Covid-19 : l'OMS veut une enquête sur l'hypothèse d'une fuite depuis un laboratoire chinois

Cette photo prise le 6 février 2020 montre un technicien de laboratoire travaillant sur des échantillons de personnes à tester pour le Covid-19 au laboratoire "Fire Eye" à Wuhan, dans la province centrale chinoise du Hubei.
Cette photo prise le 6 février 2020 montre un technicien de laboratoire travaillant sur des échantillons de personnes à tester pour le Covid-19 au laboratoire "Fire Eye" à Wuhan, dans la province centrale chinoise du Hubei. © AFP (archives)

Alors que les experts de l'OMS publient leur rapport sur l'origine du Covid-19, le directeur de l'institution a dénoncé le manque d'accès des experts envoyés en mission en Chine à des données brutes. Il recommande une nouvelle enquête sur l'hypothèse d'une fuite du virus depuis un laboratoire chinois.

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Le patron de l'OMS a réclamé, mardi 30 mars, une nouvelle enquête avec des experts spécialisés sur l'hypothèse d'une fuite du virus ayant provoqué la pandémie de Covid-19 depuis un laboratoire de Wuhan. Il a critiqué le manque d'accès aux données brutes par les experts internationaux lors de leur mission en Chine en début d'année.

Bien que les experts, qui ont enquêté en janvier et février en Chine sur l'origine du virus, aient estimé que l'hypothèse d'une fuite d'un laboratoire soit la moins probable, "cela demande d'enquêter plus, probablement avec de nouvelles missions avec des experts spécialisés que je suis prêt à déployer", a assuré Tedros Adhanom Ghebreyesus lors du briefing qu'il a fait aux pays membres sur le rapport publié officiellement mardi.

Cette hypothèse que le virus Sars-Cov-2 ait pu s'échapper d'un laboratoire a été défendue avec force par l'administration américaine sous la présidence de Donald Trump, se basant sur les informations de ses services de renseignement. Mais la Chine a toujours nié cette possibilité.

Des difficultés d'accès aux données chinoises

Tedros Adhanom Ghebreyesus s'exprimait juste avant la conférence de presse de quelques-uns des experts internationaux qui se sont rendus en Chine, en janvier 2021, pour mener l'enquête plus d'un an après le début de la pandémie dans la métropole de Wuhan en décembre 2019.

Il a souligné également que les experts internationaux "avaient fait part de leur difficultés à accéder aux données brutes" pendant leur séjour en Chine. Une rare critique publique de la façon dont Pékin a géré cette enquête conjointe. 

Le chef de la délégation des experts internationaux, Peter Ben Embarek, a minimisé la chose en conférence de presse, affirmant qu'en Chine comme ailleurs, certaines données ne pouvaient être partagées pour des raisons de respect de la vie privée.

"Ce rapport est un début très important, mais ce n'est pas le mot de la fin", a souligné également le directeur général de l'OMS. 

Européens et Américains demandent le plein accès aux données

Ce rapport de l'OMS est "un premier pas utile" mais des "investigations supplémentaires devront être poursuivies", a estimé pour sa part l'Union européenne. "Cela impose d'avoir encore accès en temps utile à tous les lieux appropriés, et à toutes les données humaines, animales et environnementales disponibles", y compris concernant "les tout premiers cas détectés de Covid-19", a indiqué l'UE dans un communiqué.

"Tout en regrettant le démarrage tardif de l'enquête, le retard dans le déploiement des experts [en Chine] et la disponibilité limitée des spécimens et données" remontant aux débuts de la pandémie, "nous considérons le travail accompli (...) comme un premier pas utile", ont toutefois précisé les Européens. 

Quant aux États-Unis, dans une déclaration commune aux côtés de seize de leurs alliés (dont le Royaume-Uni, Israël, le Canada, le Japon et l'Australie), ils ont exprimé leurs "préoccupations", réclamant à la Chine de donner "pleinement accès" à ses données.

Avec AFP

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