Après le coup d’État en Birmanie, une pluie de condamnations internationales

Depuis l'annonce d'un possible coup d'État en Birmanie, des Birmans résidant au Japon ont manifesté leur indignation, à Tokyo, le 1er février 2021.
Depuis l'annonce d'un possible coup d'État en Birmanie, des Birmans résidant au Japon ont manifesté leur indignation, à Tokyo, le 1er février 2021. © Issei Kato, Reuters

Le coup d'État qui aurait été perpétré lundi en Birmanie par l'armée, qui a arrêté la cheffe de facto du gouvernement civil Aung San Suu Kyi et d'autres dirigeants, a entraîné une pluie de condamnations à travers le monde, États-Unis en tête.

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Des États-Unis à Singapour, en passant par les Nations unies. Le coup d'État qui aurait été perpétré lundi 1er février en Birmanie, avec l'arrestation par l'armée de cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi et d'autres dirigeants, a entraîné de nombreuses condamnations de la part de pays et organes internationaux.

  • France

Paris a demandé la libération immédiate et sans condition d'Aung San Suu Kyi dans un communiqué du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. "Cette arrestation, ainsi que le transfert des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires à l’armée constituent une inacceptable remise en cause du processus démocratique engagé depuis une dizaine d’années", a déclaré le chef de la diplomatie française.

"La France appelle au strict respect des résultats des élections du 8 novembre et se tient résolument aux côtés du peuple birman dans sa volonté de démocratie et de liberté exprimée dans les urnes", ajoute-t-il.

  • États-Unis

Le président américain Joe Biden a appelé lundi l'armée birmane à rendre "immédiatement" le pouvoir, menaçant de réimposer les sanctions levées au cours de la décennie écoulée. "La communauté internationale doit parler d'une seule voix pour exiger de l'armée birmane qu'elle rende immédiatement le pouvoir", a indiqué le locataire de la Maison Blanche. 

Washington, comme d'autres pays occidentaux, avait exhorté l'armée, le 29 janvier, à "adhérer aux normes démocratiques", alors que le chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing avait déclaré que la constitution du pays pouvait être "révoquée" dans certaines circonstances.

  • Royaume-Uni

Du côté de l'ancien empire colonial britannique, le Premier ministre, Boris Johnson, a condamné dans un tweet le coup d'État perpétré lundi en Birmanie par l'armée et a réclamé la libération des "dirigeants civils arrêtés". "Je condamne le coup d'État en Birmanie et l'emprisonnement illégal de civils, dont Aung San Suu Kyi", a écrit le dirigeant britannique. "Le vote de la population doit être respecté et les dirigeants civils doivent être libérés".

"L'Assemblée nationale doit se réunir à nouveau pacifiquement", a ajouté dans un tweet le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab.

  • Japon

Le gouvernement japonais a appelé lundi les militaires birmans à libérer Aung San Suu Kyi et à rétablir la démocratie dans le pays. "Nous demandons la libération des parties prenantes, y compris la conseillère d'État Aung San Suu Kyi qui a été arrêtée aujourd'hui", a indiqué le ministère japonais des Affaires étrangères dans une déclaration exhortant "l'armée nationale à rétablir rapidement le système politique démocratique" en Birmanie.

Le Japon entretient depuis longtemps des liens étroits avec la Birmanie, offrant de l'aide et des investissements privés. Des Birmans vivant au Japon se sont également rassemblés à Tokyo contre le coup d'État.

  • Chine

La Chine, grand partenaire commercial de la Birmanie, a également réagi en appelant lundi les acteurs politiques en Birmanie à "régler leurs différends" dans un cadre légal et constitutionnel. "Nous espérons que toutes les parties prenantes en Birmanie vont régler leurs différends dans le cadre de la constitution et des lois afin de maintenir la stabilité politique et sociale", a déclaré Wang Wenbin, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

  • Thaïlande

Du côté de la Thaïlande voisine, le vice-Premier ministre Prawit Wongsuwan a déclaré que "ce sont leurs affaires internes", en répondant à des questions des journalistes au sujet du coup d'État. La Thaïlande est également dirigée par un membre de l'armée, le général Prayuth Chan-o-cha. Le Cambodge et les Philippines ont fait des commentaires similaires.

