Selon Loukachenko, le "blitzkrieg" des Occidentaux contre la Biélorussie a échoué

Alexandre Loukachenko visite un bureau de vote à Minsk lors de l'élection présidentielle, le 9 août 2020.
Alexandre Loukachenko visite un bureau de vote à Minsk lors de l'élection présidentielle, le 9 août 2020. © Reuters

Alexandre Loukachenko a qualifié de "blitzkrieg" de puissances étrangères, le grand mouvement de protestation contre sa réélection. "Une guerre éclair" qui, selon le président biélorusse, a échoué. Le régime est en effet parvenu à étouffer la contestation en multipliant les arrestations dans les rangs de l'opposition.

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Une tentative de déstabilisation venue de l'étranger : voici comment Alexandre Loukachenko décrit le mouvement de protestation d'envergure ayant déstabilisé le pouvoir en 2020. Mais ce "blitzkrieg" ("guerre éclair") de puissances étrangères a échoué, a affirmé jeudi 11 février, le président biélorusse, qui compte bien rester l'homme fort du pays.

"La Biélorussie a subi une attaque des plus cruelles de l'extérieur", a déclaré Alexandre Loukachenko, estimant que les semaines de manifestations de dizaines de milliers de Biélorusses contre sa réélection en août étaient le résultat d'un complot occidental.

"Mais le Blitzkrieg a échoué, et nous avons conservé (le contrôle du) pays", a-t-il assuré lors d'un vaste congrès de cadres de son régime. "Malgré les tensions créées artificiellement dans la société par les forces extérieures, nous avons survécu."

Les tirades du président étaient entrecoupées de salves d'applaudissements des délégués, assis en rang serrés, la plupart sans masque sanitaire, vêtus de costumes sombres, tailleurs et uniformes. 

L'opposition a d'ores et déjà qualifié ce congrès de mascarade. 

La figure de proue de l'opposition et rivale d'Alexandre Loukachenko à la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, forcée à l'exil en Lituanie, a expliqué à l'AFP ne rien attendre de cette grand-messe du régime.

"Ce ne sont pas des délégués du peuple. Cela n'a aucune signification pour les Biélorusses", a affirmé cette professeure d'anglais de formation de 38 ans, qui a rassemblé pendant des mois derrière elle un mouvement de contestation d'une ampleur inattendue dans cette ex-république soviétique.

Opposition muselée

Le président biélorusse avait promis de présenter des réformes institutionnelles et constitutionnelles à cette Assemblée populaire panbiélorusse. Jeudi, il a demandé aux délégués d'y "réfléchir".

"On doit attentivement étudier les questions de développement de la société, le rôle des citoyens dans la vie politique du pays, et réfléchir à la possibilité de corriger la loi fondamentale", a-t-il dit devant cette assemblée de 2 700 fidèles.

"Un jour vous élirez un autre Loukachenko, ou quelqu'un d'autre", a encore lâché celui qui dirige le pays sans partage depuis 1994.    

Sa réélection controversée en août dernier, dénoncée comme frauduleuse par l'opposition et les pays occidentaux, a provoqué un mouvement de contestation sans précédent qui a secoué le pays pendant des semaines avec de grandes manifestations.

Mais le régime est parvenu à museler la contestation avec des interpellations de masse, des violences policières ainsi que les arrestations ou l'exil de toutes les figures du mouvement de protestation.

"Unité avec la Russie"

Si les Occidentaux se sont élevés contre la répression et ont sanctionné Minsk, le dirigeant biélorusse a pu compter sur le soutien sans faille de Moscou.

"Tout dépendra de notre unité avec la Russie. Nous pourrons assurer la stabilité de nos pays seulement si nous sommes unis", a souligné jeudi Alexandre Loukachenko, en assurant que les tentatives occidentales de faire basculer la situation en Biélorussie étaient "un tremplin pour une attaque contre" Moscou. 

La police a, elle, promis d'"éliminer toute action illégale" jeudi et vendredi, alors que la chaîne Telegram d'opposition Nexta a appelé à manifester. Plusieurs rues du centre de Minsk seront fermées, officiellement du fait de la neige, selon les médias locaux.

Avec AFP

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