Birmanie : répression sanglante à Rangoun, la junte déclare la loi martiale

Un manifestant blessé lors des heurts meurtriers dans la commune de Hlaing Tharyar à Rangoun, le 14 mars 2021.
Un manifestant blessé lors des heurts meurtriers dans la commune de Hlaing Tharyar à Rangoun, le 14 mars 2021. © AFP

La junte au pouvoir en Birmanie a imposé la loi martiale, dimanche soir, dans deux communes de l'agglomération de Rangoun, où au moins quinze personnes ont été tuées lors d'affrontements avec l'armée. Un bilan qui pourrait s'alourdir dans les prochaines heures.

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La répression bat son plein en Birmanie. Au moins 15 personnes sont mortes, dimanche 14 mars, dans des heurts entre forces de sécurité et manifestants à Rangoun.

Les affrontements les plus sanglants ont eu lieu dans la commune de Hlaing Tharyar, dans l'agglomération de Rangoun, où policiers et soldats ont ouvert le feu sur des manifestants armés de bâtons et de couteaux, qui se cachaient derrière des barricades de fortune.

"Je peux confirmer que 15 personnes sont mortes", a déclaré une femme médecin à l'AFP, ajoutant qu'elle avait traité une cinquantaine de personnes blessées et qu'elle s'attendait à ce que le nombre de morts augmente.

Selon le groupe de surveillance de l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui vérifie les arrestations et les décès depuis le coup d'État, le bilan serait de 38 morts pour la journée de dimanche.

Selon la télévision publique birmane, un policier a également trouvé la mort au cours d'une des journées les plus meurtrières depuis le putsch du 1er février.

Attaques contre les intérêts chinois

La junte a réagi dimanche soir en imposant la loi martiale dans les deux communes de Rangoun les plus touchés par les affrontements.

L'ambassade de Chine en Birmanie a réclamé la protection des biens et ressortissants chinois après l'incendie de deux usines textiles appartenant à des investisseurs chinois. Elle a ajouté que de nombreux employés avaient été blessés. Pékin est perçu par les manifestants antijunte comme l'un des rares soutiens internationaux des militaires birmans.

Des scènes de chaos similaires se sont déroulées tout au long de la journée dans d'autres régions du pays, avec une personne tuée par balle dans la ville de Hpakant, dans le Nord, et une femme tuée d'une balle dans la tête à Mandalay, la deuxième ville birmane.

L'ONU dénonce un "bain de sang"

L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, a "vigoureusement" dénoncé dimanche le "bain de sang" en cours dans ce pays.

"La communauté internationale, et notamment les acteurs régionaux, doivent s'unir en solidarité avec le peuple birman et ses aspirations démocratiques", a-t-elle ajouté.

La diplomate a précisé avoir reçu "personnellement de la part de contacts en Birmanie des comptes-rendus bouleversants sur des meurtres, des violences contre les manifestants, et la torture de prisonniers pendant le week-end".

Avec AFP et Reuters

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