En Indonésie, un attentat suicide vise une cathédrale après la messe des Rameaux

Une bombe est soupçonnée d'être à l'origine de l'explosion qui s'est produite dimanche près de la cathédrale de la ville indonésienne de Makassar.
Une bombe est soupçonnée d'être à l'origine de l'explosion qui s'est produite dimanche près de la cathédrale de la ville indonésienne de Makassar. © Antara Foto, Reuters

Deux individus sont soupçonnés d'avoir perpétré un attentat suicide, dimanche, à proximité de la cathédrale de la ville de Makassar, alors que se terminait la messe des Rameaux. Au moins 20 personnes ont été blessées, selon la police indonésienne.

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Au moins 20 personnes ont été blessées dimanche 28 mars dans un attentat suicide qui a visé la cathédrale de Makassar, dans l'est de l'Indonésie, après la messe des Rameaux, célébration qui marque pour les chrétiens le début de la Semaine sainte, ont annoncé les autorités indonésiennes.

L'extérieur de l'édifice du sud de l'île de Célèbes était jonché de morceaux de corps humains à la suite de cette puissante déflagration qui s'est produite vers 10 h 30 (3 h 30 GMT). 

"Deux personnes circulaient à moto quand l'explosion s'est produite au principal portail de l'église, les assaillants tentaient d'entrer dans le périmètre de l'église", a affirmé le porte-parole de la police nationale, Argo Yuwono. "La moto a été détruite et il y a des morceaux de corps."

Selon le ministre indonésien de coordination des Affaires politiques, juridiques et sécuritaires, Mahfud MD, les deux terroristes ont été tués dans l'attentat.

L'un des deux kamikazes faisait partie d'un mouvement radical qui soutient le groupe État islamique, déjà responsable d'attaques contre des églises dans le pays et aux Philippines, a annoncé la police.

"Il fait partie du JAD", a déclaré aux journalistes le chef de la police nationale, Listyo Sigit Prabowo, en référence au groupe Jamaah Ansharut Daulah. "Ce groupe fait également partie ou est lié à celui qui a mené une opération à Jolo aux Philippines" en 2019, a-t-il ajouté.

Inquiétude des minorités religieuses

Le dimanche des Rameaux marque l'entrée de Jésus-Christ dans Jérusalem, selon la tradition chrétienne, au début de la Semaine sainte conduisant à Pâques.

"Nous avions terminé la messe et les gens rentraient chez eux quand cela s'est produit", a déclaré à la chaîne Metro TV un homme présenté comme un prêtre, et identifié sous l'unique nom de Willem. Selon lui, un paroissien a tenté d'empêcher ce qu'il a décrit comme "un kamikaze" qui cherchait à entrer dans l'église. Il a ajouté qu'une dizaine de personnes avaient été blessées.

Les églises ont par le passé été la cible d'extrémistes en Indonésie, pays à majorité musulmane le plus peuplé au monde. En mai 2018, une famille de six personnes, dont deux filles de 9 et 12 ans et deux fils de 16 et 18 ans, avait déclenché des bombes contre trois églises de Surabaya, la deuxième ville du pays, tuant plus d'une dizaine de fidèles. Cette famille radicalisée était également liée au mouvement JAD soutenant le groupe État islamique, qui avait revendiqué les attaques.

La tradition de tolérance de l'Indonésie a été mise à l'épreuve ces dernières années par un développement des courants islamiques conservateurs, voire extrémistes, et les minorités religieuses, chrétiennes mais aussi bouddhistes et hindoues, s'inquiètent pour la coexistence religieuse.

Avec AFP

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