Le Français Patrick Dupond, étoile de la danse surdouée, est décédé

L'ex-star française de la danse Patrick Dupond s'est éteint à l'âge de 61 ans. Ici, lors d'une représentation au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, le 11 janvier 1992.
L'ex-star française de la danse Patrick Dupond s'est éteint à l'âge de 61 ans. Ici, lors d'une représentation au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, le 11 janvier 1992. AFP - BERTRAND GUAY

L'ex-danseur étoile de l'Opéra de Paris et star de la danse Patrick Dupond est décédé, vendredi, à l'âge de 61 ans des suites d'une "maladie foudroyante", a annoncé son entourage. Malgré son destin plusieurs fois brisé, il est devenu un danseur surdoué.

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Étoile adulée au-delà du monde des ballets, star de l'Opéra de Paris, Patrick Dupond est décédé, vendredi 5 mars, à l'âge de 61 ans, à la suite d'une "maladie foudroyante", selon son entourage dans une annonce à l'AFP.

"Patrick Dupond s'est envolé ce matin pour danser avec les étoiles", a affirmé sa collaboratrice Leïla Da Rocha. "Il est décédé à la suite d'une maladie foudroyante", a-t-elle dit, précisant qu'il était "malade depuis quelques mois".

Patrick Dupond était l'une des plus grandes étoiles de l'Opéra de Paris et de la danse en général en France, connu du grand public au-delà du cercle des amateurs de ballet. "Plaire, séduire, divertir, enchanter, j'ai l'impression de n'avoir jamais vécu que pour cela",  confiait cet hypersensible en 2000 au journal Libération.

Sacré à 21 ans étoile de l'Opéra, dont il a longtemps été l'enfant chéri, le danseur, Grand Prix national de la danse (1982), a dû quitter "la maison" dans des circonstances pénibles après son licenciement en 1997, pour lequel il a été dédommagé en cassation.

Malgré son indiscipline, il grimpe tous les échelons de l'Opéra de Paris

Patrick Dupond est né en le 14 mars 1959 à Paris. Son père a quitté très tôt le foyer et sa mère essaye de canaliser l'énergie de ce fils facétieux et turbulent en l'inscrivant au football et au judo. Sans succès.

C'est dans la danse classique qu'il trouve sa voie. Max Bozzoni, ancien danseur à l'Opéra de Paris et professeur de ballet, le prend sous son aile. Il sera son "professeur à vie", jusqu'à sa disparition en 2003.

En 1970, Patrick Dupond entre à l'école de danse de l'Opéra de Paris. Le jeune garçon, qui éreinte ses professeurs par son indiscipline, va grimper tous les échelons de la vénérable institution.

À 16 ans, il entre au ballet comme quadrille stagiaire. Un an plus tard, il affirme son caractère en s'inscrivant seul au concours international de Varna (Bulgarie). Il y rafle la médaille d'or.

Puis en 1980, c'est la consécration: il est nommé étoile à l'Opéra de Paris. Son physique de jeune premier au regard de chat, ses dons techniques - quand il fait régulièrement sa barre -, ses qualités d'acteur séduisent les plus grands chorégraphes : John Neumeier, Roland Petit, Alvin Ailey, Maurice Béjart créent pour lui.

Ce dernier lui offre une de ses plus magistrales interprétations, celle du danseur travesti en prima ballerina capricieuse dans "Salomé" en 1986.

Sa personnalité flamboyante, spontanée et généreuse contribue à faire de Patrick Dupond une star de la danse.

Le charme de "titi parisien" séduit les États-Unis

Populaire hors du cercle des amateurs de ballet en France, il draine les foules lors de ses tournées à l'étranger, notamment aux États-Unis et au Japon, tombés sous son charme de "titi parisien". 

À 31 ans, après un passage à Nancy à la tête du Ballet français, il succède à Rudolf Noureev à la direction de la danse de l'Opéra de Paris.

De 1990 à 1995, il cumule les fonctions de patron et de danseur, avant de redevenir simple étoile.

Mais en 1997, sur fond de dissensions avec la nouvelle direction de l'Opéra, il est renvoyé pour "son insoumission et son indiscipline", selon ses mots. Le danseur a accepté, sans l'accord de son employeur, de siéger au jury du festival de Cannes.

Patrick Dupond sera finalement dédommagé en cassation pour son licenciement, mais la blessure restera profonde. Mettant fin à trente années de vie au Palais Garnier, l'épisode ouvre une période noire pour l'étoile, en proie au doute et à la solitude.

En 2000, il est victime d'un grave accident de voiture. Son corps est brisé par 134 fractures et les médecins lui annoncent qu'il ne dansera plus.

Sous morphine pendant deux ans - il lui faudra un an pour se désintoxiquer -, il se relève pourtant au prix d'un entraînement quotidien avec son mentor Max Bozzoni. Quelques mois plus tard, il est de retour sur les planches, dans une comédie musicale, "Un air de Paris". Un succès pourtant sans lendemain.

Après avoir tâté du cinéma ("Dancing Machine" avec Alain Delon en 1990), dansé avec les chevaux du Cadre noir, il touche à la télé-réalité et devient notamment juré dans l'émission "Danse avec les stars" sur TF1 en 2018.

Lui qui oscille constamment entre "tout très positif ou tout très négatif", est frappé par un nouveau coup dur en 2007 quand sa maison de Dreux est détruite par un incendie.

Ces dernières années, il s'était installé à Soissons (Aisne), où il avait rejoint l'école de Leïla Da Rocha, avec qui il montait des spectacles mêlant danse classique et orientale.

Avec AFP

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