Covid-19 : les Belges ne pourront plus voyager à l'étranger à partir de mercredi

Des policiers belges contrôlent les voyageurs d'un train Eurostar, à la gare de Bruxelles-Midi, le 15 janvier 2021.
Des policiers belges contrôlent les voyageurs d'un train Eurostar, à la gare de Bruxelles-Midi, le 15 janvier 2021. © Nicolas Maeterlinck, AFP
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Vidéo par : Pierre BENAZET
12 mn

Souhaitant contenir la progression du variant anglais du coronavirus sur son territoire, la Belgique a interdit à sa population de voyager hors des frontières à partir de mercredi, sauf pour raisons impérieuses. 

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La Belgique, inquiète par la propagation du variant anglais du Covid-19, a décidé vendredi 22 janvier d'interdire les voyages "non essentiels" vers et hors de son territoire à compter du 27 janvier, jusqu'au 1er mars.

"Nous n'allons pas construire un mur autour de la Belgique, nous pouvons aller dans d'autres pays mais uniquement pour des raisons essentielles", a déclaré en début de soirée le Premier ministre, Alexander De Croo.

Le dirigeant libéral flamand s'exprimait en conférence de presse à l'issue d'une réunion du gouvernement, associant les chefs des exécutifs régionaux, pour faire le point sur l'épidémie.

"La situation s'est stabilisée ces dernières semaines", autour de 2 000 nouvelles infections par jour, mais "le danger n'a pas disparu", a-t-il dit. Alexander De Croo a pointé du doigt les variants du virus "nettement plus contagieux" en circulation en Europe. D'où la nécessité de "construire des remparts, des lignes de défense".

Quarantaine et tests négatifs imposés à certains voyageurs

À compter de lundi, les voyageurs en provenance du Royaume-Uni, d'Afrique du Sud et d'Amérique du Sud (trois zones géographiques où est apparu un variant différent) devront observer une quarantaine de dix jours à leur arrivée en Belgique, avec deux tests obligatoires aux premier et septième jours.

Pour les autres étrangers en déplacement professionnel, il faudra produire deux tests négatifs, l'un effectué au départ dans le pays d'origine, l'autre à l'arrivée, a encore dit le Premier ministre.

Principale mesure pour les Belges : à partir de mercredi, et jusqu'au 1er mars, ils ne seront pas autorisés à sortir des frontières sauf pour des raisons impérieuses – l'exercice d'une coparentalité, un traitement médical ou encore un motif professionnel justifié.

Sont interdits "les voyages de loisirs ou d'agrément, il y aura des contrôles aux frontières avec des amendes", a affirmé à la chaîne de télévision RTBF l'ex-Premier ministre Elio Di Rupo, président de la région wallonne. Les travailleurs frontaliers ne sont cependant pas concernés.

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Interrogé par France 24, Michel Goldman, professeur d'immunologie médicale,  doute de l'efficacité de cette mesure face à ces variants très contagieux. "Je ne suis pas certain qu'elle aura un impact considérable. Mais même si elle a un impact relativement faible, ce sera toujours ça de gagné", affirme-t-il. 

L'espoir réside, selon lui, dans les vaccins. "Il faut espérer que l'on arrive suffisamment vite [dans la vaccination]. Plus on ira vite, plus on empêchera de nouveaux variants virulents de surgir", assure le spécialiste.

Selon lui, "on a la chance, en Europe, d'avoir accès aux vaccins, qui, dans l'état actuel des connaissances, sont les plus efficaces", notamment sur les plus fragiles. 

La Belgique, qui compte 11,5 millions d'habitants, a déjà recensé plus de 20 000 décès liés au coronavirus depuis mars 2020.

La menace d'une troisième vague en Belgique

Si le pays juge avoir mieux contenu la deuxième vague de l'automne que ses voisins (Allemagne et Pays-Bas notamment), la propagation du variant anglais fait craindre une troisième vague susceptible de peser à nouveau fortement sur le système de soins.

Ce variant a déjà provoqué des dizaines de contaminations dans des maisons de retraite et contraint à fermer provisoirement plusieurs écoles.

En interdisant les déplacements non essentiels à l'étranger, y compris à l'intérieur de l'espace de libre circulation Schengen, la Belgique prend les devants par rapport aux recommandations de l'UE. À l'issue d'un sommet des dirigeants des Vingt-Sept jeudi soir, l'Union européenne avait appelé à éviter les voyages d'agrément face à une situation sanitaire jugée "très grave".

Depuis presque trois mois, la Belgique est partiellement confinée, avec les écoles ouvertes mais de multiples secteurs d'activité fermés (cafés, restaurants, salles de spectacles, de sport, etc.).

Vendredi soir, Alexander De Croo a annoncé que les salons de coiffure pouvaient envisager une réouverture, avec des règles de sécurité strictes, le 13 février, si la situation sanitaire ne se dégrade pas.

Avec AFP

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