La Corée du Nord défie les États-Unis de Joe Biden en tirant deux missiles

Un drapeau nord-coréen à l'ambassade de Kuala Lumpur.
Un drapeau nord-coréen à l'ambassade de Kuala Lumpur. © Edgar Su, Reuters

Pyongyang a imposé dimanche un premier défi aux États-Unis de Joe Biden en tirant deux missiles de courte portée. De son côté, le gouvernement du nouveau président américain minimise ce geste, alors qu'il est en train de développer sa stratégie à l'égard de la Corée du Nord, après l'échec d'une diplomatie directe sous l'ère Trump.

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La Corée du Nord a tiré dimanche deux missiles, peu après une visite à Séoul de deux ministres américains – les premiers essais de ce genre depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche –, a déclaré mardi 23 mars un responsable américain. "Nous sommes au courant de deux missiles", a dit ce responsable à l'AFP, sous couvert de l'anonymat.

D'autres responsables de l'administration Biden ont tenu à affirmer qu'il s'agissait d'un système de "courte portée" classé "dans la catégorie des activités militaires normales du Nord". Ces tirs "ne sont pas sanctionnés par les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU contre le programme de missiles balistiques" de Pyongyang, a précisé l'un d'eux à des journalistes.

"La Corée du Nord a un menu bien connu de provocations lorsqu'elle veut adresser un message aux gouvernements américains – missiles balistiques de diverses portées, plateformes de lancement mobiles et sous-marines, essais nucléaires et thermonucléaires. Les experts ont constaté à raison que ce qui est arrivé ce week-end se trouvait tout en bas de ce spectre", a-t-il ajouté.

Les observateurs s'attendaient à un acte de défiance nord-coréen depuis l'arrivée du nouveau président américain en janvier. Contrairement à la plupart des tirs précédents, ceux-ci n'avaient pas été signalés sur le moment par la Corée du Sud, le Japon ou les États-Unis. Plusieurs experts ont estimé sur Twitter qu'il s'agissait probablement de missiles de croisière, réponse relativement modérée aux manœuvres militaires conjointes que viennent de mener Washington et Séoul.

Pas de contact pour l'instant

L'administration Biden a expliqué avoir immédiatement constaté les tirs de dimanche, mais n'avoir pas voulu "donner trop de publicité" à ce qu'elle ne considère pas être une provocation majeure.

Le gouvernement Biden est en train de développer sa stratégie à l'égard de la Corée du Nord, après la tentative de diplomatie directe de son prédécesseur Donald Trump avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui n'a permis aucune avancée sur la dénucléarisation du pays reclus.

Depuis février, la nouvelle administration américaine a tenté en vain d'entrer en contact avec la direction nord-coréenne.

La semaine dernière, la Corée du Nord a averti qu'elle ne changerait pas de position vis-à-vis des États-Unis tant qu'ils ne renonceraient pas à leur "politique hostile" envers elle, alors que les ministres américains des Affaires étrangères et de la Défense, Antony Blinken et Lloyd Austin, étaient à Séoul notamment pour renforcer les liens de Washington avec la Corée du Sud face à Pyongyang.

Avec AFP

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