Covid-19 : l'Allemagne se reconfine avant les fêtes de fin d'année

Les rues vides de la ville de Cologne au premier jour du reconfinement en Allemagne, le 16 décembre 2020.
Les rues vides de la ville de Cologne au premier jour du reconfinement en Allemagne, le 16 décembre 2020. © Martin Meissner, AP
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L'Allemagne est entrée mercredi dans un reconfinement partiel pour tenter de freiner la propagation de l'épidémie de Covid-19. Le pays doit faire face à un nombre record de décès : 950 personnes sont mortes au cours des dernières 24 heures et la situation dans les services de soins intensifs est de plus en plus préoccupante.

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Des rues calmes "comme un dimanche" : l'Allemagne est entrée mercredi 16 décembre dans un reconfinement partiel qui pourrait durer plus longtemps que prévu face à la propagation inquiétante de la pandémie de Covid-19 et un nombre record de décès dus au virus.

Au total, 952 personnes sont mortes au cours des dernières 24 heures, tandis que 27 728 nouvelles infections ont été recensées, selon l'institut de veille sanitaire Robert Koch - dans ce dernier cas, un niveau proche du record journalier de près de 30 000 cas atteint vendredi dernier.

Les Allemands ont donc retrouvé mercredi le confinement partiel qu'ils avaient connu durant plusieurs semaines au printemps, avec la fermeture de tous les commerces non essentiels et des écoles. Ces mesures sont dans un premier temps prévues jusqu'au 10 janvier.

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Fêtes restreintes 

Le secteur du commerce de détail s'inquiète des répercussions sur l'activité et l'emploi de cette fermeture imposée en pleine période de fêtes.

L'Ifo, l'un des instituts statistiques de référence, a abaissé mercredi sa prévision de croissance pour la première économie européenne en 2021, à 4,2 % contre 5,1 % précédemment.

Les contacts sociaux devront rester très restreints du 24 au 26 décembre où les rencontres ne seront possibles qu'entre membres de la très proche famille.

Les festivités de la Saint-Sylvestre seront aussi réduites à leur plus simple expression : la vente de feux d'artifices, pétards et les rassemblements seront interdits.

Ces mesures visent à ne pas provoquer d'"engorgement" du système hospitalier, où la situation des soins intensifs devient préoccupante. Au total, quelque 83 % des lits de réanimation sont occupés dans les hôpitaux allemands, a indiqué mercredi matin la fédération de la médecine intensive (Divi). Près de 5 000 lits sont encore disponibles, contre quelque 9 000 mi-octobre.

À Berlin, le taux d'occupation de ces services, qui accueillent les cas les plus graves de Covid-19, dépasse les 89 %.

Angela Merkel inquiète 

Dans la capitale comme dans d'autres villes, les habitants se sont rués dans les magasins pour faire leurs achats de Noël avant la fermeture.

"J'espère que les achats lundi et mardi ne nous pénaliseront pas", s'est inquiétée Angela Merkel lors d'une réunion avec son groupe parlementaire conservateur.

"La courbe (des infections) est très mauvaise", a-t-elle averti, selon des propos rapportés à l'AFP par des participants.

"Le vaccin va nous aider" mais l'évolution de la pandémie reste imprévisible, a-t-elle ajouté, alors que son gouvernement a fait pression sur l'Agence européenne des médicaments (AEM) pour qu'elle valide plus vite que prévu le vaccin des laboratoires Pfizer-BioNTech.

L'AEM doit désormais rendre sa décision lundi et non plus au plus tard le 29 comme prévu auparavant.

Les vaccinations devraient débuter dans la foulée en Allemagne comme dans le reste de l'Union européenne. "Nous pourrons revenir petit à petit à la normale à partir de l'été", a promis mercredi le ministre allemand de la Santé Jens Spahn sur la chaîne de télévision RTL.

Mais un responsable de l'Association médicale mondiale, Frank Ulrich Montgomery, s'attend à des mesures de confinement encore "au moins jusqu'à Pâques". "Même si les vaccins arrivent désormais plus tôt que prévu, ils ne contribueront que lentement à une amélioration de la situation" a-t-il dit aux journaux du groupe Funke.

Par ailleurs, dans le reste de l'Europe, les restrictions s'intensifient : au Royaume-Uni, les pubs, restaurants et hôtels de Londres ont été contraints mercredi de fermer pour la troisième fois depuis le début de la pandémie. Aux Pays-Bas, un confinement de cinq semaines est entré en vigueur mardi jusqu'au 19 janvier.

Avec AFP

   

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