Heurts à Londres lors d'un hommage à Sarah Everard, victime d'un féminicide

Rassemblement sur Clapham Common après l'enlèvement et le meurtre de Sarah Everard, à Londres (Royaume-Uni), le 13 mars 2021.
Rassemblement sur Clapham Common après l'enlèvement et le meurtre de Sarah Everard, à Londres (Royaume-Uni), le 13 mars 2021. © Hannah McKay, Reuters

De vives critiques se sont abattues dimanche sur la police britannique après son intervention dans la capitale lors d'un hommage non autorisé à une jeune Londonienne, Sarah Everard, enlevée et tuée il y a dix jours.

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La police londonienne affronte une pluie de critiques, dimanche 14 mars, après son intervention lors d'un hommage non autorisé à une jeune Londonienne enlevée et tuée, affaire dans laquelle un policier est inculpé.

Des heurts ont éclaté samedi en début de soirée entre des policiers et des personnes qui s'étaient rassemblées pour une veillée aux bougies ou aux lumières de téléphone portable.

Les images montrant la police en train de maîtriser et de menotter certains participants ont entraîné de nombreuses condamnations et un sentiment d'écœurement, qui vient s'ajouter à l'émotion intense suscitée par la disparition de Sarah Everard, une jeune cadre de 33 ans, alors qu'elle rentrait chez elle.

"Pas une bonne méthode de maintien de l'ordre"

Le mouvement Reclaim These Streets, qui avait initialement organisé l'événement avant de l'annuler faute de compromis avec la police, a condamné l'action des policiers, qui ont "malmené physiquement des femmes lors d'une veillée contre la violence masculine".

La ministre de l'Intérieur, Priti Patel, et le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, ont exigé des explications de la part de la police sur sa gestion de l'événement.

Le chef des Libéraux-démocrates à quant à lui appelé la cheffe de la police de Londres, Cressida Dick, à démissionner, estimant qu'elle avait "perdu la confiance de millions de femmes à Londres".

Pour le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, les événements de samedi sont "profondément dérangeants". "Ce n'était pas une bonne méthode de maintien de l'ordre", a-t-il tweeté.

Une intervention "nécessaire"

Dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, la commissaire adjointe Helen Ball a défendu l'action de la police, assurant que la situation était telle que son intervention était "nécessaire". "Des centaines de personnes étaient massées, posant un réel risque" de transmission du Covid-19, a-t-elle assuré, alors que la pandémie a fait plus de 125 000 morts au Royaume-Uni, le plus lourd bilan en Europe.

"Nous avons à plusieurs reprises incité ceux qui étaient là à se conformer à la loi et à partir", est-il écrit dans le communiqué, qui affirme qu'une "petite minorité de gens" ont commencé à scander des slogans, à pousser les policiers et à leur jeter des projectiles.

En dépit de l'annulation de l'événement à cause des restrictions en vigueur contre le coronavirus, une foule s'était rassemblée samedi à partir de la fin de l'après-midi dans le quartier londonien de Clapham, dans lequel Sarah Everard a disparu il y a dix jours.

Son corps a été retrouvé dans un bois du Kent (sud-est). Un agent de l'unité de la police de Londres chargée de la protection des représentations diplomatiques, Wayne Couzens, 48 ans, a été inculpé vendredi soir pour enlèvement et meurtre.

Des hommages au plus haut niveau

Plus tôt dans la journée samedi, l'épouse du prince William, Kate, s'était rendue au kiosque à musique de Clapham, dans le sud de Londres, devenu un lieu de recueillement pour Sarah Everard. Bouquets de fleurs et messages s'y accumulent.

Une bougie a été allumée samedi soir sur le perron du 10 Downing Street, résidence du Premier ministre Boris Johnson.

Des événements se sont également tenus dans plusieurs villes, Glasgow, Nottingham, Birmingham et Bristol.

Un mouvement féministe, Sisters Uncut, a appelé à manifester dimanche après-midi devant Scotland Yard.

Samedi soir, la cagnotte lancée par Reclaim These Streets a atteint son objectif de recueillir 320 000 livres sterling (372 000 euros) pour des causes en faveur des femmes, correspondant à l'amende de 10 000 livres sterling (11 600 euros) encourue par les organisatrices multipliée par le nombre d'endroits où des événements devaient se tenir.

Le mouvement avait saisi vendredi la justice pour contester le refus de la police de Londres de laisser l'événement se tenir samedi, en vain.

Avec AFP

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