Turquie : des peines de prison à vie pour le meurtre du journaliste Hrant Dink

Des manifestants réclament justice devant le tribunal d'Istanbul où se déroulait le procès des assassins de Hrant Dink, le 26 mars 2021.
Des manifestants réclament justice devant le tribunal d'Istanbul où se déroulait le procès des assassins de Hrant Dink, le 26 mars 2021. © Ozan Kose, AFP

Un tribunal d'Istanbul a condamné vendredi quatre personnes, dont deux anciens chefs de la police, à la prison à perpétuité pour le meurtre de Hrant Dink, un journaliste qui œuvrait à la réconciliation entre Turcs et Arméniens. Son assassinat en 2007 avait provoqué une onde de choc dans le pays.

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Le verdict est tombé mais de nombreuses zones d'ombre continuent de planer autour de l'affaire. Un tribunal d'Istanbul a condamné, vendredi 26 mars, quatre personnes, dont deux anciens chefs de la police, à la prison à vie à l'issue d'un procès lié à l'assassinat du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, un jugement qui n'a pas satisfait les proches de la victime.

Les ex-chefs de la police Ali Fuat Yilmazer et Ramazan Akyürek, ainsi que deux ex-responsables de la gendarmerie, Yavuz Karakaya et Muharrem Demirkale, ont été condamnés à la prison à perpétuité pour leur implication dans l'assassinat du journaliste en 2007 devant les locaux d'Agos, hebdomadaire bilingue turc-arménien qu'il dirigeait.

Mais de nombreux responsables, dont d'anciens chefs de la police d'Istanbul et de Trabzon (nord-est), accusés par la famille de la victime d'être impliqués, ont été acquittés pour "prescription des faits". Les avocats de la famille avaient soumis à la cour des éléments indiquant que ces chefs de la police avaient été informés du projet d'assassinat de Hrant Dink, mais n'ont pris aucune mesure pour l'empêcher. 

L'assassinat de Hrant Dink, à l'âge de 52 ans, avait secoué la Turquie. À Istanbul, plus de 100 000 personnes avaient défilé le jour des obsèques.

Hrant Dink œuvrait à la réconciliation entre Turcs et Arméniens, mais les nationalistes turcs lui reprochaient de parler ouvertement du génocide arménien de 1915, qu'Ankara refuse de reconnaître. Son assassin, Ogün Samast, mineur au moment des faits, a avoué le crime et a été condamné en juillet 2011 à 23 ans de prison.

"Justice partielle"

Pour des défenseurs des droits humains, le procès qui s'est achevé vendredi n'a pas permis d'élucider entièrement ce crime. "Certains responsables ne sont toujours pas poursuivis. Cette justice partielle rendue au bout de 14 ans laisse un goût amer", a réagi le représentant de l'ONG Reporters sans frontières en Turquie, Erol Önderoglu.

"Nous ne savons toujours pas exactement par quels mécanismes le crime a été décidé et commis", a dénoncé Bulent Aydin, du groupe "Les Amis de Hrant Dink".

Les autorités turques affirment que ce meurtre a été piloté par le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan après avoir longtemps été son allié.

Lors de la commémoration de l'assassinat en janvier dernier, la veuve du journaliste avait dénoncé une tentative d'occulter la responsabilité de l'État dans le crime. "Dire 'je ne l'ai pas commis, mais c'est (l'organisation de Gülen) qui l'a fait', c'est comme dire 'ce n'est pas moi, mais ma main le coupable'", avait déclaré Rakel Dink.

Avec AFP

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