Biélorussie : appels à se mobiliser contre Loukachenko malgré la répression

Une manifestation de l'opposition en Biélorussie, le 14 août 2020 à Minsk.
Une manifestation de l'opposition en Biélorussie, le 14 août 2020 à Minsk. © Sergei Gapon, AFP

L'opposition en exil a encouragé les Biélorusses à manifester contre le pouvoir d'Alexandre Loukachenko, malgré les risques encourus. Des arrestations massives, des violences meurtrières et de lourdes peines de prison ont progressivement étouffé le mouvement de protestation né à l'été 2020.

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Les Biélorusses vont-ils suivre l'appel à manifester lancé de l'étranger ? Après une trêve hivernale, l'opposition bélarusse a encouragé à manifester avec prudence, jeudi 25 mars, pour tenter d'insuffler une seconde vie au grand mouvement de contestation de 2020, affaibli par la répression du régime d'Alexandre Loukachenko.

Le président de cette ex-république soviétique, au pouvoir depuis 1994, a été confronté l'année dernière à des protestations d'une ampleur historique après sa réélection hautement controversée en août et dénoncée en Occident.  

Mais la contestation, qui a rassemblé jusqu'à 100 000 manifestants pacifiques plusieurs dimanche d'affilée à son apogée, a été progressivement étouffée à coups d'arrestations massives, de violences ayant fait au moins quatre morts et de lourdes peines de prison qui continuent de tomber.

L'opposition a malgré tout appelé à se mobiliser jeudi pour commémorer, comme tous les 25 mars, le "Jour de la liberté" en référence à la déclaration d'un État biélorusse indépendant en 1918, renversé un an plus tard par les bolchéviques.

Des messages lancés par Svetlana Tikhanovskaïa

"Le monde entier croit en vous", a proclamé l'opposante en exil Svetlana Tikhanovskaïa, sur son compte Telegram, appelant chaque Biélorusse à aller "manifester au printemps". 

Le populaire média Nexta, qui coordonne les protestations, a recommandé de mener jeudi des marches dans les cours d'immeubles, entre voisins, en "suivant les trajets les plus sûrs". Elle a aussi conseillé d'autres moyens symboliques de protestation : tirs de feu d'artifices dans la soirée et coups de klaxons d'automobilistes à 18h30. 

À travers le pays, de nombreux Biélorusses ont déjà accroché ou peint sur des murs d'immeubles des drapeaux rouges et blancs, couleurs historiques de l'opposition, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. 

C'est que le risque de répression reste élevé. À Minsk, la capitale, et dans d'autres villes, les forces de l'ordre ont prévenu que les rassemblements seraient interdits et que les manifestants s'exposaient donc à des arrestations.

Jugeant que "la seule garantie de sécurité d'une manifestation est sa taille", la chaîne Nexta a également appelé à des marches d'opposition le 27 mars dans les villes du pays.

Des journalistes et des manifestants condamnés par la  justice

Désormais, "beaucoup de gens ne prennent plus de risques, même s'ils veulent très fort des changements. Car ils comprennent que le prix peut être trop élevé", note le politologue Alexandre Klaskovski, du centre de réflexion Belapan.

Les tribunaux biélorusses travaillent à plein régime avec de nombreux procès de manifestants ou des journalistes, souvent accusés d'avoir organisé des "troubles massifs" ou d'avoir commis des "violences" contre la police. 

Mi-mars, le parquet général du pays a ainsi indiqué que plus de 400 personnes avaient été condamnées dans ce cadre. Jusqu'ici, la peine la plus sévère infligée a été de dix ans de prison, selon des défenseurs biélorusses des droits humains.

Les principaux opposants ont, eux, été emprisonnés ou contraints à l'exil, à l'instar de Svetlana Tikhanovskaïa.

Avec AFP

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