Des appartements de la famille Navalny perquisitionnés à Moscou par la police russe

La police russe a multiplié les enquêtes et les perquisitions visant l'opposant incarcéré Alexeï Navalny et des proches, le 27 janvier 2021, à Moscou.
La police russe a multiplié les enquêtes et les perquisitions visant l'opposant incarcéré Alexeï Navalny et des proches, le 27 janvier 2021, à Moscou. AFP - NATALIA KOLESNIKOVA
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La police russe a multiplié les enquêtes et les perquisitions visant l'opposant incarcéré Alexeï Navalny et ses proches, à quelques jours de nouveaux rassemblements contre le pouvoir. 

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À Moscou, deux appartements dans lesquels se trouvaient la femme et le frère de l'opposant incarcéré Alexeï Navalny ont été perquisitionnés par la police, mercredi 27 janvier. 

"On ne laisse pas mon avocat venir, on a brisé ma porte", a crié à la presse par sa fenêtre Ioulia Navalnaïa, l'épouse de l'opposant, dont l'appartement moscovite faisait l'objet d'une descente de police. 

Venue à la demande de Ioulia Navalnaïa, l'avocate Véronika Poliakova attendait dans la soirée devant la porte du domicile perquisitionné avec quelques journalistes, dénonçant une "violation de la loi" et accusant la police de ne pas la laisser entrer "délibérément". 

Selon l'avocate, une autre perquisition était en cours chez la porte-parole d'Alexeï Navalny, Kira Iarmych, condamnée à neuf jours de prison vendredi dernier.

Une perquisition était également en cours dans les bureaux de l'organisation de l'opposant, le Fonds de lutte contre la corruption, a indiqué sur Twitter Lioubov Sobol, une de ses proches. Selon le directeur de cette organisation, Ivan Jdanov, un autre raid de police visait un appartement de l'opposant, où se trouvait son frère Oleg Navalny.

Des enquêtes en lien avec les manifestations

D'après la même source, ces descentes interviennent dans le cadre d'une enquête du ministère de l'Intérieur pour violation des "normes sanitaires" en vigueur à cause de l'épidémie de nouveau coronavirus, après les manifestations, samedi, en Russie à l'appel de l'opposant.

"Il a été établi que les organisateurs et les participants aux manifestations non autorisées avaient créé une menace de propagation du nouveau coronavirus", a indiqué le ministère de l'Intérieur avant les perquisitions, affirmant que des personnes infectées avaient manifesté à Moscou.

Les enquêtes en lien avec les manifestations de samedi dernier se multiplient, alors que les partisans d'Alexeï Navalny, pourfendeur de la corruption et ennemi juré du Kremlin, ont annoncé de nouveaux rassemblements dimanche. 

À Moscou, une manifestation est prévue devant le siège des services de sécurité (FSB), alors qu'Alexeï Navalny doit passer devant des juges la semaine prochaine et risque de la prison ferme. Les organisateurs espèrent renouveler le succès de leur précédente journée d'action le 23 janvier qui a vu des dizaines de milliers de Russes braver l'interdiction de manifester. 

Le Comité d'enquête russe, chargé des investigations prioritaires, a annoncé mercredi qu'une vingtaine d'enquêtes avaient été ouvertes en lien avec les manifestations, notamment pour appels à des troubles, hooliganisme, violences à l'encontre des policiers ou encore pour incitation de mineurs à commettre des actions illégales.

Le gendarme des télécoms Roskomnadzor a annoncé que les réseaux sociaux, parmi lesquels notamment Facebook, Instagram, TikTok et Twitter, seraient sanctionnés d'amendes pouvant aller jusqu'à 4 millions de roubles (environ 52 600 euros au taux actuel) pour ne pas avoir supprimé des appels incitant les mineurs à participer aux manifestations.

Le ministère de l'Intérieur a ouvert une enquête pour blocage de voies publiques, notamment à Vladivostok où les protestataires avaient bloqué la circulation. Les manifestations dans une centaine de villes russes, une ampleur géographique exceptionnelle pour la Russie, se sont soldées par près de 3 900 interpellations.

Pour alimenter ce mouvement, l'équipe de Navalny a publié la semaine dernière une enquête anti-corruption retentissante sur un somptueux palais qui aurait été édifié sur la mer Noire pour Vladimir Poutine, ce que ce dernier a nié. Alexeï Navalny a accusé les services secrets russes (FSB) de l'avoir empoisonné fin août avec un agent neurotoxique sur ordre du président russe. Des accusations rejetées par le Kremlin.

Après une convalescence de cinq mois en Allemagne, l'opposant est rentré le 17 janvier en Russie et a été immédiatement arrêté. Il est visé par de multiples procédures judiciaires.

Avec AFP

 

 

 

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