  • Bangladesh

Le Bangladesh a lui émis un commentaire différent. "En tant que voisin immédiat et amical, nous aimerions voir la paix et la stabilité en Birmanie", assure le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés rohingyas venus de Birmanie. "Nous espérons que le processus démocratique et les dispositions constitutionnelles seront maintenus en Birmanie."

  • Turquie

Le gouvernement turc, lui-même cible d'une tentative de putsch en 2016, "condamne fermement la prise de pouvoir par l'armée birmane" et souhaite "la libération immédiate des dirigeants élus, des responsables politiques et des civils arrêtés", selon le ministère des Affaires étrangères. Il espère que ce développement "ne va pas faire empirer la situation des Rohingyas musulmans vivant dans de dures conditions en Birmanie".

  • Allemagne

"Les actions militaires compromettent les progrès réalisés jusqu'à présent vers un changement démocratique" en Birmanie, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, dans un communiqué. Il a appelé les militaires à libérer immédiatement les membres du gouvernement et du Parlement arrêtés, dont Aung San Suu Kyi.

  • Australie 

"Nous appelons l'armée à respecter l'État de droit, à résoudre les différends par des mécanismes légaux et à libérer immédiatement tous les dirigeants [politiques] issus de la société civile et les autres personnes détenues illégalement", a déclaré la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne. 

  • Russie

"Nous suivons très attentivement et nous analysons la situation en Birmanie", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il "est trop tôt pour en donner une évaluation".

  • Organisation des Nations unies (ONU)

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné "fermement" dans un communiqué l'arrestation par l'armée d'Aung San Suu Kyi et d'autres dirigeants politiques. Avec "la déclaration du transfert de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires aux militaires", "ces développements portent un coup dur aux réformes démocratiques en Birmanie", a-t-il ajouté. 

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra en outre une réunion d'urgence mardi matin sur la situation en Birmanie, indique un programme de travail de l'actuelle présidence britannique de cette instance, approuvé lundi par ses membres.

  • Union européenne

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a "fermement" condamné dans un tweet le coup d'Etat et réclamé la libération de "tous ceux qui ont été illégalement détenus". "Je condamne fermement le coup d'État en Birmanie et appelle les militaires à libérer tous ceux qui ont été illégalement détenus lors de raids à travers le pays. Le résultat des élections doit être respecté et le processus démocratique doit être rétabli", a-t-il écrit.

  • Inde

"Nous avons observé avec une profonde inquiétude les événements en Birmanie. L'Inde a toujours apporté un soutien constant au processus de transition démocratique en Birmanie. Nous pensons que l'État de droit et le processus démocratique doivent être respectés", a réagi le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

  • Singapour

Le ministère des Affaires étrangères de Singapour a exprimé sa "sérieuse inquiétude" concernant la situation en Birmanie, espérant que toutes les parties "feraient preuve de retenue".

  • Canada

L'armée birmane "a rédigé la Constitution de cette manière pour qu'ils puissent le faire", a déclaré Bob Rae, l'ambassadeur du Canada auprès des Nations unies sur Twitter. "La Constitution de 2008 a été spécifiquement conçue pour garantir que le pouvoir militaire soit profondément ancré et protégé", a-t-il déclaré.

  • Le comité Nobel 

Le comite Nobel norvégien s'est dit lundi "scandalisé par le coup d'État militaire et l'arrestation de la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, du président Win Myint et d'autres responsables politiques", a-t-il indiqué dans une déclaration à l'AFP. Aung San Suu Kyi avait été distinguée par le comité en 1991.

Avec AFP et Reuters

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