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Téhéran échange une prisonnière Australo-Britannique contre trois Iraniens

Capture d'écran de la télévision iranienne montrant Kylie Moore-Gilberton le 25 novembre 2020.
Capture d'écran de la télévision iranienne montrant Kylie Moore-Gilberton le 25 novembre 2020. © Agence Irib via AFP
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L'Iran a relâché mercredi la chercheuse australo-britannique Kylie Moore-Gilbert, qui a salué la fin d'une "épreuve longue et traumatisante". Sa libération, après une condamnation à dix ans de prison pour intelligence avec Israël, une accusation qu'elle nie, s'est faite en échange, selon Téhéran, de trois Iraniens.

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La chercheuse australo-britannique Kylie Moore-Gilbert, condamnée pour espionnage au profit d'Israël, a salué mercredi 25 novembre la fin de son calvaire après sa libération acceptée par Téhéran en échange de trois Iraniens "détenus à l'étranger".

Après plus de 800 jours de détention, cette spécialiste du Moyen-Orient a reconnu que son départ d'Iran serait "doux amer" en dépit des "injustices" subies. "Je suis venu en Iran en amie, avec de bonnes intentions", a-t-elle affirmé dans un communiqué publié par le gouvernement australien, dans lequel elle rend aussi hommage aux Iraniens "chaleureux de cœur, généreux et braves". La chercheuse a aussi salué dans ce texte la fin d'une "épreuve longue et traumatisante", ajoutant que le soutien qu'elle a reçu en détention "était ce qui comptait le plus pour" elle.

Sa famille et ses proches ont fait part dans un communiqué de leur immense soulagement après les premières images montrant la jeune femme depuis sa libération, diffusées par la télévision iranienne d'État.

"Calvaire"

Selon ces images, Kylie Moore-Gilbert est vue à l'aéroport de Téhéran aux côtés de l'ambassadrice d'Australie en Iran, Lyndall Sach. Le Premier ministre australien Sott Morrison, qui s'est entretenu avec la chercheuse, a salué cette libération. "C'est une personne extraordinairement forte, intelligente et courageuse, capable de dépasser ce calvaire", a-t-il déclaré à la télévision Channel 9.

"Un homme d'affaires et deux citoyens iraniens, détenus à l'étranger sur la base de fausses accusations ont été libérés en échange d'un espion de double nationalité travaillant pour le compte du régime sioniste", avait annoncé plus tôt Iribnews, site internet de la télévision d'État, en donnant le nom de Kylie Moore-Gilbert.

Iribnews a publié une vidéo sans commentaire montrant trois hommes non identifiables accueillis avec les honneurs par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ainsi que les quelques plans de Kylie Moore-Gilbert à l'aéroport.

Mais selon le Sydney Morning Herald, il s'agit de Mohamad Khazaei, Masoud Sedaghat Zadeh et de Saeed Moradi. Ces trois hommes sont emprisonnés en Thaïlande depuis une tentative manquée d'assassinat de diplomates israéliens en 2012. Saeed Moradi a perdu ses deux jambes dans l'explosion manquée, qui ciblait ces diplomates.

"Bonne nouvelle"

L'arrestation de Kylie Moore-Gilbert, enseignante trentenaire en études islamiques à l'université de Melbourne (Australie), avait été confirmée en septembre 2019. Selon sa famille, elle avait été incarcérée plusieurs mois auparavant. Condamnée à 10 ans de prison pour intelligence avec Israël, la jeune femme a toujours nié être une espionne.

"Une bonne nouvelle en provenance d'Iran, c'est rare", a réagi l'organisation de défense des droits humains Amnesty International sur Twitter. "C'est un énorme soulagement d'entendre parler de sa libération."

La presse iranienne a très peu écrit sur Kylie Moore-Gilbert et le peu d'informations disponibles sur elle provient surtout des autorités australiennes, de sa famille et de journaux britanniques ou australiens. Selon le quotidien britannique The Guardian, elle aurait été arrêtée en septembre 2018 à l'aéroport de Téhéran après avoir participé à une conférence académique en Iran.

"Prisonnière politique innocente"

Dans des lettres sorties clandestinement de prison et publiées en janvier par le Guardian et le Times, elle disait avoir refusé une offre des Iraniens d'espionner pour leur compte. "Je ne suis pas une espionne. Je n'ai jamais été une espionne", écrivait-elle. 

Se sentant "abandonnée et oubliée", Kylie Moore-Gilbert évoquait également dans ces missives écrites entre juin et décembre 2019 une existence précaire et faite de privations, sans visites ni appels, ainsi que des problèmes de santé récurrents.

Signant "une prisonnière politique innocente", elle demandait à être transférée dans la section générale des femmes de la prison d'Evine à Téhéran, après des mois en isolement dans une petite cellule éclairée en permanence ayant "porté gravement atteinte" à sa santé.

Avec Fariba Adelkhah

Finalement transférée dans cette section, elle y a côtoyé l'universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah et l'Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe. Son comité de soutien a indiqué fin octobre qu'elle avait été transférée à la prison pour femmes de Qarchak, réservées aux détenues de droit commun, avant d'être renvoyée à Evine.

Détenue depuis juin 2019 et condamnée à cinq ans de prison pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale" et "propagande contre le système" politique de la République islamique - des accusations qu'elle nie -, Fariba Adelkhah est détenue à domicile sous contrôle d'un bracelet électronique depuis début octobre.

Depuis plusieurs mois, c'est également la situation de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, menacée d'un nouveau procès après avoir été condamnée à cinq ans de prison sur une accusation de complot contre la sûreté nationale, qu'elle nie.

Au cours des derniers mois, l'Iran a procédé à plusieurs échanges de prisonniers avec des pays détenant des ressortissants iraniens condamnés, en attente de procès, ou menacés d'extradition vers les États-Unis.

Avec AFP

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