont toutefois déclaré à l'AFP vendredi qu'une percée devrait être annoncée dans les prochains jours. 

Au cours des six derniers mois, les talibans ont mené 53 attentats-suicides et déclenché 1 250 explosions, qui ont fait 1 210 morts et 2 500 blessés parmi les civils, a déclaré cette semaine le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Tariq Arian. 

Avec AFP

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