Covid-19 : Bruxelles hausse le ton face aux retards annoncés des vaccins

Charles Michel, président du Conseil européen, au "Grand rendez-vous" d'Europe 1 avec CNews et Les Échos, le 24 janvier 2021.
Charles Michel, président du Conseil européen, au "Grand rendez-vous" d'Europe 1 avec CNews et Les Échos, le 24 janvier 2021. © France 24

Face aux multiples retards de livraison annoncés ces derniers jours par les laboratoires pharmaceutiques, l'Union européenne assure vouloir "batailler" pour faire respecter les contrats et obtenir davantage de transparence.

Publicité

"On voit que l’on doit se retrousser les manches et batailler pour avoir la clarté sur les raisons de certains retards annoncés", a lâché dimanche 24 janvier Charles Michel, le président du Conseil européen, au "Grand rendez-vous" d'Europe 1 avec CNews et Les Échos.

Le laboratoire Pfizer a annoncé la semaine dernière un ralentissement de sa production pour modifier le processus de fabrication de son vaccin, de façon à l'accélérer ensuite. Cela s'est traduit par une baisse des livraisons de 200 000 doses en France cette semaine, selon le ministère de la Santé. L'Italie, pour sa part, a dû réduire de plus de deux tiers le nombre de vaccinations quotidiennes.

Vendredi, AstraZeneca a prévenu de son côté que ses premières livraisons de vaccins dans l'Union européenne seraient inférieures aux volumes convenus avec Bruxelles en raison d'un problème de production.

>> À lire aussi : "Vaccination dans les Ehpad : 'Je le fais pour ne pas contaminer la jeunesse'"

 

00:29

 

Demande de transparence

Devant ces retards, le responsable européen a indiqué qu’il comptait utiliser tous les moyens juridiques dont l’Europe dispose pour faire respecter les contrats de livraison des vaccins contre le Covid-19. "Nous entendons faire respecter les contrats qui ont été validés par les firmes pharmaceutiques et nous entendons bien qu’il y ait de la transparence également, en utilisant tous les moyens juridiques dont on dispose."

Et Charles Michel de poursuivre : "Nous comprenons bien, quand il y a des secteurs, des entreprises qui doivent mettre en place des chaînes de production, qu’il peut y avoir des obstacles. Il peut y avoir à un moment donné des difficultés d’approvisionnement de matières premières", a-t-il ajouté. "Mais ce que nous demandons à ces entreprises, c’est un dialogue transparent."

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a lui aussi rappelé dimanche que, "si d'aventure les vaccins n'étaient pas au rendez-vous, on prendrait les moyens juridiques pour que les contrats soient respectés".

Spectre du reconfinement et vaccination retardée : les précisions de Gérard Dubois, professeur de santé publique
03:46

"D'énormes dommages"

Selon une source, le laboratoire AstraZeneca, dont le vaccin est très attendu par les autorités car peu coûteux et facilement transportable, réduirait probablement ses livraisons à l'Union européenne d'environ 60 % au premier trimestre.

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a déclaré samedi que ces retards constituaient de graves violations des accords contractuels et que Rome prendrait des contre-mesures. Dans un post sur Facebook, il a estimé que ces retards causaient "d'énormes dommages" à l'Italie et à d'autres pays. "C'est inacceptable", a-t-il ajouté.

Charles Michel a précisé que face aux premières annonces de Pfizer qui évoquaient des retards de plusieurs semaines, l'Union européenne avait "réagi fermement" et "tapé du poing sur la table", ce qui avait permis de limiter les ralentissements.

Avec Reuters

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine