Covid-19 : face aux restrictions, les festivals d'été partagés entre adaptation et annulation

Le Hellfest à Clisson (Loire Atlantique), l'un des plus grands festivals de metal en Europe, avait attiré 180 000 festivaliers en 2019.
Le Hellfest à Clisson (Loire Atlantique), l'un des plus grands festivals de metal en Europe, avait attiré 180 000 festivaliers en 2019. © Sébastien Salom-Gomis, AFP
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Vidéo par : FRANCE 3
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Les festivals d'été sont dans l'expectative, alors que le ministère de la Culture a fixé le cadre pour la tenue de ces événements culturels estivaux. Seulement 5 000 personnes, assises et distanciées seront autorisées. 

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Est-ce que les festivaliers pourront écouter de la musique cet été ? La réponse est "oui, mais…" Le gouvernement a tranché, jeudi 18 févier, en annonçant que 5 000 personnes assises maximum seraient autorisées au vu de la pandémie de Covid-19.

Du côté des organisateurs, les réactions sont diverses. "Une annulation du Hellfest semble inéluctable", a ainsi indiqué vendredi Ben Barbaud, patron de ce festival. Cet événement spécialisé dans le metal, prévu en juin à Clisson en Loire-Atlantique, avait attiré 180 000 festivaliers en 2019 (et avait été annulé en 2020). "Une décision va être prise dans les jours qui viennent, il faut que je voie mes équipes et parle avec mes homologues à l'international, mais 5 000 métalleux [fans de heavy metal] assis et distanciés, ce n'est pas possible", poursuit Ben Barbaud.

Le directeur du Hellfest souligne que ce festival est celui qui cumule "le plus de handicaps" : "une programmation internationale à 90 %, 20 % du public qui vient de l'international, quinze heures de concerts par jour, un camping géant et le public qui picole le plus de bières [alors qu'aucune décision n'a été prise pour la réouverture des espaces bars, ndlr]".

"Si certains collègues de festivals se réjouissent du cadre annoncé jeudi par la ministre de la Culture, je fais partie de ceux qui ne s'en réjouissent pas : c'est encore la jeunesse qui va passer un été pourri", juge-t-il. Il sait qu'en fonction de l'évolution de l'épidémie, le cadre pourrait devenir moins restrictif. Mais "si les festivals de taille modeste peuvent tout changer un mois avant leur tenue, les gros comme le Hellfest ne peuvent pas attendre mai pour s'organiser".

"C'est déjà formidable"

Gérard Pont, patron des Francofolies, prévu mi-juillet à La Rochelle (Charente) (150 000 festivaliers en 2019), fait en revanche partie de ceux qui saluent les annonces de la ministre de la Culture, comme "une excellente nouvelle". "L'an dernier, en avril, on en était nulle part, sans décision, et là, on est en février et on nous dit qu'il pourra y avoir des festivals, c'est déjà formidable", explique-t-il.

"Il y a plein d'artistes qui rêvent de jouer devant 5 000 personnes, et puis notre programmation n'est pas internationale, donc on peut s'adapter, ce n'est que du positif et la situation peut, qui sait, peut-être encore s'améliorer d'ici cinq mois", ajoute Gérard Pont.

Le festival des Vieilles Charrues (270 000 spectateurs en 2019) voit les choses d'un bon œil. "On s'adaptera. Ce ne sera pas un été silencieux à Carhaix [commune bretonne où se déroule l'événement], ce sera l'été des retrouvailles", a confié jeudi  son directeur Jérôme Tréhorel. Le Printemps de Bourges, début mai [200 000 personnes en 2019], avait déjà anticipé et fait une croix sur sa plus grande enceinte à 10 000 personnes. Le festival parisien Solidays (228 000 spectateurs en 2019) a en revanche déjà jeté l'éponge la semaine dernière, car ce rendez-vous sert à financer des actions de Solidarité Sida et ses organisateurs redoutaient que l'organisation ne coûte plus qu'elle n'aurait rapporté à l'œuvre caritative.

Avec AFP

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