Covid-19 : l'OMS commence sa mission en Chine, Washington veut une enquête "poussée"

Les membres de l'équipe de l'OMS chargée d'enquêter sur les origines de la pandémie de Covid-19 quittent l'hôtel Jade après avoir terminé leur quarantaine à Wuhan, dans la province chinoise du Hubei central, le 28 janvier 2021.
Les membres de l'équipe de l'OMS chargée d'enquêter sur les origines de la pandémie de Covid-19 quittent l'hôtel Jade après avoir terminé leur quarantaine à Wuhan, dans la province chinoise du Hubei central, le 28 janvier 2021. © Hector Retamal, AFP
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L'équipe de l'OMS envoyée en Chine est sortie de quarantaine, jeudi, et va pouvoir entamer ses investigations sur le terrain. Washington a réclamé une enquête "claire et poussée" sur les origines de la pandémie de Covid-19 ; Pékin a répondu en dénonçant "une ingérence politique".

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Fin de quarantaine pour l'équipe de l'OMS. Les dix enquêteurs internationaux de l'équipe onusienne sont sortis de leur hôtel, jeudi 28 janvier, pour commencer leur travail et remonter aux origines du Covid-19. Ils étaient arrivés le 14 janvier à Wuhan, ville considérée pour le moment comme le point de départ de la pandémie.

Jeudi matin, une équipe de l'AFP tenue à bonne distance a pu voir les enquêteurs monter à bord d'un autocar les attendant à la sortie de l'hôtel où ils étaient confinés. Le véhicule les a emmenés vers un autre établissement d'une grande chaîne internationale.

L'équipe de l'OMS va pouvoir participer à des séminaires et effectuer des visites de terrain, a précisé devant la presse le ministère chinois des Affaires étrangères.

L'enquête, que la Chine a mis plus d'un an à organiser, est d'une extrême sensibilité pour le régime communiste, qui cherche à écarter toute responsabilité dans le déclenchement de l'épidémie. Alors que le pays est arrivé à enrayer la contagion sur son sol, le virus s'est répandu à la surface du globe, tuant plus de 2,1 millions de personnes.

Le bilan officiel chinois fait état très exactement de 4 636 morts, dont la grande majorité à Wuhan (près de 3 900), ville mise en quarantaine pour 76 jours à partir du 23 janvier 2020.

Les experts du gouvernement chinois avaient dans un premier temps expliqué que l'épidémie était apparue dans un marché de Wuhan, où étaient vendus vivants des animaux sauvages. Le virus aurait ainsi été transmis de la chauve-souris à une autre espèce animale avant de se communiquer à l'homme.

"Toutes les hypothèses sont sur la table"

Le marché en question est fermé depuis plus d'un an et dissimulé derrière une longue palissade bleue.

Mais les médias chinois, contrôlés par le Parti communiste au pouvoir, ont progressivement évacué cette théorie pour une autre, non démontrée, selon laquelle le virus aurait pu être importé en Chine, notamment dans de la viande congelée.

L'OMS a écarté la thèse d'une contamination par l'alimentation mais de nombreux Chinois semblent à présent convaincus que la pandémie est d'origine américaine.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a lui-même suggéré sans preuve l'an dernier que le virus aurait pu être introduit à Wuhan fin 2019 par des soldats américains venus participer à une compétition sportive.

Hors de Chine, diverses théories ont également circulé, notamment celle d'une transmission du virus, accidentellement ou non, à partir du laboratoire de virologie de Wuhan, où étaient fabriqués expérimentalement des coronavirus. Le laboratoire comme le gouvernement chinois ont fermement démenti cette hypothèse, évoquée notamment par l'ancien président américain Donald Trump.

Pour l'heure, l'OMS se garde bien de trancher. "Toutes les hypothèses sont sur la table. Il est clairement trop tôt pour parvenir à une conclusion sur l'endroit où est né ce virus, que ce soit en Chine ou hors de Chine", a déclaré la semaine dernière à Genève le directeur chargé des questions d'urgence sanitaire à l'OMS, Michael Ryan.

Un avertissement de Washington qui froisse Pékin

Le programme des chercheurs n'est pas connu et rien ne garantit qu'ils pourront visiter le laboratoire de virologie, pas plus que le marché au centre des premières hypothèses. Mais après plus d'un an, nombre de spécialistes redoutent que peu de traces de l'origine du virus restent à découvrir.

Alors que l'OMS a été accusée par Donald Trump d'être aux ordres de Pékin, la nouvelle administration américaine a plaidé mercredi pour que l'enquête internationale soit "claire et poussée". "Il est impératif que nous allions au fond des choses dans l'apparition de la pandémie en Chine", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. Washington évaluera "la crédibilité du rapport d'enquête une fois terminé", a-t-elle averti.

Pékin a mal pris cet avertissement, la diplomatie chinoise rejetant "une ingérence politique" qui risque de mettre en danger "la recherche de résultats scientifiques sérieux".

Outre les aspects scientifiques, Pékin a été accusé d'avoir tardé à réagir aux premiers cas de contamination découverts à Wuhan en décembre 2019, voire encore plus tôt. La semaine dernière, un comité mandaté par l'OMS a estimé que "des mesures de santé publique auraient pu être appliquées plus énergiquement par les autorités chinoises locales et nationales en janvier" 2020.

Des familles de victimes du Covid-19 ont accusé Pékin de chercher à les empêcher d'entrer en contact avec les représentants de l'OMS et appelé ces derniers à ne pas se laisser berner.

La durée de l'enquête n'est pas connue mais la Chine entrera le 11 février dans son long congé du Nouvel An lunaire, lorsque le pays se met virtuellement à l'arrêt pendant au moins une semaine.

Avec AFP

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