JO de Tokyo : le président du comité organisateur contraint aux excuses après des propos sexistes

Yoshiro Mori, président du comité organisateur des Jeux olympiques de Tokyo, lors de la conférence de presse du 4 février 2021.
Yoshiro Mori, président du comité organisateur des Jeux olympiques de Tokyo, lors de la conférence de presse du 4 février 2021. © Kim Yung-Hoon, AFP
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Le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Tokyo, Yoshiro Mori, s'est excusé jeudi pour des propos sexistes tenus la veille. Il a toutefois exclu de démissionner malgré le tollé.

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Des propos "inappropriés" et contraires à l'esprit des Jeux olympiques et paralympiques". Yoshiro Mori, président du comité d'organisation des JO de Tokyo, a été contraint de s'excuser jeudi 4 février pour des propos sexistes qu'il avait tenus la veille, tout en écartant l'idée de démissionner, malgré le flot de critiques dont il est l'objet au Japon.

Ces déclarations "allaient à l'encontre de l'esprit des Jeux olympiques et paralympiques" et étaient par conséquent "inappropriées", a-t-il reconnu Mori lors d'une conférence de presse à Tokyo.

"Je voudrais retirer ce que j'ai dit", a-t-il ajouté, disant vouloir s'excuser "auprès de tous ceux qui se sont sentis offensés".

"Je n'ai pas l'intention de démissionner", a-t-il cependant affirmé, rappelant son "sacrifice personnel pendant sept ans" au service de l'organisation des JO-2020, reportés d'un an à cet été (23 juillet-8 août) en raison de la pandémie de Covid-19.

Le Comité international olympique (CIO) "considère que l'affaire est close", puisque le patron des Jeux "s'est excusé", a indiqué jeudi un porte-parole à l'AFP.

Clichés sexistes et femmes qui "restent à leur place"

Mercredi, cet ancien éphémère Premier ministre (2000-2001), âgé de 83 ans, s'était plaint que "les conseils d'administration avec beaucoup de femmes prennent beaucoup de temps", car elles ont selon lui "du mal à finir" leurs interventions, avait rapporté le journal nippon Asahi.

"Les femmes ont l'esprit de compétition. Si l'une lève la main [pour intervenir, NDLR], les autres croient qu'elles doivent s'exprimer aussi. C'est pour ça que tout le monde finit par parler", avait-il devisé lors d'une réunion qui était ouverte à la presse.

Yoshiro Mori s'était aussi félicité que les femmes membres du comité d'organisation Tokyo-2020 sachent "rester à leur place".

L'affaire est remontée jeudi jusqu'au Premier ministre japonais, Yoshihide Suga, qui a été hué par l'opposition au Parlement pour avoir d'abord déclaré qu'il n'était "pas au courant des détails".

De tels propos "ne devraient pas être permis", a fini par lâcher Yoshihide Suga.

La ministre japonaise des Jeux olympiques, Seiko Hashimoto, a souhaité avoir une "franche discussion" avec Yoshiro Mori, rappelant devant les médias que l'égalité hommes-femmes était un principe au cœur de l'olympisme.

Des excuses maladroites

Face au feu roulant des questions des journalistes lors de sa conférence de presse, Yoshiro Mori est apparu sur la défensive et maladroit.

Ainsi, quand un journaliste lui a demandé s'il pensait que d'une manière générale les femmes parlaient trop, Yoshiro Mori a répété : "C'est ce que j'entends souvent".

"Je n'en sais rien, car je ne parle pas souvent avec des femmes ces derniers temps", a-t-il encore plaidé, lançant aussi aux journalistes, avec agacement : "Vous me posez toutes ces questions parce que vous voulez écrire des histoires amusantes, n'est-ce pas?".

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Yoshiro Mori avait affirmé jeudi matin à un journal nippon avoir "parlé sans réfléchir" la veille, et avoir été "grondé" par sa femme et sa fille notamment.

"J'essayais de dire que je m'interrogeais sur l'opinion générale selon laquelle on doit augmenter le nombre de femmes" dans les instances exécutives, mais "je ne voulais pas être méprisant envers les femmes", avait-il encore expliqué au quotidien japonais Mainichi.

Il s'était exprimé mercredi devant des membres du comité olympique japonais, qui avait annoncé l'an dernier son souhait d'avoir un conseil d'administration composé à 40 % de femmes, contre 20 % actuellement.                

Le sexisme, problème structurel au Japon

Les déclarations de Yoshiro Mori sur les femmes ont provoqué des réactions outrées sur les réseaux sociaux au Japon, avec les mots-dièse "ça suffit", "misogynie" ou "nous exigeons la démission de Yoshiro Mori" parmi les tendances jeudi sur Twitter.

Renho Murata, une figure de l'opposition parlementaire au Japon qui n'utilise que son prénom dans sa carrière politique, a qualifié de "honteux" les propos de Yoshiro Mori, tandis que Kaori Yamaguchi, ancienne judokate et membre du comité olympique japonais, les a jugés "malheureux".

Yoshiro Mori, connu pour avoir déjà commis de nombreux impairs notamment quand il était Premier ministre, avait provoqué en début de semaine une autre polémique en clamant que les JO de Tokyo se tiendraient cet été "quoi qu'il arrive" concernant l'évolution de la crise sanitaire dans le monde.

Jeudi, un comique japonais populaire, Atsushi Tamura, a annoncé qu'il renonçait à participer au relais de la flamme olympique après les propos péremptoires de Yoshiro Mori sur les Jeux, "incompréhensibles" selon lui au regard de la gravité actuelle de la pandémie, y compris dans l'archipel nippon.

Le Japon est à la traîne en matière d'égalité des sexes, se situant à une pénible 121e place sur 153 pays dans le dernier rapport sur les inégalités hommes-femmes du Forum économique mondial, et à la 131e place pour la proportion de femmes à des postes à responsabilité dans les entreprises, la politique et l'administration.

Avec AFP

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