Répression meurtrière en Birmanie : le chef de la junte sanctionné par l'UE

Un manifestant tient une pancarte montrant le général Min Aung Hlaing, et sur laquelle est écrit "meurtrier", durant une manifestation contre le coup d'État, le 9 mars 2021.
Un manifestant tient une pancarte montrant le général Min Aung Hlaing, et sur laquelle est écrit "meurtrier", durant une manifestation contre le coup d'État, le 9 mars 2021. © AFP

Le général Min Aung Hlaing à l'origine du coup d'État contre Aung San Suu Kyi, et dix autres personnalités ont été sanctionnés par l'Union européenne. Accusés d'avoir réprimé les manifestants prodémocratie dans le sang, ils voient leurs avoirs gelés en Europe et sont interdits de transiter par l'UE. 

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L'Union européenne a sanctionné, lundi 22 mars, le chef de la junte militaire au pouvoir en Birmanie, le général Min Aung Hlaing. Neuf des plus hauts gradés des forces armées et le président de la commission électorale figurent eux aussi sur une liste de personnalités sanctionnées pour la répression menée dans le pays depuis le coup d'État.

La décision a été prise au début d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles. Les sanctions consistent en une interdiction de se rendre ou de transiter par l'UE et un gel de leurs avoirs ou de leurs ressources, précise la déclaration officielle publiée par le Conseil européen.

Depuis le coup d'État des militaires birmans qui ont renversé la dirigeante civile Aung San Suu Kyi, le 1er février, plus de 2 600 personnes ont été arrêtées et quelque 250 tuées, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Le bilan des victimes pourrait être plus lourd, souligne cette organisation locale de défense des droits de l'homme.

Des sanctions à l'étude contre les entreprises dirigées par l'armée

Des mesures plus sévères sont attendues prochainement, notamment envers les entreprises dirigées par la junte. Des diplomates européens ont déclaré à Reuters que deux conglomérats appartenant à l’armée, Myanmar Economic Holdings Limited (MEHL) et Myanmar Economic Corporation (MEC), seraient probablement visés.

Ces conglomérats sont actifs dans tous les pans l'économie, de l'exploitation minière à l'industrie manufacturière, en passant par l'alimentation, l'hôtellerie, les télécommunications et la banque. Ils figurent parmi les plus gros contribuables du pays et ont cherché à nouer des partenariats avec des entreprises étrangères lors de la période de transition démocratique de la Birmanie.

En 2019, une mission d'enquête de l'ONU a recommandé l'adoption de sanctions à l'encontre des deux sociétés et de leurs filiales, estimant qu'elles offraient à l'armée des sources de revenus supplémentaires susceptibles de financer des violations des droits humains.

Avec AFP et Reuters

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