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Suède : arrestation d'une mère soupçonnée d'avoir séquestré son fils pendant près de 30 ans

Des policiers aux pieds de l'appartement, le 1er décembre 2020, à Haninge, au sud de Stockholm, où une femme est soupçonnée d'avoir gardé son fils enfermé pendant 28 ans.
Des policiers aux pieds de l'appartement, le 1er décembre 2020, à Haninge, au sud de Stockholm, où une femme est soupçonnée d'avoir gardé son fils enfermé pendant 28 ans. © Claudio Bresciani, via AP
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Une septuagénaire soupçonnée d'avoir enfermé son fils pendant près de 30 ans dans leur appartement familial, a été arrêtée, mardi, dans la banlieue de Stockholm en Suède. Selon plusieurs médias locaux, l'homme présenterait des plaies et souffrirait d'une sous-alimentation.

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Une séquestration dramatique en Suède. Les autorités suédoises ont annoncé, mardi 1er décembre, l'arrestation d'une septuagénaire soupçonnée d'avoir enfermé pendant près de 30 ans son fils, découvert dans leur appartement en banlieue de Stockholm. Selon plusieurs médias, l'homme serait sous-alimenté. Il présenterait des plaies infectées, et aurait perdu presque toutes ses dents.

La mère, âgée de 70 ans, "est suspectée de privation illégale de liberté et d'avoir provoqué des blessures physiques", a déclaré un porte-parole de la police, Ola Österling. Selon les journaux populaires, Expressen et Aftonbladet, cette femme a maintenu son fils quasiment intégralement reclus pendant 28 ans, après l'avoir retiré de l'école quand il en avait douze.

Ce dernier, désormais âgé de 41 ans, "a été enfermé pendant très longtemps" dans l'appartement familial, a seulement voulu commenter le porte-parole de la police. La mère et le fils doivent encore être entendus. Les faits se sont déroulés au premier étage d'un immeuble quelconque de briques jaunes situé à Haninge, dans le quartier modeste de Handen, à une vingtaine de kilomètres du centre de la capitale suédoise.

"J'attendais ce jour depuis 20 ans"   

Des scellés ont été placés sur la porte de l'appartement et des spécialistes des scènes de crime ont été vus quittant les lieux par un photographe de l'AFP. C'est une femme membre de la famille qui a donné la première alerte, selon le parquet. 

Dimanche, elle a pu entrer dans l'appartement, où se trouvait le fils, profitant de l'absence de la mère, hospitalisée, a raconté Expressen. "Je suis choquée, écoeurée, mais en même temps soulagée. J'attendais ce jour depuis 20 ans parce que j'avais réalisé qu'elle contrôlait complètement sa vie, mais je n'aurais jamais imaginé cette ampleur", a-t-elle dit anonymement au tabloïd.

Le fils avait des blessures qui s'étaient infectées aux jambes, pouvait à peine marcher ou parler et n'avait pratiquement plus aucune dent. La police n'a pas confirmé ces détails, mais a précisé qu'il avait dû être hospitalisé. "Il y avait de l'urine, de la saleté et de la poussière. Ça sentait le moisi (...) Personne n'a pu avoir fait le ménage depuis des années", a dit la proche qui l'a découvert. En raison de la présence d'amas de détritus, on pouvait à peine se faufiler dans l'appartement.

Quelle a été la motivation de la mère ? Selon ce membre de la famille, elle avait convaincu son fils que tout le monde était contre eux et qu'elle était la seule à pouvoir les protéger. Cette proche affirme avoir alerté à plusieurs reprises les services sociaux ces dernières années, mais "personne ne m'a cru, personne", notamment parce que le fils pouvait, semble-t-il, très occasionnellement sortir.

"On ne peut pas croire que cela soit vrai"

Une voisine a ainsi raconté au tabloïd Aftonbladet l'avoir croisé au supermarché il y a quelques mois. Mais la plupart des voisins interrogés ou cités dans la presse affirment quant à eux ne pas l'avoir vu pendant des années, voire jamais.

Tove Boman, une femme de 24 ans vivant dans l'immeuble voisin, ne connaissait ainsi que la mère. "J'ai grandi ici, donc j'ai toujours su qui elle était, un peu bizarre", a-t-elle déclaré à l'AFP. Kenth Svedberg, un travailleur social à la retraite de 73 ans, avait bien remarqué "une odeur désagréable" en provenance de l'appartement, mais ne s'en était pas alarmé.

Avec la mère, "on parlait de choses sans importance, comme il est d'usage", explique une autre voisine à Aftonbladet. "Parfois, je demandais des nouvelles du garçon, elle me disait qu'il allait bien, elle ne parlait jamais vraiment de lui". Elle trouvait toutefois étrange que leur fenêtre ne soit jamais ouverte et que ce soit toujours le même chandelier qui se soit trouvé devant pendant 30 ans.

"Mais que faire ? Comment savoir ce qui se passe derrière la porte ? C'est affreux, on ne peut pas croire que cela soit vrai", se désole-t-elle. La mère conteste les chefs d'accusation, selon le parquet. Elle doit être prochainement entendue et présentée à un juge d'ici à jeudi.

Avec AFP

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